Veille stratégique – Février 2021 (2/2)

Europe

Nouvel accroc entre la France et l’Allemagne sur le projet du SCAF

Il était prévu, lors du conseil franco-allemand de défense et de sécurité qui s’est tenu vendredi 5 février, que soit signé le contrat de la phrase 1B du système de combat aérien du futur (SCAF). Le lancement de cette phrase, qui doit notamment permettre le développement d’un démonstrateur de vol d’ici 2026, a cependant été retardé en raison de la remise en cause par l’Allemagne du partage des tâches entre les industriels français et allemands. Les deux pays s’étaient en effet mis d’accord pour que Dassault Aviation soit le maître d’œuvre du New Generation Fighter (NGF), l’avion de combat au centre du système de combat aérien, et développe un démonstrateur fondé sur le Rafale. Or, la déclaration de la chancelière allemande à l’occasion du conseil franco-allemand avait des allures de mises en garde : « Vous savez que c’est un projet sous leadership français mais il faut quand même que les partenaires allemands puissent être à un niveau satisfaisant face à leurs homologues [français]. Nous devons donc voir très précisément les questions de propriété industrielle, de partage des tâches et de partage de leadership », a-t-elle souligné. Ces revendications ont été reprises une semaine plus tard par le comité d’entreprise [allemand] d’Airbus Defence & Space et le syndicat IG Metall. Tous deux ont plaidé pour que l’Allemagne développe son propre démonstrateur, qui serait basé sur l’Eurofighter.

  • Si les politiques français ne se sont pas publiquement opposés aux nouvelles demandes allemandes, Dassault Aviation s’est montré très peu disposé à y céder.
  • En toile de fond de ce nouvel accroc se dessine l’une des divergences fondamentales entre l’approche française et l’approche allemande du SCAF. Alors que le programme revêt une importance existentielle pour Dassault et Safran, qui ne peuvent pas se permettre de rester sans projet d’avion de combat et de moteur d’avion de combat, les industriels allemands cherchent davantage à monter en compétence dans ces domaines.
  • Or, le temps presse, car les élections fédérales de 2021, qui se dérouleront le 26 septembre 2021, approchent. Et si une nouvelle majorité allemande, notamment une coalition SPD/Verts, arrive au pouvoir avant que la France et l’Allemagne ne se soient engagées sur la phase 1B (et sur les montants qu’elle implique), le SCAF pourrait être remis en cause.

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Russie

Renforcement des tensions entre la Russie et l’Europe

La visite de Josep Borell, Haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères, en Russie, du 4 au 6 février dernier n’a pas amoindri les tensions existantes entre Moscou et les capitales européennes. L’expulsion de trois diplomates européens (suédois, polonais, allemand) du territoire russe a même été annoncée lors de la conférence de presse conjointe entre le ministre des affaires étrangères Russe, Sergei Lavrov et Josep Borell Ces derniers sont accusés d’avoir participé aux manifestations en soutien à l’opposant Alexeï Navalny quelques jours avant l’arrivée de M. Borell. Cette annonce a provoqué la colère des Européens, qui ont dénoncé, à l’instar de la chancelière allemande Angela Merkel, une situation « qui a peu à voir avec un État de droit ». M. Lavrov a de son côté critiqué les « doubles standards européens », effectuant un parallèle entre les manifestations en Russie et les manifestations des indépendantistes catalans, qui avaient été critiquées par Bruxelles. Les médias européens ont par la suite critiqué la « naïveté » de cette visite, qui se solde par une « humiliation » pour l’UE.

Vendredi 12 Février, Sergey Lavrov a également annoncé que la Russie était prête à rompre les relations avec l’UE, si de nouvelles sanctions économiques contre la Russie étaient décidées.

  • L’attitude de la Russie vis-à-vis de l’opposant politique Alexeï Navalny est particulièrement critiquée en Europe et a été le point de départ d’une nouvelle série de tensions. Celui-ci avait été arrêté à son retour d’Allemagne (où il se remettait d’un empoisonnement) et condamné à 3 ans et demi de prison. Il est actuellement jugé pour une deuxième affaire d’insulte à un vétéran”.
  • L’UE a déjà engagé plusieurs séries de sanctions à l’encontre d’officiels russes. Josep Borrell a annoncé qu’il ferait de nouvelles propositions dans ce sens lors d’une réunion avec les ministres européens des affaires étrangères, le 22 février. Il est important de souligner que les sanctions nécessitent l’unanimité.

