Sciences Po Défense et Stratégie

Association étudiante

Veille stratégique – Février 2026 1/2

AFRIQUE 

La junte militaire burkinabè dissout l’intégralité des partis politiques du pays

Le gouvernement militaire du Burkina Faso, dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, a officiellement dissous tous les partis et formations politiques du pays par décret lors d’un Conseil des ministres le 29 janvier 2026. Cette décision met fin à l’existence légale de ces partis et supprime le cadre juridique qui régissait leurs activités. Avant cette mesure, le Burkina Faso comptait plus de 100 partis enregistrés, dont une quinzaine disposaient de sièges au Parlement à l’issue des élections de 2020. Parallèlement à cette décision, le ministre de l’Administration du territoire, Émile Zerbo, a annoncé l’adoption d’un projet de loi « abrogeant les textes encadrant le fonctionnement et le financement des partis politiques, ainsi que le statut du chef de file de l’opposition ».

  • Le pays est dirigé depuis 2022 par le capitaine Ibrahim Traoré, Président de la Transition du Burkina Faso. Arrivé au pouvoir par un coup d’État en septembre 2022, il a renversé le Président Paul-Henri Sandaogo Damiba, ayant lui-même accédé au pouvoir par un coup d’Etat plus tôt dans l’année. Ibrahim Traoré est toutefois issu du même mouvement putschiste que son prédécesseur, le « Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration ».
  • Pour justifier cette décision radicale et inquiétante, à l’égard des libertés individuelles et de l’Etat de droit, le ministre a accusé les partis politiques burkinabès « d’avoir favorisé la division des citoyens, contribué à la fragilisation du tissu social et créé un développement déséquilibré du territoire », allant jusqu’à imputer la responsabilité de la situation sécuritaire précaire du pays aux partis politiques opposés à la junte. De plus, l’ex-Premier ministre Albert Ouedraogo a été arrêté à son domicile au mois de janvier 2026.
  • Concernant la situation sécuritaire du Burkina Faso, le régime se félicite des progrès de ses forces armées face aux groupes terroristes du Sahel, dont le JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) et l’État islamique dans le Grand Sahara. Selon le Premier Ministre, 74% du territoire serait aujourd’hui sous contrôle du régime. Néanmoins, dans une note de 2025, le think tank suédois African Security Analysis avançait que près de 60 % du territoire burkinabè échappait toujours à l’autorité de l’État.

(BBC, RFI , RFI , AP, RFI)

**

AMÉRIQUES 

Expiration du traité russo-américain New START sur la maîtrise des arsenaux nucléaires

 

Le traité New START, dernier texte liant les États-Unis et la Russie concernant l’encadrement de leurs arsenaux nucléaires respectifs, a expiré dans la nuit du 4 au 5 février. Le traité, signé le 8 avril 2010 par Barack Obama et Dmitri Medvedev à Prague, ne comprenait qu’une seule clause de renouvellement de cinq ans, qui avait été mise en œuvre par Joe Biden et Vladimir Poutine en 2021. Le texte fixait notamment des plafonds pour le développement des armes nucléaires, à savoir : lanceurs (800 déployés ou non), vecteurs stratégiques comprenant missiles balistiques intercontinentaux, missiles sous-marins et bombardiers (700), et ogives nucléaires déployées (1 550). Ces aspects quantitatifs du traité auraient pu faire l’objet d’une prolongation, comme l’avait proposé Vladimir Poutine en septembre 2025 concernant la limitation du nombre de têtes nucléaires stratégiques déployées. Néanmoins, les dispositions relatives à la transparence des deux parties, qui garantissent la mise en œuvre effective du traité et comportent des inspections mutuelles de sites nucléaires, avaient été suspendues pendant la pandémie de la COVID-19, sans reprise annoncée. Vladimir Poutine avait par la suite entièrement suspendu l’application de l’ensemble du texte en février 2023, dans le contexte du conflit ukrainien.

