AFRIQUE
L’Afrique du Sud se retire du G20
Lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial tenue à Davos en Suisse, l’Afrique du Sud a annoncé son retrait du G20. Les autorités sud-africaines soulignent que les États-Unis n’ont pas délivré d’accréditation à la délégation de leur pays pour cette rencontre. Washington, qui assure la présidence annuelle du G20 depuis le 1er décembre 2025, succède à l’Afrique du Sud et a multiplié les désaccords avec son prédécesseur. Le ministre des finances, Enoch Godongwana, a assuré que ce départ n’est que « temporaire ».
- Les tensions entre les deux pays semblent remonter au sommet de Johannesburg tenu les 22 et 23 novembre 2025. Cette rencontre, qui fut la vingtième réunion des membres du G20 et la première organisée en Afrique, s’est déroulée sans accroc si l’on omet l’absence des États-Unis lors de l’ouverture du sommet. Le secrétaire d’Etat, Marco Rubio, avait annoncé que la présidence sud-africaine véhiculait des concepts « anti américains » (sic) tels que les politiques d’inclusion ou la réflexion sur le changement climatique. En effet, les États-Unis ont refusé expressément de signer les actes finaux de la rencontre en raison de désaccords sur ces questions.
- Ce point de tension s’ajoute à des pressions diplomatiques plus anciennes. Les États-Unis affirment qu’un « génocide » des fermiers afrikaners serait soutenu par le gouvernement en place. À cela s’ajoutent les droits de douane de 30 % imposés aux biens produits par le pays. Ils sont les plus élevés dans la politique américaine des « tariffs » pour la zone subsaharienne et servent de sanction face à la plainte pour génocide déposée par l’Afrique du Sud devant la CIJ en 2023, à l’encontre de leur allié, Israël.
- Le G20 est une rencontre majeure, composée de 19 États membres ainsi que de l’Union européenne et de l’Union africaine, ses participants représentent 85 % du PIB mondial. Avant l’adhésion de l’Union africaine en 2023, l’Afrique du Sud était le seul membre permanent africain du G20. Elle reste, à ce titre, un leader économique du continent et un partenaire économique privilégié par de nombreux États. Malgré ce gel des relations avec Washington, elle entend réintégrer les discussions lors de la prochaine présidence, assurée dès décembre prochain par le Royaume-Uni.
(Africanews, Africanews, Le Monde, TV5 Monde)
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AMÉRIQUES
Escalade des tensions économiques entre la Colombie et l’Equateur
Le 21 janvier, le président équatorien Daniel Noboa a annoncé depuis le Forum économique de Davos l’imposition d’un droit de douane de 30% sur les importations colombiennes. Cette mesure, qui entrera en vigueur le 1er février, est selon le président justifiée par un « manque de réciprocité et d’actions fermes » en matière de sécurité à la frontière colombienne, et sera maintenue « jusqu’à ce qu’il y ait un engagement réel à lutter ensemble contre le trafic de drogue et l’exploitation minière illégale à la frontière ». En réponse, la Colombie a annoncé le 22 janvier la suspension de ses ventes d’électricité à l’Equateur et l’imposition de droits de douane, également fixés à 30%, sur une vingtaine de produits équatoriens. Le ministère du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme a menacé d’augmenter la part de produits concernés, « en réponse à la perturbation des échanges bilatéraux causée par la décision unilatérale » du président équatorien.
- La zone frontalière entre l’Equateur et la Colombie, l’un des premiers exportateurs de cocaïne au monde, est un important nœud du trafic et de contrebande, disputé par de nombreux groupes armés. Suite à la mort de onze militaires équatoriens dans une embuscade le 9 mai 2025, Daniel Noboa a étendu son « conflit interne armé », qu’il avait annoncé mener contre les gangs équatoriens en 2024, aux guérillas colombiennes opérant à sa frontière.
- L’Équateur fait face à la multiplication des cartels mexicains et colombiens, ainsi qu’à une hausse de la violence et de l’insécurité. Selon l’Observatoire du crime organisé, le pays a enregistré un taux de 52 homicides pour 100 000 habitants, soit en moyenne un par heure en 2025. En réponse, Daniel Noboa a déployé début janvier un plan visant principalement à sécuriser le port de Guayaquil, centre névralgique des départs de drogue. Le président équatorien, allié de Donald Trump, avait également autorisé le 17 décembre 2025 le déploiement temporaire de troupes de l’US Air Force sur la base de Manta, un autre nœud de l’exportation illicite.
