AFRIQUE
Quand l’IA redessine les rapports de force en Afrique: Anthropic dévoile des opérations de propagande, de désinformation et de surveillance sur le continent africain
Dans un rapport publié le 10 septembre dernier, Anthropic a répertorié une série d’utilisations de son logiciel Claude à des fins de propagande et de surveillance sur le continent africain. Selon les informations révélées dans le rapport, la plupart de ces opérations impliquent des acteurs étrangers influents sur le continent ainsi que des services de renseignement. En juillet 2026, un rapport de l’université de Cambridge alertait déjà sur le recours de plus en plus systématique à l’IA et aux chatbots dans les décisions militaires du groupe islamiste Boko Haram. L’IA prend définitivement une place de plus en plus importante dans les décisions militaires; son utilisation dépasse non seulement l’aspect opérationnel mais se diffuse dans des secteurs tout aussi déterminants : le cyberespace et l’espace informationnel. En rendant possible une production de propagande et de désinformation à échelle industrielle, l’IA confirme le statut de l’Afrique comme terrain d’expérimentation privilégié des opérations d’influence.
- En Centrafrique, Politology, la branche d’influence d’Africa Corps, a eu recours au logiciel Claude afin de générer des contenus favorables au gouvernement centrafricain et à Wagner, et hostiles à la France. Ces contenus sont ensuite diffusés à la radio ou sur les réseaux sociaux.
- Au Mali, le rapport note l’utilisation de Claude comme principal ingénieur dans la conception d’un dispositif de surveillance à destination des renseignements d’État. Ce dispositif « Lakana 360 » regroupe des données téléphoniques confidentielles, croisées avec des fichiers de l’administration malienne, permettant ainsi une opération de surveillance d’ampleur.
- Au Kenya, alors que les élections présidentielles approchent, l’IA est utilisée pour diffuser de la désinformation et pour amplifier les voix pro-gouvernement et anti-opposition, notamment au travers d’une diffusion massive de tweets générés par intelligence artificielle.
- Au Soudan, Claude serait aussi massivement employé au service des Émirats arabes unis, à travers une opération visant à décrédibiliser les critiques émises sur leur responsabilité dans le conflit en cours. Les opérateurs utiliseraient l’IA pour constituer des dossiers visant à fragiliser des rapporteurs de l’ONU qui avaient notamment critiqué le rôle d’Abou Dhabi au Soudan.
(tv5monde, Detecting and countering misuse of AI: September 2026, France24, Jeune Afrique)
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AMÉRIQUES
États-Unis : Washington révèle avoir déployé des armes de contrôle spatial en orbite
Le 14 septembre, le secrétaire à l’US Air Force Troy Meink a annoncé que les États-Unis avaient déjà déployé des « armes de contrôle spatial » en orbite, capables de répondre à des actions hostiles contre les systèmes spatiaux américains. Cette annonce, faite lors de la conférence annuelle de l’Air & Space Forces Association qui s’est tenue du 14 au 16 septembre, constitue la reconnaissance publique la plus directe à ce jour de capacités américaines de combat dans l’espace. Washington n’a toutefois donné aucune précision sur la nature exacte, le nombre ou la date de déploiement de ces systèmes. Par cette déclaration, l’US Space Force officialise la militarisation de l’espace face à la Chine et la Russie.
- Le terme « space control weapons » reste volontairement flou : Troy Meink n’a pas précisé s’il s’agissait de capacités cinétiques (c’est-à-dire reposant sur une action physique directe, comme la destruction ou l’endommagement d’un objet) ou non cinétiques, ni quelles cibles elles pourraient engager. Cette ambiguïté permet aux États-Unis de signaler à leurs adversaires qu’ils disposent de moyens de riposte sans révéler leurs capacités opérationnelles.
- Cette annonce intervient dans un contexte de compétition croissante avec la Chine et la Russie pour la maîtrise de l’espace. Washington considère désormais la capacité à protéger ses satellites comme une condition essentielle au fonctionnement de ses forces conventionnelles, alors que les communications, le renseignement, le positionnement et l’alerte antimissile reposent largement sur des infrastructures spatiales.
