Sciences Po Défense et Stratégie

Association étudiante

Veille stratégique – Février 2/2

AFRIQUE 

Le 39e sommet de l’Union africaine monopolisé par les questions sécuritaires

Les 14 et 15 février, le 39e sommet de l’Union africaine (UA) s’est tenu à Addis-Abeba. A cette occasion, le président burundais Évariste Ndayishimiye, ayant pris la présidence tournante de l’UA le 14 février, a annoncé la thématique annuelle de l’organisation panafricaine :« l’accès durable à l’eau et à des systèmes d’assainissement sûrs ». Les conclusions finales du sommet se concentrent néanmoins sur la situation sécuritaire du continent. L’ancien ministre des Affaires étrangères de Djibouti – entre 2005 et 2025 – et l’actuel président de la Commission, l’organe administratif de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a ainsi déclaré une tolérance zéro aux changements de pouvoir anticonstitutionnels et prioriser la lutte contre la prolifération des groupes terroristes au Sahel. L’UA semble souhaiter renforcer le dialogue avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) autour des enjeux sécuritaires posés par les noyaux terroristes liés à Al-Qaïda et à l’EI. 

  • Les déclarations de l’UA ont suscité de nombreuses critiques, en particulier au regard de « l’incohérence » vis-à-vis de sa dénonciation de prises de pouvoir anticonstitutionnelles au sein du continent, tout en priorisant la lutte antiterroriste dans ces mêmes États. L’ancien ministre malien Housseini Amion Guindo, membre de la Coalition des forces pour la République, a ainsi réagit : « L’Union africaine n’est pas constituée pour lutter contre le terrorisme, pour soutenir des régimes qui essaient de vivre de ce terrorisme ». D’autres critiques soulignent l’impuissance de l’UA face aux conflits qu’elle condamne, comme le relève Laetitia Bader, directrice pour la Corne de l’Afrique à Human Rights Watch : « Plusieurs fois, [l’UA] a appelé à la protection de la population, mais ses plans ne se sont jamais concrétisés ».
  • En septembre 2023, l’Alliance des États du Sahel (AES) – composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger – a été fondée en réponse à la menace d’intervention militaire de la CEDEAO au Niger, après la prise de pouvoir par la junte du 26 juillet 2023. Après plus d’un an et demi de tensions, l’AES affirme sa volonté de quitter la CEDEAO en décembre 2024, malgré la période de transition de sortie proposée jusqu’en juillet 2025 par l’organisation pour continuer les processus de médiation. L’organisation régionale a continué de renforcer son alliance au cours de l’année 2025 par l’inauguration d’une télévision et d’une radio communes, la mise en place d’une « Force unifiée » dotée de 5 000 hommes, ou encore par la création d’une Banque confédérale pour l’investissement et le développement, annoncée le 11 décembre 2025. 
  • Le 14 février, jour de début du sommet, une attaque contre le poste forestier de Tandjari, dans la province du Gourma (à l’est du Burkina Faso) a fait une quarantaine de morts. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a revendiqué les faits, ainsi que plusieurs autres attaques dans les jours précédant à Titao (province du Loroum), Naré, Bilanga, et Ouahigouya. 

(Le Monde, RFI, RFI, Le Monde, RFI)

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AMÉRIQUES 

Discours de Marco Rubio à la Munich Security Conférence (MSC)

Le 14 février 2026, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a pris la parole lors de la 62e Conférence de Munich sur la sécurité – organisée à Munich du 13 au 15 février sous la présidence de Wolfgang Ischinger. Devant des centaines de responsables politiques et experts internationaux, les débats ont porté sur la sécurité européenne, l’avenir du lien transatlantique, les conflits régionaux, la rivalité avec la Chine, les négociations nucléaires avec l’Iran et la guerre en Ukraine. Dans ce contexte tendu, Rubio a livré un discours mêlant volonté d’apaisement et fermeté stratégique. 