« L’Assemblée du peuple biélorusse » discute l’avenir du pays

Les 11 et 12 février, l’Assemblée du peuple biélorusse s’est réunie sous l’initiative d’Alexandre Loukachenko, président de facto de la Biélorussie. Cette assemblée, qui est organisée tous les 5 ans et se résume normalement à l’approbation d’un nouveau plan quinquennal, revêtait cette année une importance particulière. Elle intervient en effet après les manifestations qui ont secoué le pays depuis l’été 2020 et menacé l’inamovible président Loukachenko, en poste depuis 1994. Constituée d’environ 2 700 membres issus de la nomenklatura biélorusse, il est notable que l’Assemblée était boycottée par l’opposition, qui la considère comme non légitime. Une résolution, signée unanimement par les membres de l’Assemblée a annoncé la rédaction d’une nouvelle constitution dans le courant de l’année, et la tenue d’un référendum au début de 2022. Toutefois, la volonté de Loukachenko de quitter le pouvoir ne semble pas entamée, et l’on peut douter des conséquences réelles d’une telle assemblée.

  • Suite aux élections présidentielles de 2020, qui ont officiellement reconduit le mandat de Loukachenko avec 80% des voix mais ne sont pas reconnues par l’UE, une série de manifestations avait éclaté dans le pays. Celles-ci ont vu la police réagir de manière violente et ont conduit à des dizaines de milliers d’arrestations ainsi que de nombreux blessés. Les manifestations se poursuivent sporadiquement à ce jour, sous des formes plus réduites.

Assemblée du peuple Biélorusse, Février 2021

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ASIE

Birmanie : coup d’Etat militaire

Lundi 1er février, l’armée birmane a renversé le gouvernement en place en Birmanie, mis au pouvoir une junte militaire et instauré un état d’urgence pour une durée d’un an dans le pays, au terme duquel de nouvelles élections sont promises.

En arrêtant la cheffe du gouvernement birman Aung San Suu Kyi, l’armée conteste les résultats des élections de novembre 2020 remportées par la Ligue nationale pour la démocratie (LND), parti de Mme Suu Kyi. Alors que le commandant en chef de l’armée et chef de la junte, le général Min Aung Hlaing déclare que des enquêtes sont en cours concernant les responsables de ces « fraudes électorales », Aung San Suu Kyi a exhorté la population à « ne pas accepter le coup d’État ».

Plus de 150 personnes -députés, responsables locaux et activistes- ont été interpellées et sont en détention depuis le 1er février. Samedi 13 février, la junte a également annoncé la suspension de plusieurs articles de loi encadrant les activités des services de sécurité.

  • Depuis le putsch, des manifestations ont lieu dans tout le pays dénonçant le coup d’Etat. Plusieurs centaines de milliers de personnes ont manifesté à Rangoun, capitale économique du pays. Des foules massives ont également protesté à Mandalay où la loi martiale a été décrétée dans plusieurs quartiers, interdisant les rassemblements de plus de 5 personnes et instaurant un couvre-feu de 20h00 à 4h00.
  • Le coup d’Etat orchestré par l’armée birmane est intervenu après des années de délicat partage du pouvoir entre le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyu et les militaires, très puissants dans le pays. Ce putsch a interrompu la transition démocratique du pays entamée en 2010.
  • Si la junte promet à terme de mettre en place une démocratie « véritable et disciplinée », pour l’heure l’ONU condamne un usage « disproportionné » et « inacceptable » de la force par l’armée, notamment lors des manifestations. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a également appelé à des sanctions ciblées contre le régime militaire.

Manifestation contre le coup d’Etat à Rangoun, le 8 février 2021 @Stringer/Reuters

 La Chine et l’Inde parviennent à un accord de désengagement mutuel au Ladakh

Jeudi 11 février, le ministre indien de la Défense Rajnath Singh a déclaré au Parlement qu’un accord avait été convenu avec la Chine sur un retrait mutuel et réciproque des troupes des rives nord et sud du lac Pangong dans le Ladakh. La veille, Pékin avait indiqué le début du « désengagement de manière synchronisée ». Ce retrait concerne des dizaines de milliers de soldats équipés d’armes lourdes.

  • Disputée par les deux puissances nucléaires, cette frontière litigieuse dans l’ouest de l’Himalaya est au centre de nouveaux affrontements militaires depuis mai 2020. En juin, au moins 20 soldats indiens avaient été tués dans un accrochage dans cette zone. En janvier, de nouveaux accrochages ont fait plusieurs blessés dans les deux camps.
  • En 1962, un bref conflit avait déjà opposé les deux puissances autour de cette frontière.
  • Cet accord est le fruit de neuf rounds de négociations entre de hauts gradés des armées chinoises et indiennes depuis les événements du printemps 2020.