- La révélation pourrait contribuer à accélérer la militarisation de l’espace. En effet, en affichant publiquement l’existence de capacités offensives ou défensives orbitales, les États-Unis cherchent à renforcer leur capacité de dissuasion mais peuvent également inciter la Chine et la Russie à développer ou dévoiler leurs propres systèmes antisatellites. La question est d’autant plus sensible que les capacités spatiales sont devenues indispensables aux opérations militaires modernes.
(Le Monde, Meta Defense, Le Grand Continent)
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ASIE
Sommet de l’OCS : Un 25eme anniversaire sur fond de conflits mondiaux
Du 31 août au 1er septembre s’est tenu à Bichkek, au Kirghizistan, le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), réunissant chefs d’État et de gouvernement des dix pays membres, dont Vladimir Poutine, Xi Jinping, le président iranien Massoud Pezeshkian, et les premiers ministres indien Narendra Modi et pakistanais Shehbaz Sharif, ainsi que le Secrétaire général des Nations unies António Guterres. Fondée en 2001 par la Chine et trois pays d’Asie centrale (Tadjikistan, Kirghizistan, Kazakhstan) pour contrebalancer l’influence occidentale, l’organisation compte aujourd’hui quinze partenaires de dialogue, parmi lesquels la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar. Pour ses 25 ans, le sommet s’est conclu par la déclaration de Bichkek, qui réaffirme l’attachement des membres à un ordre mondial multipolaire, à une réforme de la gouvernance mondiale et à la lutte contre le terrorisme. Mais derrière cette unité de façade, l’implication directe de plusieurs États membres dans les conflits ukrainien et iranien expose les divergences et les fragilités d’un bloc régional plus hétérogène qu’il ne le revendique.
- Derrière la façade de « front uni » sur le dossier iranien, deux dynamiques opposées coexistent. D’un côté, les tensions régionales : les frappes iraniennes sur l’Arabie saoudite sur la Turquie, dont Téhéran a démenti avoir visé le territoire, ont ravivé les méfiances de deux membres observateurs de l’OCS à l’égard de l’Iran. De l’autre, la solidité du soutien chinois. Face aux menaces de sanctions américaines contre les alliés de Téhéran, Pékin a réaffirmé qu’il « défendrait fermement » ses intérêts, en cohérence avec son statut de premier importateur de pétrole iranien. Pour Téhéran, ce sommet répond à plusieurs objectifs : selon son président, il s’agissait avant tout de consolider la relation avec la Russie, partenaire militaire central, tout en démontrant aux États-Unis que l’Iran n’est pas isolé, et de renforcer, dans la foulée, le partenariat avec son principal soutien économique, la Chine.
- Bien qu’elle soit totalement omise dans la déclaration de Bichkek, la guerre en Ukraine se sera introduite de manière plus indirecte au sommet. Le premier ministre indien a notamment provoqué un certain malaise en conférence de presse avec son homologue russe, en l’enjoignant à “passer d’une guerre sans fin à la fin de la guerre”. Une intervention qui risque d’être vécue comme une humiliation par le président alors que des déclarations similaires avaient été émises un mois plus tôt par le président kazakh lors d’une visite à Omsk en Russie, appelant au “gel” de la guerre. C’est ainsi un président russe affaibli qui se présente au sommet de l’OCS, conscient que les attaques ukrainiennes sur les infrastructures énergétiques ne lui permettent plus de mettre la pression sur ses partenaires (notamment l’Inde, grand importateur de pétrole russe).
- Ce sommet, occasion parfaite pour Vladimir Poutine de montrer que la Russie n’est pas isolée diplomatiquement, aura finalement révélé le déséquilibre de la relation sino-russe. l’Asie centrale demeure notamment le théâtre de rivalités entre la Russie et la Chine. En effet Pékin profite de l’affaiblissement de l’influence russe dans la région pour renforcer ses partenariats. Pour la première fois l’année dernière, le commerce entre l’Asie centrale et la Chine a dépassé les 100 milliards de dollars. Le président russe espère néanmoins faire avancer le projet de construction d’un gazoduc allant de la Russie à la Chine, un projet que Pékin se montre hésitant à concrétiser.