  • Rubio a déclaré que l’Europe et les États-Unis « sont ensembles » (belong together), soulignant des liens historiques et stratégiques durables. Il a voulu rassurer les dirigeants européens en réaffirmant l’engagement américain envers ses partenaires de longue date. Il a toutefois insisté sur la nécessité pour les États européens d’augmenter leurs dépenses de défense et d’assumer davantage leur propre sécurité, estimant que le partenariat a un coût et doit être plus équilibré.
  • Son intervention a reflété les priorités de l’administration Trump II, avec des critiques envers certaines politiques européennes et une mise en avant du leadership américain face aux menaces internationales, qu’il s’agisse de l’Iran ou des réseaux criminels en Amérique latine. L’Ukraine n’a été mentionnée que brièvement, surtout pour souligner le rôle de Washington dans la recherche de négociations. 
  • Le président français Emmanuel Macron a rappelé que l’Europe devait se préparer à renforcer son autonomie stratégique et ne pas dépendre exclusivement des États-Unis pour sa sécurité. De son côté, le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte a souligné que les liens transatlantiques restaient essentiels et plus solides que jamais, appelant à préserver l’unité face aux défis communs.

(The Guardian, US Department of State, Munich Security Conference 2026, Catham House, BBC)

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ASIE

Potentiel essai nucléaire : les questions autour de l’arsenal nucléaire chinois subsistent

Mardi 17 février, Christopher Yeaw – le secrétaire d’État adjoint américain au contrôle des armements, à la non-prolifération et à la stabilité stratégique – a révélé de nouveaux éléments sur l’essai nucléaire chinois qui aurait été mené secrètement en juin 2020. Il rapporte que la station sismique PS23, exploitée par l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE) et située au Kazakhstan, a mesuré une « explosion » d’une magnitude de 2,75. Celle-ci proviendrait du site d’essais chinois de Lob Nor (罗布泊) dans la région du Xinjiang, à environ 720 km de la station. Le secrétaire exécutif de l’OTICE, Robert Floyd, s’est montré néanmoins plus prudent en déclarant que les seules données disponibles ne permettent pas d’établir avec certitude la nature et la cause de l’événement. La Chine a quant à elle réfuté ces accusations et accusé les États-Unis de chercher un prétexte pour justifier une éventuelle reprise de leurs propres essais nucléaires.

  • Le 6 février, le sous-secrétaire d’État américain chargé du contrôle des armements, Thomas DiNanno, a déclaré que « le gouvernement américain sait que la Chine a mené des essais nucléaires explosifs […] le 22 juin 2020 ». Cette annonce intervient alors que Donald Trump ne semble pas souhaiter renouveler le traité New START, préférant promouvoir un accord « nouveau, amélioré et modernisé » avec Pékin. La Chine a cependant toujours refusé de s’engager dans un tel cadre, arguant que son arsenal demeure nettement inférieur à ceux des États-Unis et de la Russie.   
  • Si l’OTICE a indiqué qu’elle ne disposait pas de données suffisantes pour confirmer avec certitude les allégations de Yeaw, ce dernier a affirmé que la Chine aurait tenté de dissimuler cet essai en faisant exploser le dispositif à l’intérieur d’une grande chambre souterraine – afin de réduire l’amplitude des ondes sismiques.
  • Le 12 février, Li Song (李松), représentant permanent de la Chine auprès du Bureau des Nations unies à Vienne – siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) –, a déclaré que « les accusations portées contre la Chine concernant des essais nucléaires sont totalement dénuées de fondement ».
  • Sur fond de tensions liées à ce potentiel essai nucléaire, le New York Times met en lumière la montée en capacité chinoise. Le 15 février, le journal a publié un article portant sur deux sites nucléaires, situés respectivement dans les vallées de Zitong (梓潼) et de Pingtong (平通) dans la province du Sichuan. Entre 2020 et 2026, de nouveaux bunkers et remparts ainsi qu’un nouveau complexe doté de nombreux conduits ont été construits sur le site de Zitong, suggérant que des matières hautement sensibles y sont manipulées. Le site de Pingtong apparaît quant à lui en expansion et sa cheminée de ventilation semble avoir été rénovée. L’infrastructure est soupçonnée d’être utilisée pour la fabrication de cœurs de plutonium destinés à des ogives nucléaires. Il convient cependant de rester prudent : certaines des modifications récentes peuvent simplement refléter des mises aux normes en matière de sécurité.