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Moyen-Orient

Le Front Polisario annonce avoir tué trois soldats marocains dans le Sud du Maroc

Lundi 8 février, le Front Polisario a affirmé avoir tué trois soldats marocains et saisi des armes, des munitions et des documents au cours d’une attaque menée dans la région d’Ourakziz dans le Sud du royaume chérifien. Jeudi 11 février, le chef du gouvernement marocain Saad-Eddine El-Othmani a démenti cette information en la décrivant comme partie de la « guerre médiatique » menée par l’organisation indépendantiste sahraouie. Si les faits revendiqués par le Front Polisario s’avéraient exacts, ils constituent les premières pertes marocaines depuis la rupture du cessez-le-feu déclarée par l’organisation mi-novembre 2020 à la suite des manœuvres militaires du Maroc dans le Sud du Sahara occidental.

  • Créé en 1973 sous l’occupation espagnole du Sahara occidental, le Front Polisario lutte depuis 1976 contre le Maroc pour le contrôle de ce territoire très largement désertique. Soutenu par l’Algérie, il réclame la tenue d’un référendum d’autodétermination.  
  • Pour certains observateurs dont le forum militaire à caractère non officiel FAR-Maroc, une attaque du Front Polisario dans la région d’Ourakziz n’aurait été possible qu’en traversant l’Algérie avec l’accord tacite des forces armées algériennes, chose qui leur paraît peu probable dans la mesure où elle serait synonyme de déclaration de guerre contre le Maroc.

Election d’un nouvel exécutif pour la Libye

Vendredi 5 février, le forum du dialogue politique libyen réuni à Genève sous la tutelle de l’ONU a élu l’homme d’affaire Abdel Hamid Dbeibah comme nouveau chef du gouvernement et le diplomate Mohammed Younes Menfi comme nouveau chef du Conseil présidentiel libyen, en lieu et place de Faïez Sarraj qui cumulait jusqu’alors les deux fonctions. L’entrée en fonction des deux hommes doit encore attendre la validation du parlement en exil à Tobrouk, validation dont n’avait jamais pu bénéficier leur prédécesseur à cause de la mainmise de l’Armée nationale libyenne du maréchal Haftar sur la Cyrénaïque. Mais cette étape devrait se dérouler sans accroc dans la mesure où le ticket vainqueur des élections satisfait à la fois les milices de Tripoli et l’homme fort de l’Est libyen.

  • Abdel Hamid Dbeibah est issu d’une famille ayant fait fortune sous le régime de Mouammar Kadhafi. Il a notamment dirigé la Compagnie libyenne d’investissement et de développement, société d’Etat très impliquée dans la construction immobilière à Syrte, ancien fief du Guide de la Révolution.
  • Inclassable politiquement, Abdel Hamid Dbeibah apparaît néanmoins très ambitieux. Il possède la particularité de bénéficier et des soutiens russe et turc alors même que ces deux pays s’opposent indirectement sur le sol libyen.

La Cour pénale internationale se déclare compétente dans les territoires palestiniens

Vendredi 5 février, la Cour pénale internationale s’est déclarée territorialement compétente pour enquêter sur d’éventuels crimes de guerre commis dans les territoires palestiniens aux mains d’Israël depuis la guerre des Six-Jours en 1967. Le fait est historique dans la mesure où l’Etat hébreu n’est lui-même pas partie du traité de Rome établissant la Cour. Ainsi, la CPI pourra mener des investigations concernant des crimes commis aussi bien par l’armée israélienne, par l’Autorité palestinienne ou par le Hamas. Cette décision a été violemment critiquée par le gouvernement israélien qui redoute qu’un de ses soldats soit un jour inculpé pour crime de guerre devant une juridiction internationale. Une condamnation pour un tel motif décrédibiliserait considérablement la politique sécuritaire israélienne déjà violemment critiquée par différents pays et ONG. De son côté, l’Autorité palestinienne a salué « un jour historique pour le principe de la responsabilité pénale ».

  • La CPI a été formellement créée en 2002 avec l’entrée en vigueur du Statut de Rome. A l’heure actuelle, 123 pays ont ratifié ce Statut et notamment la Palestine en 2015.
  • La compétence de la Cour n’est pas rétroactive. Cela signifie qu’aucun crime de guerre éventuel commis en Palestine avant 2015 ne pourra faire l’objet d’une enquête.

