Veille stratégique – Janvier 2024 1/2

FRANCE 

La France annonce la commande de 42 avions de combat Rafale supplémentaires au profit de l’armée de l’Air et de l’Espace

Prévue de longue date et inscrite dans le budget 2023, la commande porte à 234 le nombre de Rafale pour l’armée de l’Air et de l’Espace française. Les livraisons doivent s’étaler entre 2027 et 2032. Le contrat porte sur la commande 30 avions de combat monoplace ainsi que 12 avions remplaçant les Rafales cédés en 2021 à la Croatie. Le Rafale, avion de combat dit « multirôle » est capable de mener de multiples tâches : défense aérienne, reconnaissance, bombardement ou encore décollage depuis un porte-avions dans sa version Marine. Il est aussi le vecteur de la dissuasion nucléaire française. « Atout de rayonnement diplomatique et de puissance économique » (Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation), le Rafale est un vrai succès à l’export avec 7 pays clients. Le 8 janvier dernier, l’Indonésie a par exemple entamé la dernière tranche de son contrat passé avec Dassault pour l’achat d’un total de 42 Rafale.

  • Prévue de longue date et inscrite dans le budget 2023, la commande porte à 234 le nombre de Rafale pour l’armée de l’Air et de l’Espace française. Les livraisons doivent s’étaler entre 2027 et 2032. Le contrat porte sur la commande 30 avions de combat monoplace ainsi que 12 avions remplaçant les Rafales cédés en 2021 à la Croatie.
  • Le Rafale, avion de combat dit « multirôle » est capable de mener de multiples tâches : défense aérienne, reconnaissance, bombardement ou encore décollage depuis un porte-avions dans sa version Marine. Il est aussi le vecteur de la dissuasion nucléaire française.
  • « Atout de rayonnement diplomatique et de puissance économique » (Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation), le Rafale est un vrai succès à l’export avec 7 pays clients. Le 8 janvier dernier, l’Indonésie a par exemple entamé la dernière tranche de son contrat passé avec Dassault pour l’achat d’un total de 42 Rafale.

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EUROPE

Accord tripartite pour le déminage en mer Noire

Le 11 janvier, la Bulgarie, la Roumanie et la Turquie, membres de l’OTAN possédant à eux trois une partie majeure des côtes de la mer Noire, ont signé un accord pour assurer la sécurité de navigation dans des eaux minées par le conflit entre la Russie et l’Ukraine. Cet objectif passe par le déploiement du MCM Black Sea (Mine Countermeasures Naval Group in the Black Sea) : la task-force patrouillera en mer Noire pendant 15 jours au moins deux fois tous les six mois. Elle sera composée de trois navires de lutte contre les mines — un par État — ainsi que d’un navire de commandement. Une autorité tournante sera instaurée et changera tous les six mois.

  • Les mines dérivantes, ainsi que les mines fixes dont le câble se serait rompu, sont mobiles et imposent donc le déminage régulier d’une voie de navigation afin de la sécuriser, ce qui explique le déploiement périodique de la task-force.
  • Ces mines marines représentent un obstacle important pour la navigation commerciale en mer Noire, tant pour les dégâts qu’elles peuvent causer que pour l’augmentation significative du coût des assurances. Des incidents ont déjà eu lieu récemment, notamment fin décembre 2023 avec un cargo céréalier.
  • L’enjeu principal est l’exportation des céréales ukrainiennes, la Russie n’ayant pas renouvelé en juillet dernier l’engagement garantissant sa continuité. C’est d’ailleurs suite à cela qu’Istanbul avait initié la création du MCM Black Sea en août 2023.

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AMÉRIQUES

Otage des gangs de narcotrafiquants, l’Équateur entre dans le premier “conflit armé” de son histoire

Mardi 9 janvier, le président équatorien Daniel Noboa a déclaré pour la première fois dans l’histoire du pays l’existence d’un “conflit armé interne” justifiant le déploiement par décret de la police nationale et de l’armée dans l’ensemble du territoire national. Cette mesure drastique a été précédée, pendant la nuit du 8 au 9 janvier, d’une série d’attentats, explosions et prises d’otages ayant eu lieu dans huit provinces du pays et notamment de la prise d’assaut par un groupe armé des studios de la chaîne “TV Television” dans la ville de Guayaquil. Les images de la prise d’otage, survenue en direct au cours d’une émission, où plusieurs journalistes et membres de l’équipe technique ont été violemment agressés, frappés et menacés avec des armes à feu ainsi que du matériel explosif, ont provoqué une onde de choc à l’échelle nationale.

