Veille stratégique – Octobre 2020 (2/2)

AMERIQUE

 

Élimination ciblée de jihadistes par les Américains en Syrie

Jeudi 22 octobre, les Etats-Unis ont tué dix-sept combattants jihadistes et cinq civils au cours d’une frappe par drone ciblée à Jarakah, une bourgade située à 35 km au Nord-Ouest d’Idlib en Syrie. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, les combattants appartenaient au mouvement salafiste jihadiste Houras al-Din, dont certains étaient des commandants. Par ailleurs, cinq étrangers dont on ignore encore la nationalité feraient partie des victimes. La porte-parole du commandement central de l’armée américaine s’est félicitée de cette élimination.

  • Le mouvement Houras al-Din est né en 2018 d’une scission au sein d’Hayat Tahrir al-Cham, le principal groupe rebelle jihadiste luttant contre le régime de Bachar al-Assad. Le motif de cette scission est l’attachement des fondateurs d’Houras al-Din à l’allégeance à Al-Qaïda que Hayat Tahrir al-Cham a décidé d’abandonner.
  • La région d’Idlib constitue le cœur des tensions syriennes alors qu’y résistent encore certains groupes financés et soutenus militairement par la Turquie. Depuis mars 2020, un accord russo-turc a fait cesser les combats. Mais plusieurs parties au conflit dont Houras al-Din s’y opposent.
  • Malgré les multiples annonces de retrait des forces américaines de Syrie par le président américain Donald Trump, les Etats-Unis sont toujours présents et mènent  des frappes aériennes chirurgicales pour endommager les forces de groupes terroristes.

Tentative de médiation américaine dans le conflit du Nagorny Karabakh

Vendredi 23 octobre, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a rencontré séparément ses homologues azerbaidjanais et arméniens à Washington. Refusant une rencontre tripartite sur le modèle de celle qui s’était tenue sous l’égide de la Russie à Moscou le 9 octobre, les parties se sont entretenues l’une après l’autre avec le médiateur américain. Sans surprise, les pourparlers ont tourné court et aucune solution diplomatique viable au conflit du Nagorny Karabakh n’a été trouvée.

  • L’Arménie et l’Azerbaïdjan s’affrontent ouvertement dans la région du Haut-Karabakh depuis le 27 septembre dernier.  Deux trêves humanitaires, négociées grâce à la médiation russe, ont échoué. Chaque camp accuse l’autre de ne pas les avoir  respectées. Selon le président russe Vladimir Poutine, le conflit aurait déjà fait plus de 5000 victimes.Co-présidents (avec la France et la Russie) du groupe de Minsk chargé de veiller au maintien de la paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, les Etats-Unis n’ont pas clairement pris position sur le dossier et encouragent avant tout un cessez-le-feu.
  • La proximité géographique et historique de Moscou avec les belligérants en fait pour de nombreux observateurs un médiateur plus crédible que Washington.


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ASIE

 

Japon : Tournée diplomatique en Asie du Sud-Est pour faire face au danger chinois

Dimanche 19 octobre, le nouveau Premier ministre japonais Yoshide Suga s’est rendu au Vietnam pour son premier déplacement à l’étranger, avant d’enchainer par une visite en Indonésie le lendemain. Il a notamment abordé avec ses homologues Nguyen Xuan Phuc et Joko Widodo le danger sécuritaire que représente la Chine dans la région. Sans nommer explicitement Pékin dans ses déclarations officielles, le Premier ministre japonais a rappelé la ferme opposition de son pays à tout comportement belliqueux en mer de Chine. 

  • Yoshide Suga imite son prédécesseur Shinzo Abe qui s’était également rendu au Vietnam pour sa première visite officielle à l’étranger en 2013. Le Japon considère en effet le Vietnam comme un partenaire privilégié afin d’endiguer les velléités expansionnistes chinoises. D’autant que celui-ci en est directement victime, comme en atteste la spoliation de fait des îles Paracels par l’Empire du Milieu. Hanoï avait d’ailleurs annoncé en août l’achat de six navires de surveillance nippons.
  • Ces visites stratégiques ont lieu dans un contexte de tensions particulièrement vives entre la Chine et le Japon. Entre le 11 et le 14 octobre derniers, Pékin a en effet envoyé deux navires militaires dans les eaux territoriales des îles japonaises Senkaku, qu’il revendique comme les siennes. Par ailleurs, des instituts scientifiques nippons travaillant à trouver un vaccin contre le coronavirus sont régulièrement visés par des attaques informatiques dont l’origine chinoise fait peu de doute. 

