Sciences Po Défense et Stratégie

Association étudiante

Veille stratégique – Mars 1/2

AFRIQUE

Le président malgache de transition enchaîne les visites d’État à Moscou et Paris 

En février 2026, le président malgache de transition, le colonel Michaël Randrianirina, a entamé une tournée diplomatique qui l’a conduit successivement à Moscou puis à Paris, marquant une phase nouvelle dans la reconfiguration des relations extérieures de Madagascar. La visite à Moscou le 19 février 2026 a été le point d’orgue de ce repositionnement.Vladimir Poutine, Président de la fédération de Russie, a reçu Michaël Randrianirina au Kremlin, saluant Madagascar comme un « partenaire important » pour la Russie en Afrique, tandis que des engagements de coopération politique, économique et sécuritaire ont été soulignés. Quelques jours après, Randrianirina s’est rendu à Paris où il a été reçu par le président Emmanuel Macron, marquant une normalisation et un renouvellement du partenariat historique entre Madagascar et la France, y compris dans les domaines politique et de sécurité. 

  • Le contexte régional et géopolitique malgache connaît une accélération notable. Suite au coup d’État militaire d’octobre 2025, Madagascar tente de repositionner ses alliances stratégiques. La succession de visites au Kremlin puis à l’Élysée traduit une volonté d’équilibrer ses relations avec Moscou et Paris, tout en cherchant à renforcer sa souveraineté et la diversification de ses partenariats internationaux.
  • À Moscou, la coopération sécuritaire s’est accentuée. La Russie a progressivement intensifié son soutien à Madagascar depuis fin 2025. Cette dynamique a été présentée par les autorités malgaches comme un signe de coopération renforcée dans des domaines stratégiques, y compris la sécurité intérieure et la gestion des crises. 
  • La visite à Paris vise à revitaliser une relation historique. Six jours après Moscou, Randrianirina a été reçu à Paris dans le cadre d’un dialogue bilatéral visant à renouveler les liens politiques, économiques et sécuritaires. Paris a réaffirmé son soutien à la transition politique malgache et à l’organisation d’élections démocratiques, tout en proposant des axes de coopération structurée comprenant des volets de développement économique et de sécurité partagée dans l’océan Indien. 
  • Madagascar adopte une diplomatie de l’équilibre. En multipliant les contacts de haut niveau avec Moscou puis Paris, Antananarivo semble chercher à gérer une concurrence géopolitique accrue dans l’océan Indien, où la Russie cherche à étendre son influence tandis que la France entend maintenir des liens solides avec ses partenaires traditionnels. 
  • La France et la Russie ont réagi de manière contrastée au coup d’État militaire qui a porté le colonel Michaël Randrianirina au pouvoir. Le président Macron a exprimé sa « profonde préoccupation », appelant au respect de l’ordre constitutionnel et de l’État de droit, tout en réaffirmant la relation d’amitié entre la France et le peuple malgache et la nécessité d’éviter toute exploitation de la crise par des forces externes. Paris a également souligné qu’il n’entendait pas intervenir militairement sur l’île, malgré l’exfiltration du président déchu par un avion militaire français dans les premiers jours de la crise.

(Jeune Afrique , Le Monde, LSI Africa , Africa News)

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AMÉRIQUES 

Le Sénat et la Chambre des représentants confortent le président Trump dans le déclenchement des opérations militaires contre l’Iran.

Les dernières opérations militaires menées par les États-Unis au Moyen-Orient et au Venezuela sont le fait de décisions prises unilatéralement par l’exécutif. Le mercredi 4 mars au Sénat et le jeudi 5 mars à la Chambre des représentants, des résolutions visant à obliger le président à obtenir l’aval du Congrès avant de poursuivre la guerre menée contre Téhéran ont été rejetées.