(Reuters, The Washington Post, Xinhua NetThe New York Times)

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EUROPE 

MSC : la volonté d’autonomie européenne à l’aube du désengagement des États-Unis

Du 13 au 15 février, les hôtels munichois Bayerischer Hof et Rosewood ont accueilli la 62e Conférence de Munich sur la sécurité, réunissant plus de 50 chefs d’État et de gouvernement ainsi que 150 ministres. Les échanges ont mis en lumière les divergences européennes face au désengagement progressif des États-Unis. Plusieurs dirigeants ont exprimé des positions contrastées sur la sécurité européenne, l’Arctique, la dissuasion nucléaire et le soutien à l’Ukraine. Tandis que certains responsables ont réaffirmé l’importance du lien transatlantique, d’autres ont insisté sur la nécessité pour l’Europe de renforcer son autonomie stratégique, notamment dans les domaines de la défense et de l’industrie militaire.

  • La conférence a illustré une fracture croissante entre les partisans du maintien d’un ancrage fort avec Washington et ceux appelant à une autonomie stratégique européenne accrue. Les échanges entre dirigeants français, allemands et britanniques ont révélé des divergences sur les moyens et le rythme de cette émancipation, notamment en matière de dissuasion nucléaire et de capacités conventionnelles.
  • Depuis le discours de Vladimir Poutine en 2007, la Conférence de Munich s’est imposée comme un baromètre des mutations de l’ordre international. Les prises de position récentes s’inscrivent dans la continuité de la remise en cause de l’ordre multilatéral fondé sur des règles, accentuée par le retrait progressif des États-Unis de certains engagements sécuritaires.
  • L’Europe fait face à un double défi : renforcer ses capacités de défense tout en préservant l’unité politique entre États membres. Les débats sur le financement commun de la défense, la réduction des dépendances stratégiques et la redéfinition du rôle de l’OTAN seront déterminants pour la crédibilité de l’autonomie stratégique européenne à moyen et long terme.

(BBC, BBC, BBC, BBC, BBC, Bundesregierung, The New York Times, Elysée)

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FRANCE

La volonté d’augmenter le format des principaux équipements demeure au sein des armées

À l’occasion de la conférence navale de Paris tenue début février, le chef d’état-major des armées, le général Mandon, a déclaré que « [l’]on a aujourd’hui un nombre de bâtiments [de la Marine nationale] qui est insuffisant et des quantités de missiles embarqués qui sont également insuffisantes ». Cette position reprend une alerte ancienne selon laquelle le format théorique de la Marine nationale à quinze frégates dites de premier rang, risquerait de ne pas permettre d’assurer les missions qui lui sont confiées – notamment dans la perspective de combats navals avec des compétiteurs stratégiques modernisant leurs moyens en la matière. 

  • Cette déclaration est prononcée dans le contexte de l’actualisation de la LPM 2024-2030, qui consécutivement aux déclarations du Président de la République du 13 juillet 2025, entend accroître le budget des Armées au-delà des augmentations planifiées en 2024 par le biais de “surmarches” budgétaires. La première de ces “surmarche” a finalement été adoptée par la représentation nationale lors du passage du budget le 2 février 2026, modulo une réduction de 250 millions d’euros sur les 3,5 milliards de “surmarche” annoncés initialement.
  • Il est régulièrement mentionné que le format jugé adéquat par l’état-major de la Marine nationale devrait être de ≥18 frégates de premier rang, afin de disposer de marges de manœuvre opérationnelles pour assurer des déploiements lointains réguliers. Une position soutenue par le ministre des armées d’alors, Sébastien Lecornu, début 2025. L’actuelle atteinte de la majorité des objectifs de mission assignés à la Marine avec un format à 15 frégates étant le résultat d’un effort intensif de disponibilité des bâtiments (environ 80% du temps).
  • Lors de l’annonce de l’actualisation à la hausse des crédits de la LPM, parmi les opinions en faveur d’un accroissement du nombre des principaux matériels, le nombre d’appareils de combat Rafale était également revenu dans le débat fin 2025. Le chef d’état-major de l’Armée de l’air et de l’espace souhaitant le passage d’un format prévu de 185 à 230 appareils à terme.
  • Si le contexte de l’actualisation de la LPM semble propice à ce que chaque armée promeuve l’accroissement de ses principaux matériels, le discours du Président de la République prononcé à Istres en janvier 2026 flèche pourtant ces “surmarches” vers trois autres domaines : les stocks de munitions, la défense antiaérienne et « l’accroissement de la souveraineté » (exemples : programmes de moyens spatiaux ou de feu dans la profondeur) auxquels se sont ajoutés les crédits du nouveau Service National Volontaire.