(Courrier International, rfi, rfi, France 24)
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EUROPE
Sommet international sur l’Espace
Les 9 et 10 septembre 2026 a eu lieu, au Grand Palais, le premier Sommet international sur l’Espace, co-organisé par la France et l’Allemagne. Près de 120 délégations se sont réunies pour renforcer leur coopération sur ce domaine promis à de grandes avancées. Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen ont fixé plusieurs priorités européennes afin de renforcer son autonomie, sa compétitivité et de réduire sa dépendance aux États-Unis. La France prévoit d’investir 20 milliards d’euros dans le spatial d’ici à 2030 et, à l’échelle européenne, l’ESA (European Space Agency) a approuvé un budget record de 22,3 milliards d’euros pour 2026-2028. Emmanuel Macron a également appelé à la création d’une alliance européenne “Direct to Device”, permettant une connexion directe entre satellites et téléphones d’ici à 2030, la guerre en Ukraine ayant montré l’importance stratégique des satellites. L’Europe cherche donc à renforcer ses capacités spatiales pour améliorer sa sécurité ainsi que son indépendance, en développant son propre système de communication par satellite. En plus des investissements, le programme européen IRIS² doit être accéléré et étendu à plus de 350 satellites. Prévu pour 2030, ce programme constituera le premier réseau de satellites multi-orbitaux en Europe.
- L’agence spatiale européenne a été créée en 1975 pour unifier les forces européennes face aux Américains et aux Soviétiques. Elle est aujourd’hui composée de 23 membres et permet aux pays européens de mutualiser leurs budgets et technologies pour une plus grande compétitivité. L’agence a notamment développé la famille des lanceurs Ariane, ce qui lui a permis de mener des missions d’exploration telles que JUICE (Jupiter Icy Moons Explorer) pour étudier Jupiter et ses lunes glacées.
- Les géants du spatial américains ont quant à eux déserté le sommet. Il manquait à l’appel SpaceX, Blue Origin, Stoke Space et Starcloud, dissuadés d’y participer par la Maison Blanche selon plusieurs sources. En effet, les États-Unis voyaient dans ce sommet une démarche “eurocentrée” et accusaient Paris d’encourager des pratiques anticoncurrentielles à cause de l’accent mis sur le besoin de régulation.
- Ce sommet s’inscrit dans un contexte sécuritaire mais également de possibilité d’expansion de marché afin que l’Europe rivalise avec les États-Unis et la Chine. En effet, l’économie spatiale mondiale a dépassé 500 milliards de dollars en 2025 et pourrait atteindre 1 100 milliards de dollars d’ici 2035.
- L’absence du chancelier allemand, Friedrich Merz, illustre toutefois la présence de désaccords entre la France et l’Allemagne en matière de politique spatiale, ce qui pourrait fragiliser la coopération européenne sur ce sujet. Berlin reste davantage favorable à coopérer avec les géants américains que Paris.
( info.gouv.fr, Ministère des Armées et des Anciens Combattants, euronews,)
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FRANCE
Lancement de la mission Pégase 2026.
Le 8 octobre 2026, l’Armée de l’air et de l’espace (AAE) a débuté l’exercice Pégase. Neuf aéronefs vont effectuer un véritable périple, en suivant un itinéraire de plus de 40 000 kilomètres, du Groenland à l’Égypte, qui sera ponctué par différentes escales.
- Initié en 2018, c’est la septième édition de cette mission. Elle vise à exposer notre capacité de projection à nos partenaires ainsi qu’à nos adversaires. Le général de division aérienne, Julien Sabéné, met en exergue à cette occasion le fait que « pour être crédible et respecté, il faut pouvoir intervenir rapidement et de façon autonome, en tout point du globe, dans un environnement géopolitique incertain et volatil […]».