  • La crise sécuritaire en Équateur, dont les événements de début janvier sont symptomatiques, a particulièrement marqué les trois dernières années de l’histoire du pays. La dégradation de l’état de sécurité dans le pays, accompagnée de la perte de contrôle de la part de l’État de portions de son territoire et de la recrudescence de la violence qui en résulte, est principalement liée à l’activité de plus de 20 bandes criminelles en stricte lien avec les grands cartels mexicains et colombien. L’Équateur, longtemps considéré comme un oasis de paix au sein du continent latino-américain, est devenu un centre névralgique régional de stockage, fabrication et distribution de drogues.
  • Dans ce système qui apporte des recettes millionnaires a ces divers groupes armés , les prisons représentent les centres de contrôle et de commandement des opérations. Dimanche 7 janvier, la fuite de Adolfo Macías, leader de l’un des principales bandes criminelles du pays, particulièrement lié au cartel mexicain Jalisco Nueva Generación, d’un centre de détention de Guayaquil a conduit le président Noboa a décréter un nouvel etat d’urgence, initialement mis en la place à cause d’autres désordres et affrontements avec ces groupes armés.
  • Le chef des ‘Choneros’ est suspecté d’avoir été impliqué dans l’assassinat, en août dernier, d’un candidat aux élections présidentielles, parfois identifié comme à l’origine de la recrudescence de la violence déchaînée par ces bandes. A la suite de la décision du président , une succession d’émeutes carcérales ont favorisé l’évasion de plusieurs autres criminels, dont Colon Pico, leader régional de l’un des groupes les plus violents du pays.
  • Vendredi 12 janvier, la présidence de l’Équateur a affirmé avoir arrêté en quelques jours quasiment 900 membres supposés de gangs criminels. La déclaration d’un “conflit armé interne”, qui implique notamment l’attribution du statut de “terroristes” aux bandes criminelles et l’expansion du pouvoir des militaires, ne fait pas consensus parmi les experts et suscite des préoccupations en matière de respect des droits humains.

Visite états-unienne au Guyana sous fond de tensions avec le Venezuela

Lundi 8 janvier, le Secrétaire adjoint à la Défense pour l’hémisphère occidental des Etats-Unis, Daniel Erikson, s’est rendu pour sa première visite à l’etranger de l’année au Guyana afin de discuter avec les autorités locales d’un renforcement du partenariat bilatéral de défense et sécurité.

  • Cette visite s’explique par le souci américain de préserver la stabilité régionale dans un contexte de fortes tensions entre le Guyana et le Venezuela autour de la région frontalière de Essequibo, particulièrement riche en minéraux. Internationalement reconnu comme faisant partie du Guyana, ce territoire est revendiqué depuis des siècles par le Venezuela.
  • La découverte d’un important gisement de pétrole au large des côtes d’Essequibo a ravivé le conflit territorial, définitivement exacerbé par l’organisation d’un référendum sur l’annexion de la région par le président vénézuélien Nicolas Maduro le 3 décembre 2023. A la suite de sa victoire lors de cette consultation populaire, Maduro a présenté à la télévision une carte révisée du pays englobant ces 160.000 kilomètres carrés de sol guayanais, tout en annonçant l’octroi de la nationalité vénézuélienne à ses habitants. Le Guyana a en réaction demandé à la Cour Internationale de Justice (CIS) d’intervenir pour s’opposer à cette initiative.
  • Le 24 décembre dernier, l’envoi d’un navire de patrouille de la Royal Navy en Guyane a menacé de perturber l’engagement partagé des deux Etats, fixé une dizaine de jours auparavant autour du renoncement à l’usage de la force et à la montée des tensions. Le HMS Trent prenait part à des exercices conjoints avec la marine locale dans le but de rappeler le soutien britannique à son ancienne colonie.