  • La constitution américaine prévoit que le Congrès décide du déclenchement de la guerre tandis que la présidence décide de la conduite des opérations militaires. Cette répartition est mise à mal par la pratique : l’exécutif a tendance à déclencher unilatéralement l’envoi des forces armées, et ce depuis la Guerre de Corée (1950-1953). La « War Powers Resolution » votée par le Congrès en 1973 entend clarifier les cas où le président est habilité à prendre cette décision. Elle prévoit deux situations identifiables légalement : si le Congrès déclare la guerre ou si une loi d’autorisation spéciale est votée, le président est alors naturellement autorisé à prononcer l’envoi de troupes. Elle prévoit aussi un troisième cas, si le pays subit une attaque qui constitue une urgence nationale, le président est alors aussi habilité à envoyer des troupes. La qualification de ce troisième cas reste floue et est le cœur du débat mené dans les deux chambres. 
  • Selon le sénateur démocrate Tim Kaine, aucun élément ne laisse penser que l’Iran constitue une « menace imminente ». Bien que ce point de vue ait aussi été défendu par certains républicains, comme le représentant Thomas Massie, la majorité affiche sa fidélité au président Trump. Le président républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, est même allé jusqu’à déclarer que « l’idée que nous retirions ce pouvoir à notre commandant en chef, le président, de finir le boulot est une perspective effrayante pour moi ».
  • Ce soutien inconditionnel de la majorité présidentielle conforte Donald Trump dans la poursuite des opérations et dans son projet de centralisation du pouvoir autour de l’exécutif. Il y a quelques mois, en mai 2025, il dissolvait le Conseil de sécurité nationale (CSN), chargé d’apporter un avis forgé par des experts sur la situation sécuritaire du pays et les potentielles menaces à l’international. Un tel organe aurait pu nuancer la qualification de « menace imminente », qui est pour l’heure le seul fait du président. Ces votes entrent en résonance avec cette tendance centralisatrice.

(RFI, Le Monde, France 24)

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ASIE

Frappes aériennes à Kaboul : signe d’une détérioration sans précédent des relations afghano-pakistanaises

Dans la nuit du 26 au 27 février, le ministre de la défense pakistanais, Khawaja Muhammad Asif, a déclaré que le Pakistan était désormais en « guerre ouverte » avec les talibans afghans. Peu après, le Pakistan a mené des frappes aériennes contre plusieurs cibles « de la défense talibane afghane » à Kaboul, à Kandahar, et dans la province de Paktiya, dans le sud-est du pays. Selon Islamabad, ces attaques répondent à une offensive afghane lancée à la frontière des deux pays contre des installations militaires pakistanaises, qui seraient elles-mêmes une réponse à des frappes menées par Islamabad le 22 février. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, 56 civils afghans, dont 24 enfants, ont été tués dans les frappes du 27 février, tandis que 129 autres ont été blessés. L’ONU estime également que 66 000 personnes ont été déplacées. Les pertes militaires sont difficilement vérifiables, alors que les deux côtés affirment avoir atteint l’ennemi sans que leur propre armée ne subisse de conséquences notoires. 

  • Le ministre de la Défense pakistanais a affirmé le 26 février que « [leur] patience a atteint ses limites ». En effet, bien que ces tensions entre Kaboul et Islamabad soient d’une intensité nouvelle, elles s’inscrivent dans un contexte d’hostilités accrues depuis la prise du pouvoir par les talibans en août 2021. En octobre 2025, des échanges de tirs avaient notamment fait 70 morts. Un cessez-le-feu, négocié par le Qatar et la Turquie, avait permis l’interruption des combats, sans que cela permette un accord durable. 
  • Le Pakistan accuse le pouvoir afghan d’offrir un refuge aux talibans paksitanais, le Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), qui lancent de nombreuses attaques terroristes sur le sol paksitanais depuis l’Afghanistan, notamment dans la région du Baloutchistan. Ces attaques se sont intensifiées en 2025, avec des attaques quasi-quotidiennes de la part du TTP, et d’autres groupes séparatistes baloutches. L’Afghanistan nie ces accusations. Les cycles de violences se poursuivront très probablement, alors que le pouvoir taliban ne compte pas prendre de mesures concrètes pour lutter contre les groupes terroristes qui se trouvent sur son territoire. 
  • Ces frappes pakistanaises ont eu lieu la veille des frappes israéliennes et américaines contre l’Iran, et révèlent les intéractions entre ces différents théâtres d’opérations. Donald Trump a appelé les minorités iraniennes, dont les Baloutches, à se révolter contre le régime, alors que l’Armée de libération du Baloutchistan (ALB) mène des attentats contre le régime iranien depuis le début des années 2010. Tandis que Téhéran accuse Islamabad de ne pas être assez ferme avec les groupes baloutches, le Pakistan accuse l’Iran de soutenir directement le souhait de séparatisme baloutche au Pakistan. Si les Baloutches venaient à jouer une place dans un éventuel renversement du régime iranien, cela pourrait encourager les groupes baloutches au Pakistan et en Afghanistan à intensifier leurs actions en faveur de leur indépendance, et contre le statu quo. 