- Les mesures économiques annoncées par la Colombie sont néanmoins une source d’inquiétude pour la population équatorienne. La dépendance économique de l’Equateur envers la Colombie se traduit à la fois par les importations – le pays affichant un déficit commercial annuel d’environ 1 milliard de dollars avec Bogota – mais surtout par le réseau d’électricité, dont la Colombie est le principal fournisseur. Selon Virgilio Hernández, élu de l’Équateur au Parlement andin, l’électricité fournie par la Colombie à l’Équateur est une ressource « qu’on ne peut pas remplacer », le pays ayant traversé des périodes critiques pendant lesquelles il ne produisait pas suffisamment d’électricité pour subvenir à ses besoins.
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ASIE
Chine : une nouvelle purge secoue la Commission militaire centrale
Le 24 janvier, le porte-parole du ministère de la Défense (MoD) chinois a annoncé que les généraux Zhang Youxia (张又侠), vice-président de la Commission militaire centrale (CMC), et Liu Zhenli (刘振立), chef du département d’état-major interarmées de la CMC, faisaient l’objet d’une enquête pour « violation grave présumée de la discipline et de la loi ». Les rumeurs autour d’une potentielle purge s’étaient intensifiées avec l’absence remarquée des deux généraux lors d’un séminaire destiné aux hauts responsables provinciaux et ministériels le 20 janvier. Le président Xi Jinping et le général Zhang Shengmin (张升民) sont désormais les deux seuls membres opérationnels d’une CMC censée être composée de 7 personnes. À ce jour (25 janv.), la page web du MoD portant sur le leadership de la CMC n’est plus accessible.
- La Commission militaire centrale exerce le commandement de l’Armée Populaire de Libération. Elle est en théorie constituée de deux organes – la CMC du Parti communiste chinois et la CMC de la République de Chine Populaire – mais, dans la pratique, la distinction est inexistante.
- Promu en 2017 par Xi, la mise en cause du général Zhang Youxia, qui n’était pas apparu publiquement depuis son entretien avec le ministre russe de la Défense à Moscou en novembre 2025, est un choc. Il était vu comme un très proche de Xi, il faisait également partie du Politburo et était l’un des rares officiers supérieurs à disposer d’une expérience du combat.
- La dernière purge majeure en date a eu lieu en octobre 2025. Le général He Weidong (何卫东), alors vice-président de la CMC, et l’amiral Miao Hua (苗华), membre de la CMC, avaient été visés par des enquêtes pour corruption.
- Cette purge consolide la concentration du pouvoir autour du président Xi, tout en révélant un climat persistant de méfiance. Le 22 janvier, Xi a signé un ordre d’émission du « Règlement sur le travail de la théorie militaire » qui mettait en avant la « pensée de Xi Jinping », orientée vers un renforcement et une modernisation de l’APL.
(MoD, Intelligence Online, CCTV, The New York Times, Reuters, YouTube, MoD)
Convocation d’élections législatives anticipées au Japon
La chambre basse du Parlement japonais, le Shūgi-in, a été dissoute le 19 janvier par la Première ministre japonaise Sanae Takaichi. Cette dissolution intervient seulement 3 mois après les dernières élections, en octobre 2025, et les nouveaux députés seront élus le 8 février prochain. Cette décision, qui intervient dans un climat de soutien massif au cabinet de la première femme à la tête du Japon, est en décalage avec les difficultés que son parti, le Parti Libéral-Démocratique (LDP), rencontre dans les sondages nationaux.
- Sanae Takaichi, surnommée la « Dame de fer » et admiratrice de Shinzo Abe, Premier ministre assassiné en 2022, est arrivée au pouvoir en promettant la sortie de la stagnation économique du pays. Son élection en 2025 a constitué un référendum populaire en soutien pour son plan d’augmentation des dépenses publiques.
- La Première ministre s’aligne aux côtés des États-Unis. Lors de la visite du président Trump au Japon en octobre 2025, Takaichi a qualifié ce dernier de « partenaire dans un nouvel âge d’or ». La première ministre lui a présenté des plans d’investissements japonais aux États-Unis et a conclu un accord sur les minerais des terres rares. La stratégie de défense américaine, publiée le 23 janvier 2026, suscite toutefois le doute autour de cet alignement, avec l’affaiblissement de l’engagement des États-Unis à l’égard de ses alliés asiatiques et européens.
