Sciences Po Défense et Stratégie

Association étudiante

Veille stratégique – Mars 2/2

AFRIQUE

Un partenariat de défense entre l’Afrique du Sud et le Brésil

Les 9 et 10 mars 2026, à l’invitation du président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a effectué une visite d’État de deux jours au Brésil, avec pour objectif de renforcer les relations bilatérales. Les deux présidents ont appelé à renforcer la coopération entre les deux pays dans le domaine de la défense. Ils plaident notamment pour le développement de projets communs en matière d’industrie de défense et mettent en garde contre le risque d’une « invasion  étrangère ». 

Le président sud-africain était accompagné d’une délégation ministérielle et d’acteurs économiques. Il a encouragé les entreprises brésiliennes à investir en Afrique du Sud. Les discussions ont porté sur plusieurs secteurs stratégiques tels que l’agro-industrie, l’aéronautique, l’énergie, la défense, les mines, les sciences, et le tourisme. À l’issue de la visite, les deux pays ont signé un protocole d’accord entre l’agence brésilienne de promotion du commerce et des investissements (Apex-Brasil) et le Ministère du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence sud-africain, visant à renforcer la coopération en matière de commerce et d’investissement.

  • Lors du forum économique entre les deux pays, le président Lula a demandé à l’Afrique du Sud de développer son industrie de défense. Ramaphosa a reconnu que le Brésil était plus avancé que l’Afrique du Sud en ce qui concerne le secteur aérospatial. 
  • Depuis 2010, la coopération de défense entre les deux pays est encadrée par la Déclaration de partenariat stratégique. La coopération opérationnelle se manifeste dans le domaine maritime avec la tenue de l’exercice naval  IBSAMAR (Indian-Brazil-South Africa Maritime Exercice) qui s’inscrit dans le cadre des BRICS. Le Brésil a aussi participé à l’exercice « Will For peace » en Janvier 2026 avec l’Iran et la Russie notamment. 
  • Les deux dirigeants sont critiques envers le conflit mené par les Etats-Unis et Israël au Moyen-Orient.  Le 7 mars, le président américain Trump a proposé d’aider les dirigeants d’Amérique latine à combattre les cartels en menant des frappes de missiles visant des barons de la drogue. Déjà critique à l’égard des frappes américaines visant des bateaux de trafiquants de drogue présumés dans le Pacifique et les Caraïbes, le gouvernement brésilien se montre inquiet face à cette proposition et, dans un contexte de tensions avec les États-Unis, sollicite l’aide de l’Afrique du Sud pour assurer sa défense.

(Africa Radio,  Afrik, Le Monde, Business Insider Africa, Defence Web, APA news

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AMÉRIQUES 

Démission du directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme américain

Le 17 mars, Joseph Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme américain (NCTC), chargé de coordonner la stratégie de contre-terrorisme américaine, a annoncé sa démission avec effet immédiat. Dans une lettre adressée à Donald Trump, Joe Kent indique ne pas pouvoir soutenir le conflit en cours en Iran, qui a selon lui été initié « sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain ». Il accuse notamment « de hauts responsables israéliens et des membres influents des médias américains » d’avoir construit un narratif belliciste et la croyance que l’Iran constituait une « menace imminente » pour les Etats-Unis, aux dépens du programme America First du président. Le 18 mars, Donald Trump a réagi en qualifiant Joe Kent de « faible en matière de sécurité ». Des médias américains, tels que le New York Times, ont affirmé qu’une enquête du FBI contre Joe Kent pour des fuites d’informations classifiées avait été lancée préalablement à sa démission.

  • Joe Kent s’est engagé dans les forces spéciales américaines en 1998 et a été déployé 11 fois, principalement en Irak. Sa femme, chiffreuse de l’armée américaine, a été tuée en 2019 dans un attentat djihadiste en Syrie. Il a ensuite travaillé pour la CIA, avant d’entamer une carrière politique en 2021. Il perd les élections au district congressionnel de l’État de Washington deux fois de suite, en 2022 puis en 2024 . Nommé en février 2025 en tant que directeur du NCTC par Donald Trump, sa prise de poste est confirmée par le Sénat en juillet 2025 par un vote essentiellement composé du parti républicain.
  • Grand soutien de Donald Trump et du mouvement MAGA, Joe Kent défendait notamment la théorie du complot du trucage de l’élection présidentielle de 2020, remportée par Joe Biden. Sa démission a immédiatement entraîné des accusations d’antisémitisme dans le camp républicain, tandis que la directrice du renseignement national Tulsi Gabbard et le vice-président J. D. Vance se sont contentés de rappeler la menace constituée par l’Iran pour le peuple américain. 