(Le Monde , UN News, Le Grand Continent, BFM TV)

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EUROPE

Guerre en Iran : tensions entre Pedro Sanchez et Donald Trump

Le 2 mars, la ministre de la défense espagnole, Margarita Robles, a annoncé le refus du pays d’apporter « un soutien militaire » dans le cadre de l’offensive israélo-américaine lancée contre l’Iran le 28 février. Cette décision concerne principalement deux bases militaires à usage conjoint situées sur le territoire espagnol, à Moron de la Frontera (base aérienne) et à Rota (base navale), en Andalousie. Margarita Robles a en effet conditionné l’application de l’accord bilatéral régissant l’utilisation de ces bases au « cadre de la légalité internationale » qui selon le gouvernement espagnol a été violé. Cette annonce a entraîné un durcissement des relations diplomatiques entre les deux pays: Donald Trump ayant menacé de « cesser tout commerce avec l’Espagne ». Le 4 mars, la Commission européenne a déclaré être « solidaire de tous les États membres et de leurs citoyens » et être « prête à réagir ». 

  • À la suite de ces annonces, les États-Unis ont déplacé une quinzaine d’avions ravitailleurs KC-135 déployés sur les bases espagnoles vers la base aérienne de Ramstein, en Allemagne. 
  • Le président américain a également rappelé le refus de Madrid de souscrire à l’engagement collectif des membres de l’OTAN de consacrer 5 % de leur produit intérieur brut à leur sécurité. L’application d’un « embargo » sur un seul pays membre de l’UE – probablement préférée à l’imposition de droits de douane, dont une large partie a été annulée par la décision Learning Ressources Inc. v. Trump rendue le 20 février 2026 – reste cependant conceptuelle.
  • Pedro Sanchez a défendu sa position le 4 mars par une déclaration télévisée dans laquelle il a mentionné le respect du droit international, la naïveté de « croire que la violence est la solution » et la répétition des « erreurs du passé » en relation avec le conflit irakien, qui a « provoqué une forte hausse du terrorisme, ainsi qu’une grave crise migratoire et économique ». L’Espagne, qui avait d’abord soutenu les forces armées américaines dans le conflit irakien, s’était finalement retirée de la coalition en mars 2004 à la suite des attentats de Madrid du 11 mars 2004 et du résultat des élections législatives ayant propulsé le socialiste José Luis Rodríguez Zapatero à la tête du gouvernement. 

(Toute l’Europe, Le Monde)

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FRANCE

Déplacement présidentiel sur la base de l’Île-Longue et allocution sur la dissuasion nucléaire 

Dans l’enceinte de la base navale de la Force Océanique Stratégique (FOS) de l’Île-Longue dans le Finistère, le Président de la République a prononcé le 2 mars 2026 un discours traitant de la « doctrine » nucléaire française. Emmanuel Macron suivait en cela une pratique traditionnelle sous la Ve République, voulant que chaque mandat présidentiel soit l’occasion d’une déclaration solennelle sur le sujet. Le Président de la République a annoncé plusieurs changements significatifs. Parmi eux, l’accroissement de la taille maximale de l’arsenal des têtes nucléaires, au delà du seuil actuel de 300 têtes ; la possibilité de « dilution » (stationnement temporaire) des forces de frappe aéroportées sur le territoire de partenaires européens ; ou encore la mise en avant d’une « dissuasion avancée » avec une envergure européenne. 

  • Les décisions liées à son déploiement ou son usage demeurent exclusivement françaises. Une coopération intergouvernementale – aboutissant éventuellement par des exercices – doit toutefois être mis en place avec les Etats volontaires, que sont à date la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark, l’Allemagne et le Royaume-Uni (la Norvège a aussi manifesté son intérêt postérieurement au discours).
  • En plus du concept de « dissuasion avancée » – qui remplace l’usage par le Président de celui de « dissuasion holistique » utilisé lors de la Conférence pour la sécurité de Munich en février 2026 – celui « d’épaulement conventionnel » a été mis en avant. Il vise à désigner une forme de gradation de la dissuasion par le déploiement de moyens militaires conventionnels avant un éventuel usage du feu atomique et/ou au bénéfice de l’efficacité de celui-ci. Historiquement le discours politico-militaire français est réticent depuis les années 1990 à parler de « dissuasion conventionnelle ».
  • L’augmentation de l’arsenal de têtes atomiques déployées n’a pas fait l’objet de plus de précisions quant au nombre et à leur vecteur. Toutefois, les débats internes aux institutions laissent les options ouvertes entre l’augmentation des vecteurs aéroportés (futur missile de croisière stratégique ASN4G), ou l’augmentation de quatre à six du nombre de Sous-Marins Lanceurs d’Engins (SNLE) à l’occasion de la mise en chantier de la futur classe SNLE 3G – désormais baptisée classe L’Invincible. Cette dernière option est notamment soutenue par le rapporteur budgétaire de la Marine, le député Yannick Chenevard. Le retour d’un vecteur nucléarisé au sein de l’Armée de Terre en succession des systèmes Pluton et Hadès – désaffectés avant la fin des années 1990 – n’est en revanche pas encore évoqué.