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RUSSIE/NEI

L’Ukraine touchée par des bombardements massifs

Le vendredi 29 décembre, l’Ukraine a été la cible d’une nouvelle vague de frappes russes. Plus d’une centaine de missiles et drones kamikazes se sont abattus sur tout le pays, blessant 160 personnes et en tuant 30 autres selon un bilan provisoire. Les bombardements ont notamment été dirigés vers des objectifs civils, une maternité et plusieurs écoles ayant par exemple été touchées. Moscou, toutefois, indique n’avoir visé que des cibles militaires, et est restée silencieuse sur la probable violation, par l’un de ses missiles, de l’espace aérien polonais. Ces frappes font office de probables représailles, quatre jours après la mort de 77 marins russes suite à la destruction d’un navire de débarquement en Crimée.

  • Le Kremlin semble aujourd’hui répliquer une stratégie déjà éprouvée l’hiver dernier, visant à la saturation des défenses ukrainiennes. Les bombardements actuels ont ainsi été marqués par l’usage d’une vaste gamme de moyens aériens, aux vitesses et trajectoires différentes. Toutefois, malgré la complexité du raid, Kiev a indiqué avoir intercepté 87 missiles et 27 drones, ce qui représenterait 70% des frappes de Moscou.
  • Dans la foulée, le 30 décembre, des bombardements ont atteint la ville russe de Belgorod. Ils apparaissent comme les plus meurtriers pour celle-ci depuis le début de la guerre, ayant causé 25 morts et une centaine de blessés. Comme l’a directement affirmé le Kremlin, il semble probable que Kiev soit à l’origine de cet acte. Pour expliquer l’événement, la rhétorique ukrainienne a invoqué une défaillance de la défense antiaérienne russe.

En Azerbaïdjan, l’arrestation d’un Français accroît un peu plus les tensions avec Paris

Le 9 janvier, l’ambassadrice d’Azerbaïdjan à Paris a officialisé l’arrestation, survenue le 4 décembre dernier, d’un ressortissant de l’Hexagone accusé d’espionnage par le régime d’Ilham Aliev. Cette déclaration se place dans un contexte de tensions grandissantes entre les deux pays. Le 26 décembre, Bakou avait ainsi décidé d’expulser deux diplomates français, provoquant une mesure réciproque de la part du Quai d’Orsay.

  • L’Azerbaïdjan reproche tout particulièrement à Paris son soutien envers l’Arménie. Soutien d’abord militaire, passant par la formation de soldats d’Erevan, mais également diplomatique. La France œuvre ainsi au sein des institutions européennes et du Conseil de sécurité de l’ONU afin d’obtenir la condamnation de l’annexion récente du Haut-Karabakh par Bakou.
  • Le régime d’Aliev, quant à lui, a organisé une importante campagne médiatique hostile à l’Hexagone. Campagne s’appuyant sur une rhétorique nouvelle : dès lors, l’Azerbaïdjan ne se contente plus de dénoncer un néo-colonialisme français, mais va jusqu’à apporter son soutien actif aux groupes indépendantistes, particulièrement d’outre-mer. En juillet  a ainsi été créé le Groupe d’initiative de Bakou, qui rassemble notamment des représentants de la Guyane et de la Martinique.

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AFRIQUE

Un accord entre l’Éthiopie et le Somaliland agite la corne de l’Afrique

Le 1er janvier, l’Éthiopie et la république auto-proclamée du Somaliland ont signé un mémorandum d’accord qui a fait réagir la Somalie. Permettant à l’Éthiopie d’acquérir une vingtaine de kilomètres du port de Berbera pour 50 ans, l’accord devrait lui donner un accès direct à la mer Rouge et lui laisse la possibilité d’y ouvrir une base militaire. Alors que le Somaliland a annoncé qu’Addis-Abeba reconnaîtrait son indépendance en contrepartie, les autorités éthiopiennes ont nuancé ces déclarations mais ont confirmé que cet enjeu figurait dans le texte. Considérant le Somaliland comme une région séparatiste, la Somalie a vivement contesté l’accord et a promulgué le 6 janvier une loi visant à l’annuler.