(New York Times, Le MondeThe Guardian

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ASIE

Chine : fuite de donnée du Centre national de supercalcul de Tianjin

Début février 2026, un hacker a publié un message dans lequel il affirmait avoir infiltré le Centre national de supercalcul (NSCC, 国家级超算中心) et compromis 10 pétaoctets de données sensibles. Cette semaine de nombreux netizens se sont emparés de l’affaire, accusant le gouvernement chinois d’être resté silencieux pendant un mois et demi. Ce volume d’informations est colossal et, si cette fuite de données est confirmée, elle pourrait avoir des conséquences considérables pour la sécurité nationale. Les données porteraient sur les secteurs de l’aérospatiale, de la défense et de la recherche nucléaire, et pourraient menacer plus de 1 600 institutions chinoises stratégiques. À l’heure actuelle, le hacker mettrait ces données aux enchères.

  • Malgré l’ampleur des accusations, les autorités chinoises et le NSCC n’ont ni confirmé ni infirmé cet incident. Certains observateurs ont également mis en doute la crédibilité des affirmations du hacker, notamment parce que le prix demandé pour les données serait trop bas.
  • Fondé en 2009, le NSCC est un pilier de l’infrastructure de recherche scientifique et militaire chinoise. Il fournit la puissance de calcul nécessaire aux modèles d’ingénierie et aux simulations à grande échelle, utilisés entre autres par les entreprises de la BITD chinoise. Sur la scène internationale, il est connu pour opérer le Tianhe 1, l’un des supercalculateurs les plus rapides au monde.
  • Les données volées comprendraient notamment les résultats de recherches menées par les principales institutions chinoises dans les domaines de haute technologie, notamment par l’Aviation Industry Corporation of China (AVIC) dans le domaine de l’ingénierie aérospatiale.
  • Un rapport rédigé par le directeur du NSCC, Yan Canqun (杨灿群), aurait également fuité. Intitulé « Rapport technique de synthèse du contrat de recherche sur les modèles et outils de calcul des dommages infligés aux cibles », il a été publié en décembre 2025 et est classé confidentiel pour une durée de 10 ans. Ce document porte notamment sur la simulation des dommages causés par des systèmes d’armes sur des cibles blindées, y compris des porte-avions. L’objectif semble être de déterminer l’efficacité d’une arme à forte pénétration contre certains types de blindage et de cibles, ainsi que la zone la plus efficace à toucher.

(CyberMaterial, Vision Times, X)

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EUROPE

Viktor Orbán bloque un prêt européen vital à l’Ukraine

Le 19 décembre 2026, après de tumultueuses négociations avec Prague, Bratislava et Budapest, les Vingt-Sept s’étaient accordés à prêter 90 milliards d’euros à l’Ukraine pour soutenir son économie mise à mal par l’effort de guerre. Lors d’une réunion des chefs d’État à Bruxelles le 19 mars 2026, le premier ministre hongrois est revenu sur sa position, bloquant ainsi la mise en œuvre de ce plan d’aide.