(Elysée, Elysée [YouTube], France Culture, Fondation pour la Recherche Stratégique, Le Marin)

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 MOYEN-ORIENT/ AFRIQUE DU NORD

Guerre en Iran : la rupture stratégique au Moyen-Orient

Le déclenchement du conflit le 28 février 2026 marque une rupture systémique dans l’équilibre des puissances au Moyen-Orient. En l’espace d’une semaine, l’architecture de sécurité régionale est passée d’une stratégie d’usure hybride par proxies à une confrontation frontale. Cette crise redéfinit les rapports de force en faveur de l’axe israélo-américain, tout en imposant une pression existentielle sur le régime de Téhéran, confronté à l’exigence de « capitulation sans condition » formulée par le président Trump. L’opération « Fureur Épique », orchestrée par le US Central Command (Centcom) et Tsahal, a privilégié la décapitation politique et la paralysie de la chaîne de décision en ciblant dès son commencement le Guide Suprême Ali Khamenei et le haut commandement iranien.

  • La coordination entre Washington et Jérusalem renforce fortement leur efficacité militaire. Cette coopération a affaibli le système de défense iranien en appliquant une stratégie d’usure progressive et organisée.
  • La France maintient une doctrine de « nation-cadre » visant à garantir la souveraineté de ses partenaires du Golfe (EAU, Qatar, Koweït) face à la déstabilisation régionale. Dès le 3 mars 2026, Paris a activé ses leviers militaires pour prévenir toute contagion du conflit vers les infrastructures critiques de ses alliés. Le porte-avions Charles de Gaulle et son escorte opèrent en Méditerranée. Ce positionnement permet un signalement stratégique de soutien sans engager la France dans l’offensive directe, tout en protégeant les approches de Chypre où la frégate Languedoc est déployée. L’interception de drones iraniens par les forces françaises, justifiée par la légitime défense des partenaires, confirme la crédibilité opérationnelle de Paris.
  • La géographie de la logistique est le véritable centre de gravité de cette guerre. L’utilisation des bases aux Émirats arabes unis et en Jordanie est indispensable à la durabilité des opérations de l’axe israélo-américain, ce qui place ces États dans une vulnérabilité politique extrême. À Téhéran, le Triumvirat de transition, par la voix de Gholamhossein Mohseni Ejei, a annoncé détenir des preuves de la mise à disposition de ces bases pour des agressions contre l’Iran.
  • L’Iran privilégie une stratégie qui consiste à saturer les défenses adverses et impacter l’économie mondiale. Cette rhétorique vise à fragmenter la coalition en menaçant directement la survie économique des monarchies pétrolières. L’efficacité des drones Shahed, bien que tactiquement limitée par des taux d’interception élevés, impose un coût financier disproportionné aux défenseurs.

(Le Monde, Franceinfo, Ministère des armées, Liberation)

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RUSSIE/ NEI

Moyen-Orient et Ukraine : les répercussions d’une guerre sur l’autre

Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire conjointe visant à l’élimination des principaux dirigeants de la République islamique d’Iran et du Corps des gardiens de la révolution islamique, incluant le guide suprême. Le déclenchement de cette nouvelle guerre au Moyen-Orient n’est pas sans conséquence sur le déroulement de la guerre en Ukraine, entrant dans sa cinquième année.