- En décembre dernier, le gouvernement Takaichi a fait voter un budget militaire de 57 milliards de dollars, en réponse à une inquiétude croissante à l’égard de la Chine. L’escalade des tensions sino-japonaises a été entamée par un discours parlementaire de Takaichi le 7 novembre 2025, dans lequel la Première ministre a qualifié une potentielle invasion de Taïwan par la Chine d’action posant atteinte à la survie du Japon. Ces propos reprennent la terminologie de la loi de sécurité japonaise de 2015, qui prévoit l’usage des forces armées en cas d’une telle menace. En réponse, le ministère des affaires étrangères de la Chine a averti le Japon de ne « pas jouer avec le feu ».
- L’opposition, formée par le Parti Démocratique-Constitutionnel (CDP) et le Komeito, ne remet pas en cause l’alliance avec Washington et prévoit une résilience face au chantage de la Corée du Nord. Cependant, le programme du CDP prévoit une renégociation du statut des bases américaines, pesant sur les populations locales – notamment à Okinawa. La coalition centriste affirme également son engagement en faveur du respect du traité de non-prolifération, en contraste avec la position ambiguë de la première ministre.
(The Japan Times, Le Monde, Le Monde, BBC, BBC, BBC, 立憲民主党, NHK)
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EUROPE
Groenland : quand la glace fond et que les relations Europe-Etats-Unis s’échauffent
Le 22 janvier, dans un contexte géopolitique tendu, les Européens se sont réunis en urgence à Bruxelles pour envoyer un message d’unité. « Vigilance » a été le mot d’ordre face aux provocations du président Donald Trump au sujet du Groenland. Si Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a souligné que l’UE était « d’accord avec ses amis américains » quant à l’importance de la sécurité du Groenland, elle a également mis en avant que les velléités territoriales américaines étaient le reflet d’un profond remplacement du droit international. Antonio Costa, président du Conseil européen, a par ailleurs assuré que si Donald Trump avait pour le moment renoncé à s’emparer du Groenland, l’UE allait continuer à « défendre ses intérêts contre toute forme de coercition ».
- Lors de cette réunion, le souhait que l’UE ressorte cet épisode plus forte, plus résiliente et plus souveraine a été émis. Antonio Costa a souligné que la réponse européenne doit reposer sur trois piliers : une Europe de principes, de protection et de prospérité. Ces dimensions sont aujourd’hui mises à l’épreuve dans les relations transatlantiques.
- Plusieurs pays européens, dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, ont déjà envoyé du personnel militaire au Groenland pour une mission de reconnaissance en vue d’un exercice danois organisé avec des alliés de l’OTAN, mais en dehors du cadre de l’alliance atlantique (et donc sans l’implication des États-Unis).
(Europa News, France 24, Les Echos)
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FRANCE
La France accélère la fabrication de drones-kamikazes
La Direction générale de l’armement (DGA) a annoncé la livraison aux forces armées françaises des premières munitions télé-opérées (MTO) industrialisées sur le territoire national. Le système, dénommé Damoclès, est développé conjointement par la société Declair et l’industriel de défense KNDS, dans le cadre du programme Colibri lancé en 2022. Damoclès est une munition de courte portée (10 km), disposant d’une autonomie de 40 minutes et d’une charge militaire à fragmentation de 550 grammes. Elle est conçue pour l’engagement de cibles de type infanterie et véhicules légers, avec une capacité d’emploi de jour comme de nuit et en environnement de brouillage électromagnétique. La DGA prévoit la livraison de 460 unités d’ici juillet. En parallèle, une commande a été notifiée pour des munitions télé-opérées longue portée (portée supérieure à 500 km), destinées à des frappes dans la profondeur.
- La mise en service de Damoclès introduit, pour la première fois, une capacité nationale de munition télé-opérée industrialisées, jusqu’alors absente dans l’arsenal français. Ce système permet de renforcer l’arsenal d’appui tactique au niveau de la zone de contact, avec une solution à coût limité et à mise en œuvre rapide, complémentaire des armements conventionnels existants.
- Le développement de Damoclès s’inscrit dans un contexte marqué par des enseignements opérationnels de la guerre en Ukraine, caractérisée par l’emploi massif de drones armées et de munitions rôdeuses. Il répond également aux orientations politiques visant à accélérer les cycles d’acquisition et à renforcer la souveraineté industrielle de défense, en s’appuyant sur des partenariats entre PME spécialisées et industriels.
- L’articulation entre munitions télé-opérées de courte portée (Damoclès) et systèmes longue portée, notamment ceux développés par MBDA, pourrait conduire à une évolution des modes d’action des forces françaises, en favorisant des capacités de frappes distribuées et économiquement soutenables. À moyen terme, ces évolutions posent des enjeux en matière de doctrine d’emploi, de protection contre les drones adverses et de montée en cadence industrielle.
