Sciences Po Défense et Stratégie

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Devenir Administrateur des Affaires Maritimes

L’administrateur des affaires maritimes (AAM) est un officier de carrière de la Marine nationale, appartenant à un corps de catégorie A de la fonction publique. Placé sous l’autorité du ministère chargé de la mer, il joue un rôle central dans la mise en œuvre des politiques publiques maritimes. Il veille à la bonne application des réglementations nationales et internationales relatives à la mer et au littoral. Il assure la direction et la coordination des services de l’État chargés des affaires maritimes et représente, dans sa circonscription, à la fois l’État, la Marine nationale et le préfet maritime. Il contribue également à la conception, à la gestion et à la défense des intérêts maritimes de la France, en métropole comme en outre-mer. 

Quelles sont les missions d’un AAM ? 

1. Sécurité et sûreté maritimes 

  • Application des réglementations nationales et internationales pour la sécurité des navires, équipages et passagers. 
  • Coordination des opérations de sauvetage et de surveillance en mer.
  • Prévention et lutte contre la pollution marine et les accidents maritimes. 
  • Contribution à la gestion des crises (naufrages, marées noires, pollutions, etc.).

2. Gestion administrative, économique et environnementale

  • Mise en œuvre des politiques publiques concernant :
    • l’aménagement du littoral et la protection du milieu marin,
    • la gestion des ressources maritimes (pêche, conchyliculture, aquaculture),
    • la formation, la gestion administrative et sociale des marins professionnels,
    • la gestion des navires et de la navigation de plaisance.
  • Participation au développement durable et à la politique économique maritime de l’État et de l’Union européenne.

3. Police et justice maritimes

  • Exercice de la police des pêches et de la navigation.
  • Contrôle et instruction d’enquêtes nautiques en cas d’accidents ou d’infractions.
  • Lutte contre les activités maritimes illégales (pêche illicite, trafics, etc.)

4. Représentation de l’État et de la défense 

  • Représentant du préfet maritime et de la Marine nationale dans leur circonscription. 
  • Suppléance des services de la Marine quand elle n’est pas implantée localement. 
  • Participation à l’organisation de la défense maritime et des transports maritimes de défense. 

5. Enseignement, recherche et expertise 

  • Participation à l’enseignement supérieur maritime (ex. : École Nationale Supérieure Maritime – ENSM). 
  • Contribution à la recherche et à la formation dans les domaines du droit maritime, de l’économie bleue, de la sécurité et de l’environnement marin. 

Quelles sont les conditions requises pour devenir AAM ? 

L’accès au concours externe d’élève administrateur des affaires maritimes, organisé par le ministère de l’Équipement, est soumis à plusieurs critères :

  • Justifier d’un diplôme de second cycle de l’enseignement supérieur
  • Posséder la nationalité française, bénéficier de l’intégralité de leurs droits civiques et présenter un casier judiciaire exempt de toute mention incompatible avec les fonctions envisagées. Leur situation vis-à-vis du service national doit être conforme à la réglementation en vigueur. 
  • Être reconnu apte à exercer les missions propres au corps des administrateurs des affaires maritimes, tant sur le plan physique que mental. 
  • Enfin, l’âge maximum fixé pour se présenter au concours est de vingt-huit ans. 

Comment devenir AAM : le concours 

Le concours d’entrée dans le corps des AAM est composé d’épreuves écrites et orales, conçues pour évaluer les connaissances, la rigueur et les qualités d’analyse des candidats.

1. Épreuves écrites d’admissibilité : 

  • Une composition sur un sujet relatif à l’évolution des idées politiques, économiques et sociales depuis le début du XXe siècle (6 heures, coefficient 6). 
  • Une composition en droit privé, droit public ou sciences économiques, selon l’option choisie par le candidat (6 heures, coefficient 7). 
  • Une épreuve de synthèse ou d’analyse critique d’un document juridique (droit maritime, droit pénal ou droit social) (4 heures, coefficient 5).
  • Une version anglaise (2 heures, coefficient 2).

2. Épreuves orales d’admission

  • Un entretien avec le jury, portant sur les épreuves écrites et les connaissances générales du candidat (20 minutes, coefficient 8). 
  • Une interrogation en droit ou sciences économiques, selon l’option choisie (20 minutes, coefficient 8). 
  • Une épreuve d’anglais (15 minutes, coefficient 2). 
  • Des épreuves sportives (coefficient 2). 

Une épreuve orale facultative en langue étrangère (allemand, italien, espagnol, arabe ou russe) permet aux candidats d’obtenir une bonification de points. 

Quelle est la formation après avoir été admis au concours ? 

En cas de réussite au concours, vous serez formé(e) durant 2 années à l’École du service public de la mer (située au Havre) 

La formation repose sur trois piliers : 

1. La formation militaire

Elle débute par une formation initiale d’officier à l’École navale en septembre, complétée par le cours d’officier chef de quart au printemps du premier cycle et par la campagne d’application “Jeanne d’Arc” à bord d’un bâtiment de la Marine nationale.

2. La formation de marin : 

Elle combine des enseignements techniques de navigation, de sécurité et d’exploitation du navire, dispensés à la fois en cours et sur simulateur, ainsi que des stages embarqués sur des navires de commerce ou de pêche 

3. La formation d’administrateur : 

Elle forme des concepteurs et managers des politiques publiques maritimes, à travers des enseignements à l’ESPMER, un master de droit maritime à l’université du Havre, et de longs stages en services déconcentrés, spécialisés et en préfecture. Elle se déroule en modules tout au long d’une à deux années de scolarité. 

Quels sont les débouchés et les évolutions de carrière ?

Les administrateurs des affaires maritimes exercent leurs fonctions dans divers contextes : 

  • En métropole et outre-mer : Ils peuvent être affectés dans des directions départementales ou régionales des affaires maritimes, où ils occupent des postes à responsabilité. 
  • Dans des organismes spécialisés : Certains travaillent au sein de la Marine nationale, des préfectures maritimes, ou d’établissements d’enseignement supérieur maritimes.
  • À l’international : Leur expertise peut les amener à participer à des missions européennes ou internationales, notamment dans le cadre de la coopération maritime.

Comité de rédaction

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