Veille stratégique Février 2021 (1/2)

Russie

Prolongement du traité New Start

La dernière semaine de janvier, les États-Unis et la Russie ont signé l’extension du traité sur le contrôle des armements nucléaires New Start. Ce traité, qui devait expirer le 5 février, est prolongé de 5 ans, ce qui porte sa nouvelle date de fin à 2026.

  • Signé en 2010, le traité New Start limite ses signataires à un maximum de 1 550 ogives déployées et 800 lanceurs déployés et non déployés (ce qui comprend les missiles envoyés du sol de type ICBM (Intercontinental ballistic missile), les missiles lancés par des sous-marins (SLBM : Submarine-launched ballistic missile) ainsi que les bombardiers équipés pour les armements nucléaires).
  • L’administration Trump avait déclaré qu’elle ne signerait pas l’extension du traité, à moins que la Chine ne le rejoigne. Pékin, qui possède bien moins d’armes nucléaires que les États-Unis et la Russie, s’y était opposé. Trump avait également retiré les États-Unis du traité INF (Intermediate Range Nuclear Forces Treaty) à l’été 2019 en remarquant que la Russie ne respectait pas les prescriptions dudit traité. 
  • Cette prolongation a été l’occasion de la première discussion entre le président nouvellement élu Joe Biden et Vladimir Poutine. La Maison Blanche a annoncé dans un communiqué avoir évoqué les points de tensions de la relation américano-russe : la situation en Ukraine, les cyber-attaques et interférences électorales ainsi que l’empoisonnement de l’opposant Alexeï Navalny. De son côté, le communiqué du Kremlin souligne les possibilités de coopération, notamment sur le dossier iranien.

Manifestations en Russie

Suite à l’arrestation de l’opposant Alexeï Navalny le 17 janvier, revenu en Russie 5 mois après son empoisonnement, des dizaines de milliers de Russes sont descendus manifester dans les rues samedi 23 janvier. Les manifestations ont eu lieu dans 114 villes du pays et ont conduit à près de 4 000 arrestations. Les soutiens d’Alexeï Navalny ont annoncé une nouvelle journée de mobilisation le 31 janvier.

  • Alexeï Navalny avait été arrêté dès son arrivée à l’aéroport de Moscou le 17 janvier. Il devrait être jugé en février et risque une lourde peine de prison. Son équipe a par ailleurs publié une enquête sur YouTube visant un palais coûtant près de 1,35 milliards de dollars qui appartiendrait à Vladimir Poutine. Le film a été visionné plus de 102 millions de fois, seulement dix jours après sa sortie.
  • Jean-Yves Le Drian a décrit les arrestations massives comme une « dérive autoritaire » et a dénoncé une atteinte « insupportable » à l’État de droit. De son côté, le Haut Représentant pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité de l’UE, Josep Borrell, est attendu à Moscou la semaine prochaine.Cette problématique devrait être l’agenda des discussions.

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EUROPE

Le Rafale exporté pour la première fois en Europe

Lundi 25 janvier, la France et la Grèce ont signé le contrat portant sur l’acquisition par la Grèce de six Rafale neufs et douze d’occasion. Deux autres contrats – un portant sur les armements, et un autre sur le soutien des appareils et de formation des pilotes, ont également été signés par les deux pays. La valeur totale de ces trois contrats est estimée à 2,5 milliards d’euros.

  • Ce contrat de 18 Rafale est le premier contrat signé avec un pays européen pour l’avion de combat français. 
  • La ministre des Armées, qui avait promis de remplacer rapidement les avions de l’armée de l’Air vendus d’occasion à la Grèce, s’est montrée fidèle à sa parole : elle a annoncé vendredi 29 janvier la commande de 12 Rafale pour l’armée de l’Air et de l’Espace.
  • Si Dassault Aviation a vendu jusqu’ici 114 Rafale à l’exportation, l’entreprise française pourrait voir ce chiffre augmenter rapidement. Tant la Suisse que la Croatie, la Finlande, l’Inde, l’Indonésie, l’Égypte et les Émirats Arabes Unis se montrent intéressés par le Rafale (bien qu’à des degrés divers), et pourraient le sélectionner en 2021.