  • Le traité New START était le successeur du traité START I, signé en juillet 1991 par George Bush et Mikhaïl Gorbatchev mais entré en vigueur en 1994, suite au démembrement de l’URSS. Liant la Russie et les États-Unis dans une logique commune de contrôle de leurs arsenaux nucléaires, START I a expiré le 5 décembre 2009 et les négociations pour la conception du New START se sont prolongées jusqu’en avril 2010.
  • L’expiration du New START intervient dans ce qui semble être une évolution de la posture américaine vis-à-vis de son arsenal nucléaire. En effet, la Stratégie de défense nationale (National Defense Strategy), publiée le 24 janvier 2026, évoque le nucléaire dans un seul paragraphe lié au domaine d’action sur la défense du territoire américain. L’orientation stratégique retenue à ce sujet est de « moderniser et adapter les forces nucléaires américaines ». Par ailleurs, la dernière Revue de posture nucléaire américaine date de 2022, et une nouvelle édition n’a pas été annoncée.  
  • Dans un communiqué du 6 février sur le New START, le secrétaire d’Etat Marco Rubio évoque non pas le renouvellement potentiel du texte, mais l’élaboration d’un « traité qui tienne compte du fait que les États-Unis pourraient bientôt être confrontés non pas à une, mais à deux puissances nucléaires de rang comparable : la Russie et la Chine. » La menace chinoise, dont l’arsenal nucléaire pourrait dépasser les 1 000 têtes d’ici 2030, semble mener les Etats-Unis à repenser leur stratégie nucléaire. La Russie avait quant à elle diversifié son arsenal au cours des dernières années, en développant des armes échappant aux contraintes du New START, telles que le missile de croisière Burevestnik à tête et propulsion nucléaire.

(Le Grand Continent, Le MondeIFRI, US Department of Sate, IFRI)

**

ASIE

La récente purge de la Commission militaire centrale remet en question la capacité chinoise d’attaquer Taïwan

Un désaccord portant sur la « question taïwanaise » entre le président Xi Jinping et le général Zhang Youxia pourrait être à l’origine de la mise à l’écart de ce dernier. Xi Jinping aurait insisté sur l’échéance de 2027 pour l’acquisition par l’APL d’une capacité crédible d’invasion de Taïwan, tandis que Zhang Youxia aurait défendu une approche plus prudente, visant l’atteinte d’une pleine capacité opérationnelle interarmées à l’horizon 2035. Le 25 janvier, un éditorial du Quotidien de l’Armée populaire de libération (APL) a indiqué que les généraux inculpés auraient « gravement bafoué le système de responsabilité du président de la Commission militaire centrale (CMC) ». 

  • La mise à l’écart de Zhang Youxia illustrerait ainsi la volonté du président chinois d’accélérer le développement des capacités militaires nécessaires à une prise de contrôle de Taïwan. Le 4 février, lors d’un entretien téléphonique avec le président Trump, Xi Jinping a réaffirmé sa préoccupation face à l’augmentation des ventes d’armes américaines à l’île.
  • Par ailleurs, l’éviction de généraux expérimentés tels que Zhang Youxia pourrait accroître les « risques opérationnels » liés à la centralisation du commandement d’une armée de plusieurs millions d’hommes autour de Xi Jinping.
  • Parallèlement, la RPC poursuit sa politique d’« une seule Chine » en intensifiant ses pressions diplomatiques sur les États soutenant Taïwan. Le 6 février, Pékin s’est ainsi déclaré ouvert à un rétablissement du dialogue avec la Lituanie, après que la Première ministre lituanienne ait qualifié d’« erreur » la décision prise en 2021 d’autoriser Taïwan à ouvrir une représentation de facto à Vilnius.

(BBC, Zaobao, Reuters, Quotidien de l’APL, Reuters)

**

EUROPE 

La Pologne se dote du mur anti-drones « le plus moderne d’Europe » 

Le 30 janvier, la Pologne a signé plusieurs contrats visant à équiper son armée d’un système anti-drones pleinement opérationnel d’ici deux ans. Ce dispositif est destiné à protéger sa frontière orientale, qui constitue à la fois la limite est de l’Union européenne et de l’OTAN. Baptisé « San », le système devrait comprendre 18 batteries anti-drones, 52 pelotons de tir, 18 pelotons de commandement ainsi qu’environ 700 véhicules. Le programme sera développé en coopération avec plusieurs entreprises polonaises – publiques et privées – ainsi qu’avec le groupe norvégien Kongsberg. 

  • Varsovie consacre déjà près de 5 % de son PIB au renforcement de ses capacités de défense. Face à la menace russe, le pays cherche à combler les lacunes de sa défense aérienne. En septembre 2025, après l’intrusion d’une vingtaine de drones russes dans son espace aérien, la Pologne a accéléré ses efforts, avec le soutien de l’Union européenne. 
  • Comme l’a rappelé le ministre de la Défense Władysław Kosiniak-Kamysz, le coût du programme s’élèvera à environ 3,6 milliards d’euros, financé en grande partie par les fonds européens SAFE. 
  • Ce projet marque un tournant dans la défense de l’Europe de l’Est. À la suite de cette annonce, plusieurs pays européens, notamment les États baltes, envisagent à leur tour la construction d’un mur de protection anti-aérien le long des 3 400 km de frontières les séparant de la Russie et de la Biélorussie.