  • Faisant sécession de la Somalie en 1991 après une guerre civile, le Somaliland n’est pas reconnu par la communauté internationale comme étant un pays indépendant. Pour la Somalie, l’accord-cadre conclu entre la région séparatiste et son voisin éthiopien constitue ainsi une violation de sa souveraineté. Dénonçant un acte illégal d’ingérence, le président somalien a entamé une série de visites diplomatiques afin d’obtenir le soutien de pays comme l’Érythrée ou l’Égypte.
  • Alors que l’Éthiopie n’a plus de frontière maritime depuis l’indépendance de l’Érythrée en 1993, son Premier ministre, Abiy Ahmed, avait annoncé en octobre dernier que l’accès à la mer constituait un enjeu vital pour son pays.
  • Bien que l’Éthiopie ait tenté de rassurer ses voisins, plusieurs observateurs craignent un embrasement régional dans la corne de l’Afrique. Région stratégique pour les pays de la péninsule arabique, elle l’est aussi pour des États comme la France qui abritent une base militaire à Djibouti.

Au Mali et au Niger, la mise en avant des dialogues nationaux par les juntes au pouvoir

Au Mali, le chef du gouvernement putschiste a annoncé dans son discours du Nouvel An vouloir mettre en œuvre un “dialogue direct inter-malien pour la paix et la réconciliation”. Outre la résolution des conflits communautaires, l’un des objectifs affichés est la réappropriation du processus de paix par les acteurs nationaux. Sans savoir pour l’heure quelles seront les parties prenantes, les rebelles Touaregs ont expressément rejeté la tenue de tels pourparlers. Au Niger, le général Tiani a quant à lui retardé la rencontre avec la Cédéao prévue le 10 janvier afin d’organiser un « forum de dialogue national ». Les consultations régionales préalables ont déjà débuté et devraient se tenir dans la totalité des huit régions.

  • Craignant une remise en cause des accords d’Alger de 2015 – qui ont établi un cessez-le-feu entre le gouvernement malien et les rebelles Touaregs -, ces derniers, pour partie, ont dénoncé la déclaration de la junte malienne et ont critiqué la mise à l’écart de la communauté internationale. En effet, les relations entre le Mali et l’Algérie, le principal médiateur sur ce sujet, se sont envenimées ces derniers mois tandis que la Minusma s’est définitivement retirée du pays le 31 décembre.
  • En décembre dernier, une délégation de la Cédéao s’était rendue au Niger pour discuter de la période de transition à la suite du putsch de juillet 2023. Alors que les relations entre l’organisation régionale et la junte étaient tendues, cette rencontre a été perçue comme encourageante, les deux parties semblant s’être accordées sur le « contenu et la durée » de la période de transition. Par ailleurs, le fils de l’ancien président Mohammed Bazoum emprisonné depuis juillet a été libéré le 8 janvier.
  • Pour autant, les annonces du général Tiani sont susceptibles de dégrader les relations avec l’organisation régionale. Désigné comme étant le seul organe légitime pour définir les conditions de la période de transition, le dialogue national dont la date n’est toujours pas fixée pourrait servir de prétexte aux nouvelles autorités pour imposer leurs conditions à la Cédéao.

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ASIE

Sur fond de lutte contre la corruption, le pouvoir chinois nomme un nouveau ministre de la Défense

Le 29 décembre 2023, le comité permanent de l’Assemblée nationale populaire de Chine a nommé Dong Jun en tant que nouveau ministre de la Défense. Il commandait la marine chinoise depuis deux ans. Il remplace Li Shangfu, disparu en août 2023 et officiellement limogé en octobre.

  • Le poste de ministre de la Défense n’est pas stratégique mais consiste essentiellement en de la représentation vis-à-vis des armées étrangères. L’armée chinoise est dirigée dans les faits par la Commission militaire centrale présidée par Xi Jinping et Zhang Youxia.
  • Cette nomination s’inscrit dans un contexte de reprise du dialogue militaire avec les États-Unis depuis une rencontre entre Joe Biden et Xi Jinping à San Francisco en novembre 2023.
  • La lutte contre la corruption est un des points majeurs de la politique de Xi Jinping. L’Armée Populaire de Libération (APL) est généralement considérée comme un État dans l’État où la corruption était endémique à l’arrivée au pouvoir de l’actuel président chinois.

La Corée du Nord tire des obus à proximité d’îles sud-coréennes

Le 5 janvier 2024, la Corée du Nord a tiré 192 obus dans la zone tampon en mer Jaune la déparant de la Corée du Sud. Cette dernière a dû alerter les habitants des îles de Yeonpyeong et de Baengnyeong pour qu’ils rejoignent des abris. Les forces sud-coréennes ont riposté par des tirs d’artillerie et de chars dans la zone maritime tampon.