La Turquie tente d’apaiser ses relations avec l’UE

Jeudi 21 et vendredi 22 janvier, le ministre des Affaires étrangères turc, Mevlüt Çavusoglu, et son adjoint, Faruk Kaymakci, se sont rendus à Bruxelles pour rencontrer, entre autres, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, le président du Conseil, Charles Michel, et le Secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg. Cette visite a été qualifiée d’« offensive de charme » par les observateurs bruxellois, les propos du ministre ayant été marqués par une volonté d’apaisement des relations entre l’Union européenne et la Turquie. L’accumulation des activités de forage dans les eaux chypriotes et grecques, des violations de l’embargo de l’ONU sur les armes en Libye et de la participation turque au conflit au Haut-Karabakh ont en effet considérablement tendu les relations entre les deux partenaires. En décembre dernier, la possibilité d’imposer des sanctions à la Turquie avait été évoquée par les Européens.

  • Ces dernières semaines, le président Erdogan a effectivement multiplié les signes d’apaisement. Les pourparlers exploratoires avec Athènes sur les ressources énergétiques ont repris, et le navire de prospection Oruç Reis a été renvoyé à son port d’attache.
  • Cependant, les diplomates européens doutent tant de la sincérité de cette volonté, que de sa durabilité. L’élection de Joe Biden à la présidence des Etats-Unis (le nouveau président américain étant réputé pour être moins conciliant envers Erdogan que ne l’a été son prédécesseur), et la peur d’une limitation des exportations de matériel militaire vers la Turquie, semblent davantage motiver le retrait effectué par le président turc.  

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AMÉRIQUES

Etats-Unis : l’administration Biden se positionne sur plusieurs dossiers

o   La poursuite du soutien à l’opération Barkhane reste dans le flou

Jeudi 28 janvier, le nouveau secrétaire à la Défense, Lloyd Austin, s’est entretenu avec la ministre des Armées Florence Parly au sujet de la coopération opérationnelle entre les Etats-Unis et la France en matière de lutte contre le terrorisme au Sahel et au Levant. Le chef du Pentagone n’a rien laissé filtrer sur l’avenir du soutien américain à l’opération Barkhane.

  • Au Sahel, Washington fournit de précieuses capacités de renseignement et de surveillance – notamment grâce à ses drones -, du ravitaillement en vol et du transport logistique, pour un coût de 45 millions de dollars par an.

o   Gel des ventes militaires à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis

Mercredi 27 janvier, Antony Blinken, le nouveau chef de la diplomatie américaine, a annoncé suspendre les ventes de munitions de précision en cours en direction de l’Arabie saoudite afin d’évaluer leur adéquation avec les « objectifs stratégiques » des Etats-Unis. En outre, la livraison des 50 chasseurs furtifs F-35A aux Emirats arabes unis prévue en 2027, et promise par l’accord du 21 janvier dernier conclu avec l’administration Trump en échange de la reconnaissance d’Israël par les Emirats, est également révisée.

  • Le mardi 19 janvier, M. Blinken était interrogé par les sénateurs pour défendre les positions du nouveau gouvernement. A cette occasion, il a fait état de sa volonté de mettre fin à l’appui américain à la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, dont les EAU font partie, et qui soutient le gouvernement yéménite dans sa lutte contre les rebelles houthistes. Il souhaite également retirer les Houthis de la liste noire des organisations terroristes alors qu’ils y avaient été ajoutés le 10 janvier par son prédécesseur sous l’ère Trump, Mike Pompeo.
  • La vente des avions F-35 aux EAU était déjà contestée par plusieurs parlementaires avant la signature de l’accord du 21 janvier. Trois raisons motivaient leur opposition. La première était que la livraison des F-35A aux EAU aurait porté atteinte à l’engagement des Etats-Unis visant à maintenir la supériorité militaire d’Israël au Moyen-Orient dans le cadre du « Qualitative Military Edge ». Israël a cependant fini par lever son veto. Ensuite, ces technologies auraient pu tomber dans les mains de la Chine et de la Russie, avec qui les EAU entretiennent une certaine proximité. Enfin, ces équipements auraient pu être utilisés par les forces émiraties dans le conflit au Yémen.