Taïwan : L’île continue de s’armer auprès des Etats-Unis

Mercredi 21 octobre, les Etats-Unis ont annoncé la vente à Taïwan de 135 missiles de défense air-sol SLAM-ER conçus par Boeing Defense, Space & Security pour la somme d’un milliard de dollars. Cet achat participe au renforcement de l’arsenal militaire taiwanais dans le but de dissuader la République populaire de Chine d’intervenir sur son territoire. D’une portée maximale de 270 km, ces missiles permettraient à Taipei d’atteindre les côtes de la Chine continentale en cas d’affrontement. 

  • La République populaire de Chine considère Taïwan comme son territoire naturel. Bien que constantes depuis 1949, les tensions entre les deux parties sont particulièrement exacerbées depuis 2016 et l’élection à Taïwan de la présidente Tsai Ing-wen, farouchement hostile à la RPC. La Chine continentale multiplie les provocations à l’encontre de l’ancienne Formose, comme en attestent les nombreuses violations de son espace aérien, ou la diffusion d’images montrant l’armée chinoise simulant l’invasion d’un territoire ressemblant à celui de l’île qu’elle convoite. 
  • Bien qu’ayant rompu ses relations diplomatiques avec Taipei en 1979 pour reconnaître officiellement Pékin, Washington demeure un allié vital de Taïwan. Il est ainsi son principal fournisseur d’armements. Ces derniers mois, des contrats de vente de 66 avions de chasse F-16, de lance-roquettes et de matériel d’imagerie aérienne ont été conclus entre les deux parties afin de garantir la souveraineté taïwanaise.


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RUSSIE ET EX-URSS

 

Kirghizistan : le pays traverse une crise politique

Jeudi 15 octobre, le président du Kirghizstan Soornbaï Jeenbekov, après le Premier ministre et le président du Parlement, a démissionné. Ces démissions interviennent dans un contexte troublé, marqué par d’importantes manifestations organisées en réaction aux élections législatives du 4 octobre, émaillées par la corruption et les achats de vote et rejetées par les partis d’opposition qui ont appelé à protester contre le régime en place – et dont les résultats ont ensuite été annulés par la Commission électorale. La situation politique du pays, très instable, pourrait se dégrader dans les semaines à venir,la légitimité des nouveaux dirigeants étant contestée.

  • Malgré ces démissions, Soornbaï Jeenbekov envisageait de rester en place jusqu’à ce que le pays soit de retour sur « la voie de la légalité ». Il se retire en disant vouloir éviter un « bain de sang » pour son pays.
  • Le nouveau Premier ministre, Sadyr Japarov, avait été libéré de prison par les insurgés lors des manifestations du début du mois. Il y purgeait en effet une peine de 11 ans pour avoir pris en otage le gouverneur d’une des régions du pays en 2011.
  • Sa nomination semble être intervenue dans des conditions douteuses et il est contesté par le Parlement. Sadyr Japarov exige par ailleurs la démission du nouveau président du Parlement, Kanatbek Isaïev, qui exerce la fonction de président par intérim.

Tadjikistan : le président est réélu

Selon des résultats annoncés lundi 12 octobre, le président du Tadjikistan, Emomali Rahmon a été réélu sans surprise avec plus de 90% des voix. Élu président à cinq reprises depuis 1994, Emomali Rahmon reste l’un des dirigeants les plus durable d’Asie Centrale. 

  • Dans ce pays où aucune élection n’a été reconnue comme honnête par l’OSCE, l’opposition est quasi-inexistante. Le Parti social-démocrate, seul parti pouvant être considéré comme d’opposition, a d’ailleurs boycotté le scrutin. 
  • Âgé de 68 ans, le Président tadjik semble préparer sa succession à la tête de l’État. Son fils, Rustam Emomali, actuellement président du Sénat et maire de la capitale tadjike Douchanbé, est pressenti pour reprendre la main sur le pays.


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Afrique du Nord et Moyen Orient

Un échange « historique » de prisonniers de guerre au Yémen

Jeudi 15 et vendredi 16 octobre, le gouvernement yéménite et les rebelles houthistes ont procédé à un échange de 1056 prisonniers de guerre. Il s’agit de l’échange « le plus vaste depuis le début du conflit », selon le Comité international de la Croix-Rouge, qui a mis en œuvre cette opération conjointe avec l’ONU.

  • Depuis 2014, une guerre sanglante fait rage au Yémen entre les rebelles chiites houthistes, soutenus par l’Iran et le gouvernement yéménite, appuyé par la coalition militaire menée par l’Arabie saoudite. Ce conflit a fait plus de 110 000 morts, pour la plupart civils, et a entraîné « la pire crise humanitaire au monde » selon l’ONU.
  • Cet échange est le résultat de l’accord négocié en septembre dernier en Suisse. L’émissaire des Nations unies au Yémen, Martin Griffiths, a salué cette opération qui « montre une fois de plus que le dialogue pacifique peut donner des résultats ». Si l’échange est perçu comme un premier signe de progrès dans le processus de paix au Yémen, il reste au deçà des engagements pris par les parties en 2018 en Suède concernant l’échange de 15 000 détenus.  D’autres libérations pourraient donc être négociées cette année.