(Présidence de la République, Opex360, TF1, Vie Publique, Mer & Marine)

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Moyen-Orient/Afrique du Nord

L’Iran débute un exercice militaire dans le détroit d’Ormuz

L’Iran a lancé un exercice militaire dans le détroit d’Ormuz le 16 janvier, la veille du début d’une nouvelle série de pourparlers sur le programme nucléaire iranien avec les États-Unis, à Genève. Selon la télévision iranienne, cet exercice – intitulé « Contrôle intelligent du détroit d’Ormuz » –  est conduit par la Marine du Corps des gardiens de la Révolution islamique d’Iran (CGRI), sous la supervision du commandant en chef du CGRI, le général de division Mohammad Pakpour. Il inclut des manœuvres de renseignement ainsi que des entraînements opérationnels. Selon un communiqué du CGRI, cet exercice a pour objectif de mesurer la capacité de réaction des forces iraniennes face aux « complots et menaces portant atteinte à la sécurité dans le domaine maritime » dans le Golfe Persique et la mer d’Oman. La durée de l’exercice n’a pas été précisée. 

  • Donald Trump a annoncé le 13 février le déploiement du porte-avions USS Gerald Ford dans la zone, alors qu’un premier porte-avion, l’USS Abraham Lincoln, y est déjà depuis janvier. Le lancement de l’exercice dans le détroit d’Ormuz la veille de la reprise des négociations avec Washington et l’annonce le 19 février d’opérations maritimes conjointes entre l’Iran et la Russie révèlent une posture défensive, voire de riposte, de la part de Téhéran face à l’accentuation de la pression militaire américaine.
  • Cette seconde session de pourparlers après la guerre de douze jours (la première ayant eu lieu le 6 février à Oman) souligne une volonté des deux parties de poursuivre les efforts diplomatiques. Bien que cela puisse paraître contradictoire face aux attitudes militaires belligérantes des deux camps, cela s’inscrit dans la continuité de ces dernières semaines. Une issue diplomatique à ces tensions demeure la solution la plus profitable pour les deux côtés. Néanmoins, les désaccords persistent faisant craindre des actions militaires. 
  • Israël est également un acteur majeur dans le dossier iranien. En effet, les israéliens ont partagé du renseignement concernant les programmes nucléaires et balistiques iraniens fin janvier, et des responsables israéliens et américains se seraient accordés récemment pour intensifier leur stratégie de « pression maximum » (mise en place de nouvelles sanctions) pour contraindre le régime à renoncer à l’enrichissement de l’uranium.  Le fils de l’ancien chah d’Iran, Reza Pahlavi, exilé aux États-Unis, a également appelé à un renversement du régime, et a plaidé le 16 février auprès de la communauté internationale, et notamment des États-Unis pour une intervention militaire en Iran. 
  • L’établissement de sanctions et le refus de concession des Iraniens à cause de celles-ci forment un cercle vicieux qui risque de prolonger le statu quo, sans avancées notables. Israël risque ainsi de perdre patience, de pousser Washington à mener des frappes sur le sol iranien, voire de mener lui-même des frappes. En effet, Trump a indiqué à Benjamin Netanyahou en décembre qu’il appuierait une action militaire israélienne en l’absence d’accord. La question qui se pose donc est de savoir quel délai Washington va-t-il accorder à Téhéran pour parvenir à un accord sur son programme nucléaire avant d’utiliser la force, et si les pressions extérieures joueront un rôle dans la prise de décision américaine. 