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Moyen-Orient/Afrique du Nord
L’instabilité interne iranienne se poursuit et cristallise les tensions régionales
Selon des chiffres du ministère iranien de l’Intérieur et de la Fondation des martyrs et des anciens combattants, diffusés sur la télévision d’État le 21 janvier, 3 117 personnes ont été tuées lors des manifestations qui ont débuté le 28 décembre. Alors que ces chiffres sont très probablement inférieurs à la réalité, ces violences sans précédent ont mené à un accroissement des tensions régionales et diplomatiques, notamment avec les États-Unis qui déploient davantage de moyens militaires dans la zone. Dans un article du Wall Street Journal, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi a directement menacé Washington le 21 janvier, affirmant que l’armée iranienne n’hésiterait pas à riposter « avec tout ce [qu’elle a] » en cas de nouvelle attaque.
- Les violences du régime iranien contre les manifestants ont été dénoncées par Washington, qui a notamment sanctionné cinq responsables iraniens, accusés de mener cette répression. Le président américain Donald Trump a également affirmé qu’il viendrait en aide aux manifestants, et que les États-Unis étaient « prêts, armés et parés à intervenir ». Téhéran considère cela comme une menace directe d’intervention. Le régime risque d’instrumentaliser toute intervention étrangère, notamment américaine, et tout soutien aux manifestants (même symbolique) comme preuve de son besoin nationaliste de « sécurité » contre un ennemi extérieur. Ainsi, ces violences internes agissent comme un catalyseur des tensions régionales préexistantes, en fournissant à la fois un prétexte à la pression américaine et un argument sécuritaire au régime iranien.
- Le Pentagone a envoyé une douzaine de chasseurs-bombardiers F-15E Strikes Eagles additionnels au Moyen-Orient ces derniers jours, afin « d’améliorer la préparation au combat et de favoriser la sécurité et la stabilité régionale » selon CENTCOM, responsable des forces armées américaines dans la zone. Par ailleurs, un avion USAF C-32A, utilisé pour le transport de décideurs américains, est arrivé en Jordanie, signe d’une présence de commandement et de contrôle (Command & Control). De plus, le porte-avions USS Abraham Lincoln, qui était jusqu’alors en Mer de Chine méridionale, a passé le détroit de Malacca, en chemin vers le Moyen-Orient. Des systèmes de missiles HIMARS ont également été déplacés, et les États-Unis ont évacué temporairement une partie des aéronefs et du personnel de leur plus grande base aérienne de la région, celle d’Al Udeid au Qatar, que l’Iran a ciblé en juin dernier suite à l’opération américaine Midnight Hammer contre les installations nucléaires iraniennes.
- Néanmoins, ces signes représentent probablement davantage un signalement stratégique américain de dissuasion envers Téhéran, plutôt qu’une réelle intention de mener des frappes sur le sol iranien. En effet, Washington est davantage concentré sur d’autres problématiques (le Venezuela ou le Groenland), et souhaite se désengager du Moyen-Orient (comme l’indique le programme stratégique de sécurité nationale de la nouvelle administration Trump). Du côté iranien, une confrontation militaire avec les États-Unis aurait un coût militaire et politique élevé pour le régime islamique, déjà largement fragilisé. Les deux camps ont ainsi intérêt à ne pas s’engager militairement, quitte à ce que les tensions diplomatiques persistent voire s’aggravent.
(APNews, The Jerusalem Post, TF1Info, Reuters, Air & Space Forces Magazine, CAREP, CFR, LinkedIn)
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RUSSIE/ NEI
Emploi de missile balistique et signalement stratégique russe en Ukraine
Dans la nuit du 8 au 9 janvier 2026, les autorités ukrainiennes ont annoncé avoir subi une frappe d’un missile balistique de portée intermédiaire (dit IRBM) en périphérie de Lviv, ville située dans l’ouest du pays, à environ 70 kilomètres de la frontière polonaise. Les autorités russes ont quant à elles revendiqué l’emploi d’un missile Orechnik, dont le premier usage remonte à un tir sur la ville ukrainienne de Dnipro le 21 novembre 2024. Ce tir de janvier constitue donc le second cas d’emploi opérationnel et, comme lors du précédent, le missile n’emportait pas la charge nucléaire qu’il peut en théorie contenir. À ce titre, son usage si proche de la frontière polonaise, et ce quelques jours après une réunion diplomatique à Paris ayant pour thème les éventuelles futures garanties de sécurité euro-atlantiques au profit de Kiev, peut être interprété comme une manœuvre de signalement stratégique russe. Ceci s’inscrit dans la continuité de déclarations répétées depuis 2022 à propos des capacités de représailles nucléaires de Moscou à l’encontre des pays de l’OTAN, notamment européens.