Libye : un cessez-le-feu permanent sous l’égide de l’ONU

Vendredi 23 octobre, un cessez-le-feu « complet et permanent avec effet immédiat » a été signé par les parties en conflit en Libye après cinq jours de négociations à Genève. Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, considère cet accord conclu entre les délégations militaires rivales issues du gouvernement d’accord national (GNA) et de l’Armée nationale libyenne (ANL) comme « une étape fondamentale vers la paix et la stabilité en Libye ».

  • Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est plongée dans le chaos. Les combats ont entraîné la mort d’environ 15 000 personnes. Des dizaines de milliers de personne ont aussi fui le pays. Ces dernières années, le pays est déchiré entre les deux pouvoirs rivaux du GNA et de l’ALN, chacun soutenu par des puissances internationales.
  • Le défi est à présent de mettre en œuvre et de pérenniser ce cessez-le-feu, qui est une condition nécessaire à la reprise de pourparlers politiques visant à un règlement institutionnel de la crise libyenne.  Si l’ONU a appelé au départ des mercenaires et des combattants étrangers, ainsi qu’à la non-ingérence des acteurs internationaux, la Turquie, principal soutien du GNA, remet en cause la crédibilité de cet accord. 

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EUROPE

Russie : les sanctions des cyberattaques tombent 

Jeudi 22 octobre, l’Union européenne a annoncé avoir sanctionné deux officiers des services secrets russes pour leur implication présumée dans la cyberattaque contre le Bundestag au printemps 2015. Igor Kostyukov (chef de l’unité militaire 26165 – aussi connue sous les noms d’APT28, Fancy Bear, Sofacy, ou Strontium) et Dimitri Badin sont interdits de pénétrer sur le territoire de l’UE, et un gel de leurs avoirs ainsi que de ceux du GRU en tant qu’entité a été décidé. La cyberattaque contre le Bundestag avait perturbé le fonctionnement de l’institution pendant plusieurs jours et les comptes mail de plusieurs députés (dont celui de la chancelière Angela Merkel) avaient été touchés.

  • Cette décision intervient trois jours après l’inculpation par la justice américaine de six membres de l’unité 74 455 du GRU (couramment appelée « Sandworm ») pour leur participation à certains des principaux piratages des dernières années. Le « MacronLeaks », la diffusion du virus NotPetya ou encore l’attaque informatique contre les Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang en 2018 leur sont notamment attribués.
  • Ces sanctions de l’UE ont été permises grâce à l’adoption d’une “boîte à outils cyber diplomatique” en 2017, qui a établi une doctrine de prévention, de coopération et d’escalade contrôlée de l’UE, pouvant aller jusqu’à des mesures coercitives, face aux cyberattaques malveillantes dont pourraient être victimes ses États membres. Toutefois, le commissaire européen au marché intérieur Thierry Breton, pour lequel ces outils ne suffisent pas, a appelé l’Europe à se doter d’une véritable capacité de “cyber dissuasion”.

Le SCAF avance. Le Tempest aussi

Les deux projets européens concurrents d’avions de combat du futur, le Tempest et le SCAF, continuent de faire l’objet d’annonces de la part des gouvernements qui les soutiennent (la France, l’Allemagne et l’Espagne pour le SCAF, le Royaume-Uni, l’Italie et la Suède pour le Tempest). Lors du dernier Conseil des ministres franco-allemand, organisé à Toulouse le vendredi 16 octobre, Paris et Berlin ont annoncé avoir trouvé un accord ouvrant la voie à la notification du contrat devant permettre la mise au point des démonstrateurs du Système de combat aérien du futur (SCAF). Du côté de la « Team Tempest », des annonces ont été faites sur les concepts « révolutionnaires » dont bénéficiera le Tempest, notamment le « cockpit portable » et le « copilote virtuel » de BAE Systems, ou encore la nouvelle technologie radar de Leonardo UK.

  • Le programme Tempest tire son existence d’un projet de coopération franco-britannique avorté, le FCAS (Future combat air system). Bien que ses objectifs soient très proches de ceux du SCAF, sa méthode est différente : alors que le projet SCAF se veut « européen », le Tempest consiste davantage un projet international sous leadership britannique.
  • Si la concurrence directe entre les deux programmes semble inévitable, certains acteurs continuent d’espérer qu’une convergence pourrait se produire, sauvant la base industrielle et technologique européenne d’une guerre qui lui serait dommageable.  