o   Demande expresse du retrait immédiat des forces russes et turques de Libye

Lors d’une visioconférence du Conseil de Sécurité de l’ONU le 28 janvier, l’ambassadeur américain par intérim à l’ONU, Richard Mills, a demandé à la Turquie et à la Russie d’entamer immédiatement le retrait de leurs forces militaires et substituts militaires de Libye conformément à l’échéance du 23 janvier fixé par l’accord de cessez-le-feu du 23 octobre 2020.

  • Cette prise de position claire tranche avec le flou qui a entouré ces dernières années la politique américaine à l’égard de la Libye.
  • En décembre dernier, les Nations Unies avaient estimé à 20 000 le nombre de mercenaires et militaires étrangers déployés auprès des deux camps rivaux et recensé 10 bases militaires totalement ou partiellement occupées par des forces étrangères dans le pays.

o   Volonté d’un retour dans l’Accord de Vienne

A l’occasion de son entretien avec les sénateurs le 19 janvier, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a confirmé vouloir renouer le dialogue avec l’Iran autour de l’accord sur le nucléaire de 2015. Il envisage de le rendre plus durable et plus fort en y incluant le programme de missiles balistiques iraniens. Joe Biden a évoqué ce souhait lors de son premier entretien téléphonique avec le président Emmanuel Macron le 24 janvier.

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Afrique

Mali : une centaine de djihadistes tués en janvier au cours de l’opération « Eclipse »

Mardi 26 janvier, les forces armées maliennes (FAMa) ont communiqué le bilan de l’opération « Eclipse » menée conjointement avec la force Barkhane et le groupement tactique désert (GTD) « Lamy » entre le 2 et le 20 janvier. Au total, « une centaine de terroristes neutralisés, une vingtaine capturée et plusieurs motos et matériels de guerre saisis » dans la zone des trois frontières. Cette région sert de base arrière aux groupes armés terroristes, notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et l’Etat Islamique au Grand Sahara (EIGS).

  • Alors que la présence des forces françaises dans la région est de plus en plus remise en question dans les pays Sahel et en France, notamment après la mort de cinq soldats français début janvier, cette déclaration permet de mettre l’accent sur un succès et de souligner l’importance d’une présence militaire sur le terrain. Le bilan de cette opération est particulièrement positif car elle a été conjointement menée par les FAMa qui, en 2019, étaient au bord de l’effondrement.
  • Cette annonce survient quelques semaines avant le sommet du G5 Sahel du 15 et 16 février à N’Djamena. Un an après le sommet de Pau qui a fixé une feuille de route pour lutter contre le terrorisme au Sahel, il sera question de faire un bilan. La France se prépare à « ajuster » son effort militaire au profit des armées locales et de l’unité européenne, la Task Force Takuba. 

Centrafrique : la réélection de Faustin Archange Touadéra contestée, les affrontements continuent

Lundi 18 janvier, la Cour constitutionnelle centrafricaine a validé la réélection du président Faustin Archange Touadéra, avec 53,1% des voix. Deux électeurs sur trois n’ont pas voté, essentiellement en raison de l’insécurité dans le pays. La question de la légitimité du président élu se pose. Les partis de l’opposition n’ont pas reconnu les résultats, qualifiant cette élection de « mascarade ».

Dans ce contexte, la guerre civile qui rage depuis 8 ans ne faiblit pas. Alors qu’une attaque d’une coalition de groupes armés réputée proche de l’ancien président Bozizé, a été repoussée aux portes de Bangui le 13 janvier dernier, les combats continuent. Lundi 18 janvier, deux casques bleus ont été tués dans le sud du pays, ce qui porte le bilan de soldats onusiens tués à sept. Lundi 25 janvier, les forces armées centrafricaines ont déclaré avoir tué 44 rebelles dans le sud-ouest de Bangui.