  •  Le président ukrainien Volodymyr Zelenski a exprimé son soutien aux frappes menées par les États-Unis et Israël visant l’Iran, qui est un allié stratégique de la Russie dans l’invasion de l’Ukraine. Il souligne notamment l’importante quantité de drones kamikazes Shahed iraniens utilisés par les forces armées russes pour frapper l’Ukraine, plus de 57 000. « La situation au Moyen-Orient montre à quel point il est difficile d’offrir une protection à 100% contre les missiles et les Shahed. Tout le monde voit maintenant que notre expérience en défense est largement irremplaçable » déclare le président ukrainien, avant d’ajouter que l’Ukraine était prête à « à partager cette expérience » avec ses alliés impliqués dans cette nouvelle guerre au Moyen-Orient. Le premier ministre britannique Keir Starmer a également fait des déclarations allant dans ce sens, en annonçant que son pays allait « réunir des experts d’Ukraine, ainsi que nos propres experts, pour aider les partenaires du Golfe à abattre des drones iraniens qui les attaquent. »
  • Toutefois, cette guerre mettant à mal la production d’armement iranienne risque de ne pas enrayer l’industrie russe, qui a relocalisé la production de drones de type Shahed sur son territoire, sous le nom de « Geran » (Герань) en y intégrant de nouvelles technologies (Geran-3 doté d’un turboréacteur Tolou-10/13 ; amélioration de la portée maximale, de la charge militaire et ajout de capacités air-air sur les Geran-4 et Geran-5).
  • « Malheureusement pour l’Ukraine, la guerre en Iran aura un impact négligeable sur les capacités de frappe de la Russie », a déclaré à Euronews John Hardie, directeur adjoint du programme Russie à la Fondation pour la défense des démocraties. De plus, le directeur adjoint souligne le risque pour l’Ukraine de venir à manquer de moyens de défense antiaérienne, particulièrement de système de missiles sol-air MIM-104 Patriot, dotés de PAC-2 et PAC-3. L’intensité de la guerre au Moyen-Orient risque de pousser Washington à limiter l’aide opérationnelle à l’Ukraine. Le président lituanien Gitanas Nausėda a écrit sur X à la suite d’un appel téléphonique lundi dernier avec son homologue estonien, qu’ils avaient « convenu que la crise au Moyen-Orient ne devait pas détourner l’attention de la communauté internationale de la guerre en cours de la Russie contre l’Ukraine ».

(Kyiv Independant, Les Echos, Institute for Strategic Studies,  EuroNews )

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BITD 

Le programme SCAF de nouveau au point mort

Le projet européen de Système de combat aérien du futur (SCAF), lancé en 2017 par la France et l’Allemagne, rejoint par l’Espagne dans un deuxième temps, connaît de nouvelles difficultés. La coopération industrielle entre Dassault Aviation et Airbus semble profondément fragilisée. Le dirigeant de Dassault a pris la parole publiquement au début du mois de mars afin de signifier son mécontentement quant à la position d’Airbus.  Les tensions prennent leur source dans le partage des tâches et de la conduite technique du programme entre Dassault, qui se veut maître d’œuvre, et Airbus, qui souhaite une meilleure répartition.

  • Ces tensions industrielles entre les deux groupes reflètent la difficulté de la coopération militaire franco-allemande. En effet, les stratégies militaires des deux Etats sont très différentes. Dans le cadre de l’avion de combat de nouvelle génération, la France souhaite que ce dernier puisse décoller depuis un porte-avions et être nucléarisé alors que l’Allemagne n’a pas ces besoins spécifiques.
  • Le programme SCAF a connu de nombreux rebondissements depuis sa signature en 2017. Il en est aujourd’hui à la fin de sa phase 1.B et attend un accord entre les industries pour passer à la phase 2.
  • L’échec de ce projet à plus de 100 milliards d’euros pourrait nuire à l’industrie européenne. C’est pourquoi plusieurs solutions ont récemment été proposées afin de limiter la perte des investissements déjà réalisés, et maintenir une partie du programme notamment en produisant deux avions différents et des composants électroniques communs.

(Le Figaro, Les Echos, Euractiv, Zone militaire)

Ariane Group développe des missiles balistiques terrestres

Ariane Group a proposé à la France et l’Allemagne le développement en coopération de missiles balistiques terrestres conventionnels de longue portée. L’industriel européen a fait peser ses compétences, maintes fois prouvées avec le programme Ariane et la production des missiles nucléaires français M51, ainsi que sa maîtrise de la chaîne de production. L’ambition reste avant tout de proposer une offre européenne, permettant d’assurer l’autonomie stratégique des Etats européens.

  • Cette proposition s’inscrit dans une volonté de développer des armes conventionnelles capables d’appuyer les armes de dissuasion nucléaire. Cependant, la France n’a pas encore développé de doctrine précise sur ces questions, aucune décision n’est donc prise à ce jour.
  • Cette capacité avait été abandonnée par les Etats européens depuis la fin de la Guerre froide. Pour autant, en raison du retour de la guerre sur le continent européen, la nécessité de développer rapidement une nouvelle version de missile semble indispensable.
  • Le développement d’un missile balistique terrestre de longue portée pourra s’inscrire dans le programme européen ELSA (European Long Strike Approach) et ainsi renforcer l’autonomie stratégique européenne et assurer la protection du continent européen.

(Zone militaire, Les Echos)

Comité de rédaction

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