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AFRIQUE

Guinée : victoire d’Alpha Condé aux élections présidentielles

Samedi 24 octobre, Alpha Condé a été réélu président de Guinée dès le premier tour pour un troisième mandat avec 59,9% des voix. Le principal opposant du président, Cellou Dalein Diallo – qui a récolté 33,5% des suffrages – refuse de reconnaître les résultats annoncés et s’est unilatéralement proclamé vainqueur en se fondant sur les chiffres remontés par ses partisans. Des affrontements meurtriers entre des jeunes partisans de M. Diallo et les forces de l’ordre ont eu lieu à Conakry ainsi que dans plusieurs autres villes.

  • Alors que la Constitution n’autorise que deux mandats avant mars 2020, l’éventualité d’un troisième mandat consécutif de M. Condé se profile depuis un an et a provoqué plusieurs mouvements de contestation responsables de la mort de dizaines de civils. Ces mouvements se sont renforcés après l’adoption d’une nouvelle Constitution par référendum le 22 mars 2020 qui ne limite plus le nombre de mandat présidentiel. Le référendum avait été boycotté par l’opposition tandis que le barreau de Guinée avait dénoncé une « délinquance juridique ». Il avait en effet remarqué plusieurs différences entre le texte proposé au référendum et le texte publié dans le journal officiel.

Côte d’Ivoire : l’opposition a appelé au boycott des élections présidentielles

Le 15 octobre, les deux principaux candidats de l’opposition, l’ex-président Henri Konan Bédié et l’ex-premier ministre Pascal Affi N’Guessan, se sont retirés du processus électoral et ont appelé à boycotter les élections présidentielles du 31 octobre prochain. L’opposition rejette non seulement la candidature du président sortant Alassane Ouattara, qu’elle juge inconstitutionnelle, mais elle dénonce également un Conseil constitutionnel biaisé en faveur du pouvoir actuel. Les militants des deux partis d’opposition de Ms Bédié (PDCI-RDA) et N’Guessan (FPI) ont répondu à l’appel en début de semaine en détruisant officiellement seize centres de retrait des cartes d’électeur.

  • Alassane Ouattara du RHPD (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix), président de la République depuis 2011, a annoncé sa candidature pour un troisième mandat le 6 août dernier à la suite du décès de son dauphin, Amadou Gon Coulibaly, en juillet. Or la Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels, mais selon l’interprétation qu’en fait le pouvoir ivoirien, l’adoption d’une nouvelle loi fondamentale en 2016 aurait remis les compteurs à zéro.
  • La stabilité de la Côte d’Ivoire depuis 2015 est déterminante pourla lutte contre le terrorisme dans la Bande Sahélo-Saharienne. En effet, celle-ci a favorisé la coopération régionale et militaire : le pays accueille une base opérationnelle avancée dans le cadre de l’opération Barkhane. Les attaques comme celle de Kafolo de juin dernier pourraient se multiplier si le pays défaille.

Soudan/Israël : vers une normalisation des relations

Dans le sillage des Emirats arabes unis et de Bahreïn, la Maison-Blanche a annoncé le 23 octobre la normalisation des relations entre Khartoum et l’Etat hébreu. Les délégations représentant les deux pays devraient se rencontrer dans les prochains jours pour discuter des contours de leur coopération dans plusieurs domaines, y compris commerciaux et agricoles.

  • Cet accord est particulièrement symbolique car le Soudan a été par deux fois en guerre contre Israël, en 1948 et en 1967, contrairement à Manama ou Abou Dhabi. Le pays envoyait en effet des soldats soutenir l’armée égyptienne.
  • Si cet accord venait à être signé, les deux grands vainqueurs seraient alors le président Trump et le général Abdel Fattah al-Burhane. En pleine campagne présidentielle, Donald Trump pourrait faire valoir auprès des évangéliques américains, pro-israéliens et cœur de sa base électorale, une troisième victoire diplomatique. Le second, président du Conseil souverain soudanais – instance politique née d’un compromis entre civils et militaires après la chute de Omar el-Bachir et chargée de mener à bien la transition démocratique – obtiendrait en échange de l’accord le retrait du Soudan de la liste noire américaine des Etats soutenant le terrorisme. 
  • Ce retrait ouvre au Soudan la possibilité d’aides financières internationales (FMI) ou prêts de banques privées qui lui permettraient de sortir de sa grave crise économique. Il met également en bonne position le Général pour les élections présidentielles prévues en 2022 alors que la partie civile est  progressivement mise de côté.

Comité de rédaction

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