Face à la crise, le président nouvellement réélu a déclaré jeudi 21 janvier l’état d’urgence pour 15 jours. L’émissaire de l’ONU en Centrafrique a quant à lui demandé au Conseil de sécurité de l’ONU une hausse substantielle du nombre de casques bleus sur place, au nombre de 12 000 aujourd’hui. En deux mois, la recrudescence des combats aurait fait 200 000 déplacés, dont la moitié d’entre eux dans les pays voisins, notamment en République Démocratique du Congo (RDC).

Ouganda : Yoweri Museveni, acteur majeur des conflits de la région des Grands Lacs, réélu pour la sixième fois

Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 35 ans, a été déclaré vainqueur de la présidentielle en Ouganda, samedi 16 janvier 2021 avec 58,64% des voix contre 34,83% pour son principal challenger Bobi Wine, ex-chanteur et icône de la jeunesse.

  • Libérateur devenu autocrate, Museveni est un acteur clé de la région des Grands Lacs. Ancien compagnon d’armes de Paul Kagamé, il a soutenu ce dernier dans sa lutte pour prendre le pouvoir au Rwanda : c’est chose faite en 1994. Ensemble, ils ont lancé en 1996 une opération conjointe au Zaïre, renversant Mobutu et aidant Laurent-Désiré Kabila à prendre le pouvoir : c’est la première guerre du Congo (1996-1997). Une fois au pouvoir, ce dernier décide de se débarrasser de ces encombrants parrains qui ont profité de la situation pour piller sans merci les richesses de l’est de la RDC. Démarre alors la deuxième guerre du Congo (1998-2003) qui provoque la mort de centaines de milliers de congolais.
  • Devenu le rival puis l’ennemi de Kagamé, Museveni soutient depuis les années 2000 différents groupes armés dans l’est de la RDC contre le Rwanda, qui fait la même chose en retour. Alors que l’Afrique centrale a récemment vu l’élection de nouveaux présidents désireux d’apaiser les tensions entre le Rwanda et l’Ouganda, tels que Tshisekedi en RDC ou Lourenço en Angola, la réélection de Museveni n’est pas un bon signe pour la paix dans l’est de la RDC

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Proche et Moyen-Orient

Double attentat perpétré par l’Etat islamique à Bagdad

Jeudi 21 janvier, trente-deux personnes ont été tuées et cent-dix autres blessées dans un double attentat suicide au milieu d’un marché de vêtements sur la place Tayaran, au cœur de Bagdad. Cette attaque est la plus meurtrière qu’ait connue la capitale irakienne depuis trois ans, alors que trente-et-une personnes avaient été tuées sur la même place. Dans la nuit de jeudi 21 à vendredi 22, l’organisation Etat islamique a revendiqué être à l’origine de cet attentat. Ce dernier intervient dans un contexte d’instabilité politique alors que des élections anticipées sont prévues d’ici juin 2021. Accusée d’une certaine passivité, la présidence irakienne a réagi par l’exécution de trois détenus reconnus coupables de terrorisme.

  • Bien que l’Etat irakien ait proclamé la défaite de l’Etat islamique en Irak dès 2017, l’organisation terroriste subsiste à travers certaines poches reculées dans les montagnes ou le désert. Si ses actions étaient moins spectaculaires ces derniers mois, elle prouve ici sa capacité opérationnelle violente.
  • L’Irak est de plus en plus livré à lui-même dans la lutte contre l’organisation jihadiste puisque les Etats-Unis ont limité leur nombre de soldats à 2 500 suite aux derniers retraits décidés par l’administration Trump, et que la plupart des autres pays de la coalition ont rapatrié leurs forces à la suite de la propagation de la Covid-19 au monde entier.
  • Du 5 au 8 mars 2021, le pape François effectuera une visite officielle historique en Irak au cours de laquelle il rencontrera l’ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité du clergé chiite irakien à l’influence capitale sur l’équilibre du pays.