- C’est précisément ce que cette mission entend démontrer par son itinéraire et par les moyens déployés. 300 aviateurs aux commandes de quatre Rafales, deux A400M et trois A300 MRTT relient l’Arctique, le Pacifique ainsi que le Proche et Moyen-Orient. Ces trois zones sont considérées comme particulièrement stratégiques, pour entretenir nos partenariats mais aussi pour réaffirmer notre présence en tant que « puissance d’équilibre ». Le lien avec l’hexagone est maintenu depuis la base aérienne 942 Lyon-Mont-Verdun par le Centre Air de planification et de conduite des opérations (CAPCODA) qui chapeaute l’exercice.
- En plus de matérialiser la présence de la France dans ces régions et sa capacité d’agir grâce à l’AAE, elle affiche aussi des objectifs connexes. Ainsi, les opérations menées au Groenland permettront de tester les capacités de l’AAE à opérer par grand froid. Elle représente aussi une occasion de réaffirmer nos partenariats aérospatiaux avec le Japon, la Corée du Sud et l’Indonésie. Par ailleurs, elle se greffera à d’autres missions d’entraînement organisées par nos partenaires, comme l’exercice TARANG SHAKTI sous l’égide de l’Inde et l’exercice franco-égyptien AMUN.
(TF1 INFO, Ministère des Armées)
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Afrique du Nord/Moyen-Orient
Israël: Benyamin Netanyahu aurait été averti d’une attaque à venir avant le 7 octobre 2023
Le 8 septembre 2026, le quotidien israélien Haaretz, historiquement critique à l’égard du Premier Ministre et de son gouvernement, a publié un reportage majeur signé par Shlomi Eldar et Ruth Yuval. Ils révèlent que quelques jours seulement avant le 7 octobre 2023, le général Abbas Kamel – le chef du renseignement égyptien – et surtout le cheikh Mohamed bin Zayed (MBZ) – Président des Émirats Arabes Unis – ont passé chacun un appel à Benyamin Netanyahou pour l’avertir d’une attaque imminente et à grande échelle de la part du Hamas. Au cours de l’appel de 45 minutes avec MBZ, ce dernier aurait expliqué au Premier Ministre Netanyahu que Yahya Sinwar, chef du Hamas à Gaza, était sur le point de provoquer un bain de sang qui déstabiliserait les Accords d’Abraham ainsi que l’ensemble de la région. Le chef du gouvernement, cependant, n’aurait pas averti les dirigeants de la sécurité israélienne : selon les journalistes, ni le chef du Shin Bet, ni le chef du Mossad, ni le chef d’état-major des Forces de défense israéliennes n’auraient jamais eu connaissance de l’existence de ces appels. Dans le rapport de Haaretz, des responsables du renseignement militaire s’accordent à dire que s’ils avaient été informés de l’alerte donnée par MBZ lui-même, la défense aurait été renforcée et les opérations auraient été menées différemment.
- Benyamin Netanyahu, de même que son parti, le Likoud, a immédiatement démenti le rapport et a chargé ses avocats d’engager des poursuites en diffamation contre Haaretz, Shlomi Eldar et Ruth Yuval. D’un autre côté, aucun communiqué émirati n’a encore démenti ces révélations et les avocats du Haaretz ont souligné la fiabilité du travail sur lequel repose l’article ainsi que son intérêt public primordial.
- Le rapport paraît à un mois et demi des élections à la Knesset, prévues le 27 octobre 2026, alors que l’actuel Premier Ministre semble distancé dans les sondages. D’ailleurs, quatre des figures majeures de l’opposition, Gadi Eisenkot, Naftali Bennett, Avigdor Lieberman et Yair Golan, se sont unies dans une déclaration conjointe pour demander l’ouverture d’une enquête et signaler l’inaptitude du gouvernement actuel à assurer son rôle.
- Le même jour (mardi 8 septembre), le Royaume-Uni, la France, le Canada et neuf autres pays européens ont annoncé des sanctions contre les produits issus des colonies illégales en Cisjordanie, renforçant l’isolement international israélien. Le ministre britannique Ed Miliband a justifié la mesure en accusant les colons d’« épuration ethnique » envers les Palestiniens.
(Haaretz, BBC, Al-Jazeera, Le Monde)
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RUSSIE/ NEI
Des navires russes se rendant en Syrie ont été repérés en Méditerranée après deux mois d’absence.