(IRNA, BFMTV, Le Monde, France24, i24 news, i24 news, Le Monde, Taghrib News)

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RUSSIE/ NEI

Négociations à Genève entre la Russie, l’Ukraine et les États-Unis

Mardi 17 et mercredi 18 février, des représentants russes, ukrainiens et états-uniens se sont entretenus à Genève, dans le cadre de négociations trilatérales. Andrii Sybiha, ministre des Affaires étrangères ukrainien, a d’ores et déjà annoncé qu’un accord pour de prochaines négociations avait été conclu entre les trois parties : « L’objectif de la partie ukrainienne est de maintenir un fort rythme du processus de négociation et d’accélérer au maximum les efforts de paix. » a-t-il déclaré, aux côtés de la ministre des Affaires étrangères autrichienne, Beate Meinl-Reisinger. Toutefois, ces négociations n’ont pas pu aboutir à des accords concrets. Elles ont même été écourtées. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky assurait dans un entretien avec l’agence Kyodo News, que l’Ukraine était « prête » à faire des compromis dans le cadre de négociations. Cependant, suite aux exigences russes dans ce processus, le président assure que son pays n’est pas disposé à « recevoir sans cesse des ultimatums de la part des Russes. ». 

  • Malgré l’absence de victoires stratégiques russes sur le champ de bataille, le Kremlin maintient d’exigeantes revendications territoriales en Ukraine. Volodymyr Zelenski refuse catégoriquement de céder aux « ultimatums » russes : « Nous sommes prêts à accepter des compromis qui respectent la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, notre armée, notre peuple et nos enfants. Mais nous ne sommes pas prêts à accepter des ultimatums »
  • Ainsi, le commandant de la garde nationale ukrainienne, Oleksandr Pivnenko réassurait la détermination de Kyiv à reconquérir les territoires perdus depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine : « Nous avons perdu trop de notre population et de nos territoires pour juste arrêter et les céder » déclare-t-il à la BBC. Selon lui, l’Ukraine et ses soldats peuvent encore tenir tête à l’armée russe pendant plusieurs années, bénéficiant de la connaissance du terrain, d’une capacité d’innovation et d’un soutien majeur de la part d’un bon nombre de pays occidentaux : « Nous pouvons encore nous battre pendant quelques années, à 100 % ».
  • Les négociations de Genève ont également permis aux diplomates américains et russes de discuter de potentiels investissements américains en Russie. La Maison Blanche souhaiterait mettre fin au conflit le plus rapidement possible afin de pouvoir réaliser d’importants « deals » avec la Russie. Enjeu à la fois économique et électoral, le président Donald Trump a chargé Steve Witkoff et Jared Kushner de négocier un partenariat économique entre les deux pays, en échange d’un allégement des sanctions américaines. Côté russe, Sergueï Riabkov, vice-ministre des affaires étrangères, a assuré le 16 février que la normalisation des relations diplomatiques Russie / États-Unis constituait une « priorité » pour le Kremlin. Kirill Dmitriev, responsable du fonds souverain russe, chargé des négociations avec les Etats-Unis, cherche à attirer les entreprises américaines grâce aux quantités importantes de ressources présentes sur le territoire de la Russie.

(Le Monde, BBC , Le Monde, France Info)

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BITD

La DGA annonce l’achat d’obus SHARD pour le char Leclerc 

Le 17 février 2026, la DGA a notifié KNDS Ammo France de l’achat de plusieurs milliers de munitions SHARD (Solution for Hardened Armour Defeat) de 120 millimètres, compatibles avec le char Leclerc. Cette commande estimée à plus de 100 millions d’euros prend la forme d’un programme pluriannuel en collaboration avec Eurenco qui permettrait d’effectuer les premières livraisons dès 2029. 

  • L’obus SHARD est un APFSDS (Armor-Piercing Fin-Stabilized Discarding Sabot), un obus reconnaissable par son profil en « flèche », lui donnant une forme distinctive et surtout une capacité pénétrante accrue. Plutôt que de contenir une charge explosive, l’obus mise sur sa pointe qui permet de concentrer la pression à l’impact sur une surface réduite et ainsi de percer plus efficacement le blindage d’un adversaire. La munition serait ainsi particulièrement précise et pourrait frapper des cibles de 2500 à 4000 mètres de distance. Il serait aussi particulièrement commode pour l’entretien des tubes en provoquant beaucoup moins d’usure qu’un obus classique.
  • Le SHARD vise à remplacer la génération précédente d’obus antichar, dont la munition F1, actuellement utilisée sur les chars Leclerc fait partie. Son indice de pénétration serait 15 % supérieur à celui du F1.
  • La munition est aussi compatible avec le char allemand Leopard 2 et laisse poindre une vague européenne de remise à niveau en la matière.

(Forum militaire, Theatrum Belli, KNDS, European Defence Review

Comité de rédaction

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