Ouverture de l’ambassade d’Israël aux Emirats arabes unis

Dimanche 24 janvier, Israël a annoncé l’ouverture de son ambassade à Abou Dhabi, capitale des Emirats arabes unis. Cette ouverture a lieu quatre mois après la signature des accords d’Abraham à Washington entérinant la normalisation des relations entre Israël et les pays arabes des Emirats arabes unis et de Bahreïn, et cinq mois après l’annonce de ce rapprochement diplomatique. Si les bureaux de la nouvelle ambassade sont encore temporaires, les deux pays entendent poursuivre le développement de partenariats à vive allure. Un accord dans le domaine des énergies renouvelables avait d’ailleurs été signé quelques jours auparavant entre EDF Renewables Israël, filiale du groupe français, et l’entreprise émirienne Masdar. L’installation d’une ambassade des Emirats arabes unis à Tel-Aviv a elle-aussi été approuvée et celle-ci devrait ouvrir prochainement.

  • En plus des Emirats arabes unis et de Bahreïn, Israël s’est rapproché du Soudan et du Maroc à travers la médiation de l’administration Trump. Dimanche 24 janvier, le gouvernement israélien a approuvé l’accord pour l’établissement de relations diplomatiques avec le Maroc. Celui-ci doit néanmoins encore obtenir la validation de la Knesset pour entrer en vigueur.

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Asie 

Nouvelles provocations chinoises envers Taïwan

Samedi 23 janvier, huit bombardiers stratégiques HK6, quatre chasseurs Shenyang J-16 et un avion de chasse anti-sous-marin Y8 de l’Armée populaire de Chine ont pénétré l’espace aérien taiwanais en survolant notamment les îles Pratas au Sud-Ouest de Taiwan. L’île a été contrainte de mettre en état d’alerte ses défenses anti-aériennes après que Pékin a ignoré ses avertissements. Ces intimidations ont été vivement condamnées par Washington qui a rappelé le lien solide qui le lie à Taipei.

  • La République populaire de Chine viole régulièrement les frontières de l’espace aérien taiwanais. Néanmoins, il est très rare qu’elle fasse appel à une flotte aérienne aussi imposante.
  • Pékin semble vouloir tester la nouvelle administration américaine après que les derniers mois du mandat du président Trump ont été marqués par une relation sino-américaine particulièrement froide. Mais le nouveau président Joe Biden paraît vouloir fortifier la relation des Etats-Unis avec Taïwan comme l’a notamment prouvé l’invitation faite à la représentante de l’île à Washington d’assister à son investiture.

Création d’une réserve militaire indonésienne aux motifs ambigus

Mi-janvier, le président indonésien Joko Widodo a signé un décret prévoyant la mise en place d’une réserve militaire de 25000 civils, destinés à suivre une formation au combat dans l’une des trois armées – terre, air et marine – et à être mobilisables en cas de menace d’ampleur nationale. Cette mesure a été inspirée par le ministre de la Défense Prabowo Subianto, ancien chef des forces spéciales indonésiennes au Timor oriental sous la dictature du général Suharto (1967-1998) dont il est le gendre, et candidat malheureux aux deux dernières élections présidentielles. Certaines voix, dont celle d’Amnesty International, ont fait part de leur crainte que la mise en place de cette nouvelle force ne soit pas justifiée par une augmentation des menaces extérieures mais bien par un désir du pouvoir indonésien de l’utiliser afin de réprimer les manifestations populaires, plus nombreuses ces deux dernières années.

  • Le spectre de la dictature militaire de Suharto hante toujours l’Indonésie. La chute du régime n’a effectivement pas été suivie de recours en justice et de condamnations systématiques de ses anciens piliers. Malgré ses deux défaites aux élections présidentielles, Subianto conserve l’appui des islamistes et le président Widodo s’est vu contraint de lui confier le ministère si stratégique de la Défense en 2019.

 

Cette veille a été réalisée par Corentin Tholoniat, Rhéa Fanneau de la Horie, Gaspard Béquet, Théo Bruyère-Isnard, Claire Mabille et Maëlle Panza

Comité de rédaction

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