  • Ces tirs nord-coréens font suite à un exercice militaire entre les États-Unis et la Corée du Sud près de la zone démilitarisée qui avait eu lieu la veille. En 2010, des tirs d’artillerie nord-coréens sur l’île de Yeonpyeong avaient entraîné la mort de quatre personnes.
  • En novembre 2023, la Corée du Nord s’était retirée de l’accord militaire global signé avec la Corée du Sud en 2018 qui prévoyait des zones tampons le long des frontières terrestres et maritimes.
  • Le 30 décembre 2023, Kim Jong-Un avait déclaré à l’issue d’une réunion du Comité central du Parti du travail qu’il ne voulait plus d’une réconciliation ou d’une réunification avec la Corée du Sud et que de nouvelles capacités militaires seraient prochainement développées.

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AFRIQUE DU NORD/MO

Les États-Unis et le Royaume-Uni frappent des cibles houthistes au Yémen et actent une nouvelle étape dans la régionalisation du conflit

Le vendredi 12 janvier, les États-Unis et le Royaume-Uni ont effectué des frappes de précision sur une douzaine de sites militaires utilisés par les Houthis au Yémen. Avec le soutien logistique de l’Australie, de Bahreïn, du Canada et des Pays-Bas, des avions de combat américains et britanniques, des navires de guerre américains et au moins un sous-marin ont tiré plus de 100 munitions sur seize sites militaires, incluant des radars et des sites de lancement de missiles et de drones. La déclaration signée par Washington, Londres et leurs alliés insiste sur un objectif commun de « désescalade » en mer Rouge.

  • Selon les mots de Joe Biden, ces frappes constituent « une réponse directe aux attaques sans précédent des houthistes », s’élevant à une trentaine depuis le début du conflit à Gaza. Les États-Unis avaient déjà formulé un avertissement et voté avec le CSNU une résolution exigeant l’arrêt « immédiat » des attaques, en vain.
  • Il s’agit de la première attaque directe des États-Unis contre les Houthis depuis 2016, alors que Washington avait annoncé en 2021 la fin de son soutien à Riyad dans sa guerre contre la faction soutenue par l’Iran.
  • Ces frappes américaines et britanniques interviennent alors que les tensions dans la région sont à leur comble entre Israël, les États-Unis et leurs alliés d’une part, et l’Iran et ses proxies dans la région d’autre part. Le porte-parole du MAE iranien Nasser Kanaani a déclaré qu’elles constituaient “une violation claire de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Yémen” , avertissant que cela ne ferait qu’alimenter l’insécurité et l’instabilité dans la région. La Turquie, la Jordanie, Oman et la Russie ont également condamné l’attaque.

Israël devant la Cour internationale de justice pour des accusations de génocide à Gaza

Jeudi 11 et vendredi 12 décembre, la Cour internationale de justice, basée à La Haye, a examiné des allégations de génocide portées par l’Afrique du Sud contre l’action d’Israël à Gaza. Pretoria accuse notamment Israël de manquer à ses obligations prises dans le cadre de son adhésion à la Convention des Nations Unies sur le génocide et a saisi la plus haute juridiction onusienne pour demander qu’elle enjoigne à Tel Aviv de “suspendre immédiatement ses opérations militaires”. La Cour rendra sa décision sous une dizaine de jours.

  • Israël, par la voix de son ministre des affaires étrangères, a qualifié l’affaire “d’absurde et atroce” et accusé l’Afrique du Sud d’être le “bras juridique de l’organisation terroriste Hamas”. Benjamin Netanyahou a également déclaré “qu’Israël était accusé de génocide au moment où il combat un génocide”.
  • De son côté, l’Afrique du Sud, par l’intermédiaire de son ministre de la Justice Ronald Lamola a déclaré devant la Cour “qu’aucune attaque sur le territoire d’un État, aussi grave soit-elle (…) ne peut justifier une violation de la Convention”.
  • Selon Adila Hassim, une des avocates de l’Afrique du Sud, la campagne de bombardement menée par Israël vise à la “destruction de la vie des Palestiniens” et pousse ces derniers “au bord de la famine”.

E. B.

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