- Selon les déclarations ukrainiennes faisant suite à l’analyse des débris du missile, des composants électroniques – servant probablement au guidage de l’engin – seraient issus de techniques de fabrication anciennes et donc réemployés. À noter que selon le Pentagone, l’Orechnik relève d’une évolution du missile RS-26 Rubezh, un développement inabouti datant de 2011.
- Le caractère potentiellement moins avancé de certains composants s’ajoute à l’échec des deux derniers tirs d’essai du missile balistique intercontinental (dit ICBM) RS-28 Sarmat en septembre 2024, puis en novembre 2025. Ce missile est censé remplacer une partie des ICBM russes vieillissants issus des années 1990 (R-36M). Ces échecs pourraient, à terme, remettre en question l’efficience de certains vecteurs de la dissuasion russe.
(Le Monde, CNN, Militarnyi, Etienne Marcuz [X], Etienne Marcuz [X], Opex360)
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BITD
Développement de drones pour les armées françaises
L’invasion de l’Ukraine par la Russie a mis en lumière l’importance de l’utilisation de drones sur le champ de bataille. Les drones de reconnaissance armés, comme le Predator américain, capables de surveiller de larges zones et de détruire avec précision des cibles en mouvement à longue distance, sont des armes efficaces mais coûteuses. Ainsi, le théâtre d’opérations ukrainien requiert des solutions économiques et faciles à produire en série. C’est dans ce contexte que l’utilisation de drones peu coûteux en grande quantité semble être une solution particulièrement efficace, comme en témoigne la création des Forces de systèmes sans pilote par l’armée ukrainienne. De son côté, la France observe l’évolution du champ de bataille et constate un certain retard sur le segment des drones au sein de ses forces armées. Sébastien Lecornu avait ainsi déclaré à l’été 2025 que l’objectif des armées quant aux drones était de : « Faire en sorte qu’en 2029-2030, nous ayons, non pas rattrapé le retard, mais fait un saut technologique d’une génération pour se remettre complètement au goût du jour et être capable de conquérir un certain nombre de marchés ». Dans cette optique de remise à niveau et de production massive, les armées et les industriels travaillent conjointement pour mettre au point de nouveaux drones.
- Le groupe industriel Turgis et Gaillard, ayant développé le drone MALE Aarok en coopération avec la DGA, s’allie avec Renault pour la production d’un drone de type « munition rôdeuse » (de type Shahed 136 iranien), nommé « Chorus ». Un contrat de 35 millions d’euros a été notifié par la DGA aux deux entreprises françaises. Le but de ce partenariat est de pouvoir produire rapidement ce type de drones à une grande échelle en bénéficiant des capacités industrielles d’un groupe comme Renault. Le rythme de production envisagé serait de 600 unités par mois. Par ailleurs, ce partenariat pourrait déboucher sur la production d’un drone d’une dizaine de mètres d’envergure, proposé « à un prix extrêmement compétitif ».
- Le 1er Régiment de Hussards Parachutistes a mis au point une munition rôdeuse nommée « Fronde 2.0 », basée sur un drone FPV (First Person View) et une munition dont le type peut varier, initialement des grenades à fusil. Fin 2025, une campagne d’essai de la munition a été organisée à Captieux, se soldant par un succès. Le 1er RHP a indiqué le 17 janvier que le projet serait terminé cette année.
- La Marine nationale a lancé le projet DANAE – Drone de surface Autonome Naval avec une capacité d’Armement Embarqué. Ce projet a pour but de doter la Marine de drones de surface pouvant protéger ses bases navales et assurer l’escorte de ses navires. À l’heure actuelle, 7 industriels de la BITD ont été sélectionnés pour présenter des systèmes de drones répondant au cahier des charges de la Marine pour ce projet. Ensuite, les 3 drones s’étant le plus démarqués durant cette première phase entament une deuxième campagne de tests. À terme, un seul modèle sera choisi pour une production en série. L’amiral Vaujour décrit le projet DANAE comme étant « crucial ». Toutefois, ce projet, financé par l’Agence de l’Innovation de Défense, présente plusieurs exigences, dont une robustesse à toute épreuve et une endurance de plusieurs mois. L’autonomie constitue ainsi le premier défi dans le développement d’un tel drone.
(Opex360, Les Echos, Opex360, Site des Forces de systèmes sans pilote)