(RTBF, Les Echos, RFI, France Info

**

FRANCE

Protection des actifs critiques : Bercy bloque la vente des infrastructures terrestres d’Eutelsat

L’État français a déposé un veto à la cession des infrastructures terrestres d’Eutelsat au fonds d’investissement suédois EQT, via la procédure de contrôle des investissements étrangers en France (IEF). Annoncée en août 2024, l’opération devait rapporter environ 550 millions d’euros à l’opérateur afin de réduire son endettement. Le ministre de l’Économie Roland Lescure a justifié ce refus par le caractère critique et souverain des antennes et téléports, indispensables aux communications satellitaires civiles et militaires. Eutelsat est en effet le seul concurrent européen de Starlink et exploite, via OneWeb, une constellation de plus de 600 satellites en orbite basse. Premier actionnaire depuis fin 2025 avec 29,13% du capital via l’Agence des participations de l’État, l’État a également signé en juin 2025 un contrat militaire de dix ans pouvant atteindre 1 milliard d’euros, garantissant un accès prioritaire et sécurisé aux capacités spatiales d’Eutelsat. Le veto vise notamment à préserver la maîtrise nationale des téléports (France, Europe et Amériques) et à éviter toute perte d’autonomie opérationnelle dans un contexte géopolitique marqué par la guerre en Ukraine et la dépendance des forces armées aux constellations satellitaires privées. 

  • Le veto opposé à la cession des stations sol d’Eutelsat traduit une évolution doctrinale de l’État français : les infrastructures spatiales au sol (téléports, antennes, réseaux de connectivité) sont désormais assimilées à des capacités militaires critiques, au même titre que les chaînes industrielles de défense. Le segment sol conditionne en effet la disponibilité opérationnelle des satellites, le chiffrement des flux, la résilience face au brouillage ou aux cyberattaques et la continuité de service en situation de conflit. 
  • Ce veto, exceptionnel par sa portée financière et industrielle, s’inscrit dans une trajectoire de durcissement progressif du contrôle des investissements étrangers amorcée au tournant des années 2020. Après Photonis (capteurs optroniques, 2020) et Segault (composants critiques, 2023), l’État étend désormais son périmètre de protection aux infrastructures spatiales. 
  • Si la décision renforce la souveraineté spatiale française et européenne à court terme, elle pose à moyen et long terme la question du modèle économique et financier d’Eutelsat. L’opérateur devra simultanément soutenir l’effort d’investissement requis par les constellations en orbite basse (LEO), maintenir la compétitivité face aux acteurs américains intégrés (Starlink/SpaceX) et contribuer aux ambitions européennes, notamment le programme IRIS².
  • Cette décision de Bercy intervient dans un contexte tendu, alors qu’il est reproché au ministère de l’économie d’avoir vendu LMB, une entreprise française de défense qui fabrique des ventilateurs utilisés notamment dans le Rafale, les sous-marins nucléaires ou le porte-avions Charles-de-Gaulle, à l’américain Loar Group.

(Le Monde, La Tribune, BFMBusiness)

Le ministre des Affaires étrangères français en visite au Levant 

En entamant sa tournée à Damas, Bagdad et Beyrouth le 5 février, le ministre français des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, inscrit ce déplacement dans le cadre des priorités de la politique étrangère française au Levant. Cette séquence diplomatique intervient dans un contexte où les évolutions sécuritaires régionales, notamment en Syrie et en Irak, sont suivies par Paris au regard de leurs effets potentiels sur la sécurité nationale. Dix ans après les attentats du Bataclan, cet arrière-plan continue d’informer l’analyse française des dynamiques du Levant, tandis que la recomposition politique post-Assad constitue un facteur d’incertitude susceptible d’alimenter de nouvelles vulnérabilités.