  • Cette somme représente un effort majeur qui devait couvrir les besoins ukrainiens jusqu’en 2027. Elle s’inscrit dans une politique d’aide continue depuis le déclenchement du conflit en 2022. Si 195 milliards d’euros ont déjà été alloués par les Européens à Kiev, l’économie ukrainienne ne peut se passer de nouveaux fonds, notamment depuis le désengagement américain en la matière. Il semblerait que l’Ukraine aura épuisé toutes ses ressources début mai 2026. La Commission insiste sur l’urgence de la situation et appelle à un déblocage dans les plus brefs délais. 
  • Ce revirement peut être expliqué par les élections législatives hongroises qui auront lieu le 12 avril. Le premier ministre a mis au centre de sa campagne la question de l’approvisionnement de son pays en pétrole russe. Il accuse l’Ukraine de ne pas vouloir réparer l’oléoduc « Droujba » qui passe sur son territoire. Depuis sa destruction lors d’un bombardement russe le 27 janvier, il n’irrigue plus la Hongrie et la Slovaquie. La position de Budapest est claire : tant qu’elle n’aura pas son or noir, elle bloquera toute aide à l’Ukraine
  • Cette position est vivement critiquée par les États membres et par les instances communautaires. Le chancelier Merz a parlé d’un « acte abject de déloyauté » tandis que le président du Conseil européen Costa y voit une tentative claire de « chantage » à visée électoraliste. Cette position pourrait toutefois être remise en question le 12 avril puisque le chef de l’opposition hongroise Péter Magyar est au coude-à-coude avec l’actuel premier ministre dans les sondages. Résolument plus europhile, sa propulsion au poste de chef du gouvernement causerait probablement un revirement de la position du pays. 

(Le Monde, Courrier international, Toute l’Europe

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FRANCE

La France soutient la réouverture du détroit d’Ormuz

Le 21 mars, la France s’est positionnée clairement dans la crise du détroit d’Ormuz en soutenant une action internationale pour rétablir la circulation maritime, tout en refusant toute escalade militaire directe. Aux côtés d’une vingtaine de pays, elle condamne fermement les attaques iraniennes contre les navires et les infrastructures énergétiques, qu’elle juge dangereuses pour la stabilité mondiale. Paris insiste notamment sur la nécessité d’un moratoire immédiat sur les frappes visant des installations civiles, afin d’éviter une aggravation du conflit et de ses conséquences économiques. Emmanuel Macron a rappelé que la liberté de navigation est un principe fondamental du droit international, particulièrement crucial dans une zone stratégique comme le détroit d’Ormuz. La France se dit prête à contribuer à la sécurisation de cette voie maritime, mais uniquement dans un cadre légal et collectif, possiblement sous l’égide de l’ONU.

  • Les autres signataires du communiqué sont l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, le Danemark, la Lettonie, la Slovénie, l’Estonie, la Norvège, la Suède, la Finlande, la République tchèque, la Roumanie, la Lituanie, la Corée du Sud, la Nouvelle-Zélande, l’Australie et Bahreïn.
  • Néanmoins, la position française reste prudente : il n’est pas question de participer à une opération militaire visant à forcer l’ouverture du détroit en pleine guerre. Cette ligne reflète une volonté d’équilibre entre fermeté diplomatique et refus de l’escalade. 
  • Face à une situation régionale très tendue et à des risques importants pour l’économie mondiale, la France privilégie donc une solution multilatérale pour garantir la sécurité énergétique et la stabilité internationale.

(Mer et Marine; 20 Minutes; TF1; Les Echos; France Info)

 

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 MOYEN-ORIENT/ AFRIQUE DU NORD

Guerre au Moyen Orient : le ciblage d’infrastructures énergétiques fait craindre une crise mondiale 

Alors que la guerre opposant l’Iran aux Etats-Unis et Israël dure depuis presque un mois, les tensions s’intensifient. Israël a attaqué le 18 mars le champ gazier de South Pars, le plus vaste du monde. En retour, les Gardiens de la Révolutions (CGRI) ont ciblé des installations pétrolières et gazières des Etats voisins du Golfe, dont la plus grande installation de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde, au Qatar. Le 19 mars, Benyamin Netanyahu a annoncé lors d’une conférence de presse que les frappes américaines et israéliennes avaient permis de détruire les capacités d’enrichissement d’uranium iraniennes, et de production de nouveaux missiles balistiques. Néanmoins, rien ne permet de prédire une fin à cette guerre, alors que le président Donald Trump n’exclut pas le déploiement de troupes supplémentaires dans la zone. 