Trois navires russes, le cargo Sparta, le tanker General Skobelev et le destroyer Amiral Levchenko ont été identifiés le 7 septembre par l’agence Reuters dans le port syrien de Tartous. Ils avaient été repérés le 27 août traversant le détroit de Gibraltar. Leur suivi a ensuite été rendu difficile par la désactivation de leurs transpondeurs. Dans ce cadre, plusieurs forces européennes dont la marine italienne et la Royal Navy britannique ont été mobilisées pour surveiller le passage de la flottille russe en Méditerranée. Les dernières observations de bâtiments russes dans la région remontaient au 4 juin, ce qui fait de cette période la plus longue interruption de la présence maritime russe dans la région depuis 2015.
- Ces navires frappés de sanctions occidentales font partie d’un dispositif maritime appelé « Syrian Express », permettant à Moscou d’acheminer des fournitures militaires depuis la Russie jusqu’au port de Tartous. Ce réseau logistique a émergé durant l’intervention russe en Syrie en 2015.
- C’est la première fois que des navires russes accostent sur les côtes syriennes depuis l’accord signé le 9 août 2026 entre Damas et Moscou après la chute du gouvernement de Bachar al-Assad, allié historique de Vladimir Poutine. Les négociations ont défini un nouveau cadre devant amener une rétrogradation de la présence militaire russe en Syrie. L’accord vise notamment à faire passer sous contrôle syrien la base aérienne de Hmeimim et le quatrième quai commercial du port de Tartous tout en laissant subsister certaines infrastructures militaires russes qui doivent être transformées en « centres conjoints de formation » des forces syriennes.
- La présence navale russe en Méditerranée se fait de plus en plus rare du fait des sanctions européennes, du vieillissement de la flotte russe et de la récurrence des attaques de drones navals et aériens ukrainiens contre les navires russes en mer Noire.
(Euronews, Le Figaro, Le Monde, The Moscow Time)
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BITD
KNDS et ses partenaires polonais s’associent pour produire le canon 105 LG en Pologne
Le 10 septembre, en marge du salon MSPO 2026 à Kielce, en Pologne, KNDS a signé une lettre d’intention avec WB Electronics et AREX pour la fourniture, l’intégration locale et le soutien en service de son canon 105 LG. L’accord, qui n’est à ce stade encore qu’une déclaration d’intention, répond aux besoins spécifiques des unités d’assaut aérien et de la garde nationale polonaise. Le canon concerné, le 105 LG, est l’un des canons d’artillerie les plus légers au monde (1 650 kg), un atout qui facilite son transport par voie aérienne et son déploiement rapide, avec une portée de 17 km et une cadence de 6 coups en 15 secondes. Son cycle d’apprentissage court pour la maintenance garantit une disponibilité opérationnelle rapide et durable. Il est couplé au système TOPAZ, développé par WB Electronics (premier groupe privé de défense polonais), qui gère numériquement calculs balistiques, communications et surveillance. AREX, filiale de WB, contribuera au projet grâce à son savoir-faire dans les systèmes d’entraînement et de conduite de tir.
- L’accord ouvre la voie à une localisation en Pologne de la production de munitions ERG3, et plus largement à un partenariat sur les obus de 155mm, dont les capacités de production se développent actuellement en Europe. KNDS n’est d’ailleurs pas un nouvel entrant sur le marché polonais : l’entreprise assure déjà le maintien en condition opérationnelle ainsi que la modernisation des Leopard 2 polonais.
- Cet accord illustre une tendance de fond en 2026 : les industriels occidentaux cherchent à sécuriser leur accès au marché polonais par la localisation plutôt que par la simple exportation. Pour rappel, la Pologne est le pays de l’OTAN consacrant la plus grande part de son PIB à la défense (4,48% en 2025).
- Le choix des unités d’assaut aérien et de la garde nationale, en pleine expansion dans le cadre du plan visant 500 000 militaires d’ici 2039, correspond à un besoin de matériel léger plutôt que d’artillerie lourde, cohérent avec le profil du 105 LG.
(KNDS, Opex360, The Defence Post)