  • Pour la diplomatie française, la lutte contre l’État islamique demeure la priorité absolue. Si le califat territorial s’est effondré, la résurgence de Daech sous forme de guérilla résiliente exploite chaque interstice laissé par l’instabilité. La chute du régime d’Assad en 2024 a créé un vide sécuritaire béant, transformant les zones frontalières en zones grises où les cellules dormantes s’organisent de nouveau. Face à cette menace, Paris affiche une posture de fermeté. À Bagdad, lors d’un entretien avec son homologue Fouad Hussein, Jean-Noël Barrot a réaffirmé que le combat se mène “sans relâche et sans pitié ». Le ministre a aussi souligné l’interdépendance totale entre le théâtre syro-irakien et la protection du territoire national, rappelant que l’inaction au Levant se paie invariablement en Europe.
  • Le deuxième pilier de cette tournée réside dans la résolution de la « question kurde ». Alliés historiques et fer de lance de la coalition contre Daech, les Kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS) se trouvent à une croisée des chemins périlleuse.  À Damas, face au ministre syrien Assaad al-Chibani, puis à Erbil auprès de Nechirvan Barzani, Jean-Noël Barrot a porté la voix de la France pour la reconnaissance de l’identité et des droits des Kurdes qui n’est pas une option, mais la condition sine qua non du relèvement de la Syrie. 
  • La tournée de Jean-Noël Barrot s’inscrit également dans un contexte de tensions paroxystiques entre les États-Unis et l’Iran. Alors que Donald Trump maintient une pression navale et militaire considérable dans la région, et que des négociations cruciales s’ouvrent à Oman, la France joue son rôle traditionnel de médiateur. Cette mission diplomatique démontre que, loin de se désengager, la France maintient un investissement stratégique de long terme.

(diplomatie.gouv, Le Monde, France 24, Liberation)

**

Moyen-Orient/Afrique du Nord

Israël mène une nouvelle frappe à Gaza et autorise la réouverture partielle du point de passage de Rafah

Le 31 janvier, 12 personnes sont mortes et 49 ont été blessées dans la bande de Gaza lors de bombardements israéliens, selon le ministère de la Santé administré par le Hamas. Cette attaque est la plus meurtrière depuis le début du « cessez-le-feu », en vigueur depuis le 10 octobre dernier. Depuis la mise en place du cessez-le-feu d’octobre, 509 personnes ont été tuées par des tirs ou des bombardements israéliens selon le Hamas. Ces bombardements ont également eu lieu deux jours après la restitution et l’identification du corps du dernier otage israélien, et quelques jours seulement avant la réouverture, le 2 février, du point de passage de Rafah, étape cruciale de la deuxième phase du « plan de paix » de Donald Trump. Alors que l’entrée de l’aide humanitaire reste soumise aux décisions israéliennes, Washington demeure en décalage avec la réalité catastrophique sur place, comme le démontre la présentation de plans futuristes pour Gaza par Donald Trump, pendant son Conseil de la paix le 22 janvier dernier à Davos (Suisse). 

  • Situé à la frontière avec l’Égypte, le point de passage de Rafah était fermé presque hermétiquement depuis 21 mois et sa réouverture demeure pour l’instant symbolique. Alors qu’elle a fait espérer une certaine liberté de mouvement, et la possibilité pour les blessés de recevoir des soins, le franchissement de la frontière demeure strictement contrôlé avec des autorisations accordées à quelques dizaines de personnes au quotidien seulement.
  • Israël poursuit également sa pression militaire au Sud-Liban malgré une trêve négociée en novembre 2024, avec des frappes quasi-quotidiennes, y compris au nord du fleuve Litani. C’est d’ailleurs là que doit se poursuivre la deuxième phase du plan de désarmement du Hezbollah et des milices affiliées au mouvement chiite, par les Forces armées libanaises. En effet, Israël a annoncé récemment avoir démantelé leurs structures militaires entre la frontière israélienne et le Litani, à une trentaine de kilomètres de distance (première phase du plan de désarmement). Néanmoins, le chef du Hezbollah Naïm Kassem a répété le 3 février le refus du Hezbollah de déposer les armes, affirmant qu’« entre l’humiliation et le martyre, [ils choisissent] le martyre ». 
  • Les cessez-le-feu à Gaza et au Liban sont davantage des façades politiques que des réalités opérationnelles. En l’absence de mécanismes crédibles de contrôle du respect de ces accords, notamment de la part des États-Unis, et de perspectives politiques plausibles, ces trêves demeurent extrêmement fragiles. Bien que le Hamas et le Hezbollah soient aujourd’hui fortement diminués et affaiblis, un refus continu de déposer les armes de la part des deux groupes islamistes risque d’accroître l’impatience d’Israël et de mener à une hausse des hostilités, qui impacterait davantage les populations civiles. 