  • Ces attaques sur les infrastructures énergétiques, dont celles en Iran et au Qatar, marquent une escalade majeure de ce conflit, qui menace d’avoir des répercussions globales sur les marchés énergétiques, avec d’importantes perturbations d’approvisionnement et une forte hausse des hydrocarbures. Selon le directeur de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), « l’ampleur et les conséquences de la situation » sont pour l’instant incomprise. Alors que le détroit d’Ormuz – par où passe un cinquième de la production du pétrole mondial en temps normal – est clos depuis le début de la guerre, il faudra au moins six mois pour rétablir les flux de pétrole et de gaz en provenance du Golfe selon l’AIE.
  • Plusieurs pays européens ont condamné les attaques iraniennes contre les installations pétrolières et gazières. La France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas ainsi que le Japon ont publié un communiqué conjoint, se disant « prêts à contribuer » à la sécurisation du détroit d’Ormuz. En effet, 3,200 bateaux et 20,000 marins sont actuellement coincés à proximité du détroit d’Ormuz et attendent d’être évacués. Alors que le porte-avions Charles-de-Gaulle a été envoyé en Méditerranée orientale sous ordres présidentiels, Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées a précisé qu’il était « hors de question » de « participer à l’offensive » lancée par Washington et Tel Aviv. 
  • Ce conflit profite largement à la Russie. En effet, le Trésor américain a accordé une dérogation de 30 jours aux sanctions imposées sur les ventes d’énergie russes depuis l’invasion de l’Ukraine, augmentant largement ses revenus pétroliers (26% de plus que la moyenne quotidienne de février pendant les deux premières semaines de la guerre en Iran). Ces nouveaux revenus pourraient être déterminants pour sa poursuite du conflit contre l’Ukraine, qui cherche également à tirer profit du conflit au Moyen-Orient. En effet, l’Ukraine a déployé des unités militaires aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, au Qatar, au Koweït et en Jordanie, pour les aider à se défendre contre les drones kamikazes Shahed lancés par l’Iran, et également utilisés massivement par la Russie en Ukraine. Même si les conditions ne sont pas encore définies, Volodymyr Zelensky souhaite recevoir de l’argent et de la technologie en retour de cette aide. 

(FT, FT, FT, Al Jazeera, Le Parisien, CBS News, Reuters, France Info)

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RUSSIE/ NEI

Eclipsé par la guerre au Moyen-Orient, l’intensité du conflit en Ukraine demeure

Comme expliqué lors de la veille précédente, le déclenchement de l’opération israélo-américaine contre la République Islamique d’Iran impacte la guerre en Ukraine. Les nouveaux enjeux induits par la guerre au Moyen-Orient contribuent à déplacer l’attention de la communauté internationale, et surtout des Etats-Unis, sur l’opération Epic Fury. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky  avait déclaré à  ce sujet lors d’une interview le 15 mars : « nous espérons très vivement qu’en raison du Moyen-Orient, les Etats-Unis ne se détourneront pas de la question de la guerre en Ukraine ». Toutefois, l’intensité de la guerre ne faiblit pas.

  • Dans la nuit du vendredi 20 au samedi 21 mars, les forces armées ukrainiennes ont lancé une attaque de drones massive contre les capacités énergétiques et militaires russes sur une vaste zone du territoire de la Fédération de Russie, ciblant notamment la raffinerie de pétrole de Saratov, l’aéroport militaire Engels-2 (installation stratégique, abritant notamment des bombardiers Tu-95 Bear, Tu-22 Blinder / Backfire et Tu-160 Blackjack), des usines chimiques à Togliatti dans l’oblast de Samara et des raffineries situés à Oufa, en république de Bachkirie. Cette attaque de drones a également ciblé diverses installations autour de Rostov et de Moscou. Le ministère de la Défense de Russie et l’agence RIA Novosti ont annoncé l’interception de 283 drones ukrainiens, sans morts ni blessés. Toutefois, des habitants ont fait part de coupures d’électricité et d’incendies proches des installations pétrolières à Saratov et des usines Tolyattikauchuk et de KuibyshevAzot sur Telegram.
  • Dans le même temps, les forces armées ukrainiennes ont annoncé avoir intercepté 148 drones lancés par la Russie dans la nuit du 20 au 21 mars, dont 90 appareils de type Shahed/Gueran-2. Un hélicoptère Kamov Ka-52 russe a également été abattu et détruit par des dronistes de la 59e brigade d’assaut des forces de système sans pilote ukrainiennes. Le coût de cet hélicoptère est estimé à 16 millions de dollars. L’intensité des combats et le besoin d’équipement de l’armée ukrainienne pousse l’UE à réaffirmer son soutien à Kyiv, pendant que les Etats-Unis poursuivent leur opération en Iran. Ainsi, l’UE prévoyait d’accorder un prêt à l’Ukraine d’une valeur de 90 milliards d’euros pour soutenir son effort de guerre. Toutefois, la Hongrie, par la voix de son dirigeant Viktor Orban, bloque toute tentative de concrétisation de cette mesure.
  • A Kharkiv, le SBU (Service de sécurité d’Ukraine, notamment chargé du contre-espionnage) a procédé à l’arrestation d’un agent au service de la Russie ayant pour mission de préparer des attentats à l’aide d’engins explosifs improvisés (EEI). Le suspect, un jeune homme de 18 ans, avait été recruté par la Russie via un canal Telegram. Il risque jusqu’à 12 ans de prison.