(L’Opinion, Le Monde, L’Orient-Le Jour, L’Orient-Le Jour, France24, Le Monde, Le Monde)

**

RUSSIE/ NEI

Discussions pour une paix russo-ukrainienne menées à Abou Dabi

Des représentants ukrainiens, russes et américains se sont réunis à Abou Dabi les 4 et 5 février pour échanger à propos d’une paix qui mettrait fin à la guerre opposant Kiev à Moscou. Cette réunion tripartite a pour vocation de définir des axes de discussion mais ne laisse en aucun cas entrevoir une fin imminente du conflit.  

  • Il a été conclu un échange d’otages entre la Russie et l’Ukraine. 314 prisonniers au total seront rendus aux autorités de leurs pays respectifs. Le ministère de la Défense russe a notamment communiqué à ce propos en mettant en scène la réception de ces prisonniers en grande pompe. L’opération a eu lieu jeudi 5 février en Biélorussie. 
  • Les représentants russes et ukrainiens semblent souligner la pertinence de cette rencontre. Kyrylo Boudanov, ancien chef du renseignement militaire ukrainien et actuel chef de cabinet du président Zelensky n’hésite pas à qualifier la rencontre de « réellement constructive » tandis que le représentant russe Kirill Dmitriev a noté qu’elle constituait un véritable « progrès » pour la paix. 
  • La perspective d’une paix à court ou moyen terme semble toutefois exclue. La Russie reste campée sur ses revendications irrédentistes dans l’est de l’Ukraine. La présence d’Igor Kostioukov, directeur du renseignement militaire russe (GU) n’atténue pas les crispations ukrainiennes et américaines. Connu pour son soutien inconditionnel à la propagande expansionniste russe et son implication supposée dans différentes affaires de déstabilisation (piratage du Bundestag en 2015, ingérences russes dans les élections américaines de 2016, affaire Skripal), sa simple présence témoigne de la difficulté de penser la paix de demain avec les agresseurs d’hier. 

(Interfax-Ukraine, The Moscow Times, The Guardian, Le Monde, IRSEM)

**

BITD

Le prochain lancement d’Ariane 6 prévu le 12 février 2026

Prévu le 12 février, le lancement du lanceur lourd européen marque le début d’une année riche en missions spatiales. Ariane 6 a déjà réalisé plusieurs vols réussis et poursuit ses efforts en accélérant la cadence avec notamment le premier lancement dans le format le plus puissant de la fusée. En effet, la semaine prochaine, Ariane 6 décollera dans sa version à quatre moteurs propulseurs, ce qui double ses performances et lui permet d’emporter 21,6 tonnes en orbite basse contre 10,3 tonnes avec deux propulseurs. Le moteur de la la fusée compte parmi les plus puissants au monde, permettant ainsi à l’Europe d’assurer son accès souverain à l’espace et de renforcer son autonomie technologique. La mission prévue le 12 février embarquera 32 satellites pour le compte d’Amazon, il s’agit de la première coopération avec le géant américain, un contrat qui se poursuivra tout au long de l’année 2026.

  • Le programme Ariane, composé de 13 pays européens coordonnés par l’Agence spatiale européenne (ESA) est un élément clé pour assurer l’autonomie stratégique de l’Europe. Le déploiement de la version lourde d’Ariane 6 illustre la capacité de l’Europe à maintenir une place dans le secteur spatial, d’autant plus qu’il s’agit d’un des meilleurs lanceurs au monde. Le succès de ce vol pourrait à la fois permettre de lancer l’année ambitieuse à venir et de sécuriser le contrat avec Amazon en renforçant la concurrence face à SpaceX.
  • Le programme Ariane 6 avait pris beaucoup de retard dans sa mise en place, ce qui avait privé l’Europe d’un accès souverain à l’espace pendant plusieurs années. De plus, d’autres entreprises privées avaient pris de l’avance technologique et industrielle, notamment SpaceX aux États-Unis, plaçant l’Europe dans une situation délicate de dépendance. Le retour d’Ariane 6 et ses vols réussis permettent ainsi à l’Europe de revenir dans la course.
  • L’ESA a déjà annoncé que l’année 2026 sera beaucoup plus riche que 2025 pour le spatial avec un doublement du nombre de lancement, et une accélération des missions en orbite (65 prévus contre 46 en 2025).

(ArianeGroup, ESA, La Tribune, La Dépêche, Les Echos)

Comité de rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Revenir en haut de page