(Telegram du MoD Russe, Kyiv Independant, France Info, Telegram de l’Armée de l’Air ukrainienne, La Dépêche, Courrier International, RTBF, Ukrinform, Forces de systèmes sans pilote, Telegram du Service de sécurité d’Ukraine)

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BITD 

La France lance les travaux de son porte-avions nouvelle génération

Le Président de la République a officialisé le lancement des travaux du porte-avions nouvelle génération (PANG) le mercredi 18 mars 2026. Ce projet – stratégique, militaire et industriel – a été lancé dans l’objectif de remplacer le Charles de Gaulle à l’horizon 2038. Les premiers travaux de réflexion sont en cours depuis déjà quelques années afin de définir les besoins et les ambitions de ce projet colossal qui débute sur la base navale de Naval Group, proche de Nantes. Le PANG sera, selon le Président de la République, le plus gros navire jamais construit en France (77 000 tonnes, 310 mètres de long et 90 mètres de large), avec un budget prévu entre 12 et 15 milliards d’euros. Le projet industriel est piloté par Naval Group, mais la chaîne de production inclut plus de 800 entreprises, dont 600 ETI et PME, ce qui correspond à environ 14 000 emplois sur toute la durée de construction (2026 à 2038). Les ambitions opérationnelles sont conséquentes puisque 40 avions de combat pourront être embarqués, et trois catapultes seront construites sur le navire. De plus, trois pistes seront déployées pour permettre les catapultages et les appontages en même temps, ce qui est une réelle révolution opérationnelle. Cependant, il est primordial que le porte-avions conserve une capacité d’adaptation tout au long de sa durée de vie, de 45 ans, afin de faire face aux nouvelles menaces émergentes. C’est pourquoi, une structure numérique sécurisée mais ouverte sera développée. 

  • Le nom du futur navire a été dévoilé cette semaine. Il s’appellera le « France Libre », une appellation symbolique reflétant ses ambitions opérationnelles et la souveraineté nationale. Le début des travaux intervient dans un contexte géopolitique particulier, entre la montée des tensions liées au conflit entre l’Iran, les États Unis et Israël et la restructuration des alliances. Le porte-avions se présente comme symbole de puissance et de volonté de la France qui cherche à maintenir sa position militaire sur la scène internationale. 
  • Le Charles de Gaulle, le porte-avions français actuel, a été mis en service en 2001, en remplacement du Clémenceau désarmé en 1997. Le Charles de Gaulle mesure 261 mètres de long et 64 mètres de large, il est à propulsion nucléaire. Il s’agit d’un objet de dissuasion nucléaire, et un symbole de la puissance militaire française.
  • Le développement du PANG est un enjeu critique puisque le porte-avions français est un objet essentiel dans la stratégie militaire nationale, notamment en raison de son rôle dans la dissuasion nucléaire. De plus, il est essentiel de conserver une continuité capacitaire entre le France Libre et le Charles de Gaulle, par conséquent, l’avancée des travaux sera clé dans les prochaines années.

( France 24, Les Echos, La Tribune, Air&Cosmos)

Manon Cohen

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