Assassinat d’un intellectuel libanais hostile au Hezbollah

Jeudi 4 février, l’intellectuel libanais Lokman Slim a été retrouvé mort dans sa voiture dans la région de Nabatieh, au Sud du Liban. Il a été tué de cinq balles dont quatre dans la tête et une dans le dos. D’obédience chiite, Lokman Slim n’en était pas moins un critique acerbe du Hezbollah qu’il accusait entre autres d’être responsable de la double explosion ayant eu lieu dans le port de Beyrouth le 4 août dernier et ayant fait 208 morts et 6 500 blessés. Si le « parti de Dieu » est effectivement derrière cet assassinat, il a sans doute s’agit de faire un exemple afin de dissuader les voix trop critiques de cet Etat dans l’Etat.

  •       Le Liban est en plein chaos. Outre une crise économique sans précédent dans l’histoire récente du pays, celui-ci souffre des contraintes supplémentaires liées à la pandémie de Covid-19, des dégâts physiques et psychologiques causés par l’explosion du port de Beyrouth et surtout d’une instabilité politique durable. Désigné président du Conseil des ministres en octobre 2020, Saad Hariri n’a toujours pas réussi à former un nouveau gouvernement.

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Amérique

Arrêt du soutien militaire offensif américain à l’Arabie saoudite dans la guerre au Yémen

Jeudi 4 février, le président américain Joe Biden a annoncé suspendre le soutien de son pays aux opérations militaires offensives de l’Arabie saoudite au Yémen. Cette déclaration ne remet cependant pas en cause la vente de matériel militaire au principal allié arabe des Etats-Unis, ni le soutien défensif qui lui est apporté. Vendredi 5 février, le secrétaire d’Etat Antony Blinken a pour sa part informé le Congrès que l’administration Biden entendait revenir sur la récente décision de l’administration Trump de classer les Houthis au rang des organisations terroristes. Cette mesure prise dans les derniers instants du mandat du président républicain est en effet contestée pour ses effets pervers compliquant l’apport d’une aide humanitaire aux populations vivant sous la coupe des Houthis.

  • Ces annonces américaines n’ont pas empêché les combats de se poursuivre de plus belle sur le terrain. Nombreux sont ceux qui estiment que même un retrait définitif de l’Arabie saoudite ne mettrait pas fin au conflit divisant le Yémen.
  • Acteur du chaos yéménite, le chef d’Al-Qaïda dans la Péninsule arabique (AQPA) Abou Miqdad Al-Kindi est apparu dans une vidéo mercredi 10 février alors qu’il avait été présenté comme capturé par un rapport onusien en octobre 2020. Les mentions qu’il fait d’événements récents comme les heurts du Capitole prouvent la récence de la vidéo. Il est ainsi probable que le chef terroriste soit libre ou bien détenu par des geôliers complaisants.

Joe Biden se montre ferme face à la Chine et refuse de lever les sanctions pesant sur l’Iran

Dimanche 7 février, le président américain Joe Biden a évoqué plusieurs sujets sensibles au cours d’un entretien télévisé diffusé sur la chaîne américaine CBS. Il a d’abord évoqué la « compétition extrême » qui opposait les Etats-Unis à la Chine en assurant néanmoins ne pas vouloir de conflit. Son administration entend maintenir la position ferme adoptée par l’administration Trump sans pour autant utiliser la même stratégie. Joe Biden a ensuite assuré que les Etats-Unis ne lèveraient pas les sanctions économiques pesant sur l’Iran afin d’enclencher un processus de négociation visant au retour aux conditions prévues par l’accord de Vienne de 2015. Selon lui, il appartient à Téhéran de faire le premier pas en cessant ses activités d’enrichissement de l’uranium au-delà du seuil déterminé par l’accord.

  • Joe Biden s’est entretenu pour la première fois par téléphone avec le président chinois Xi Jinping mercredi 10 février. Il aurait notamment fait part à son homologue de sa préoccupation concernant les situations au Xinjiang, à Hong-Kong et dans le détroit de Formose.
  • Malgré un volontarisme affiché, le retour des Etats-Unis dans l’accord de 2015 paraît encore compliqué dans la mesure où l’Iran exhorte la nouvelle administration américaine à lever ses sanctions afin d’engager à nouveau le dialogue.

Rumeur d’une attaque de l’ELN à Bogota

Lundi 8 février, l’ambassade de Cuba à Bogota a informé le gouvernement colombien de l’imminence d’une attaque des rebelles de l’Armée de libération nationale (ELN) contre la capitale. Jeudi 11 février, l’ELN a démenti tout projet d’attaque tout en précisant qu’elle ne renonçait pas à l’action armée. L’organisation suppute que l’information donnée à l’ambassade de Cuba venait des services de renseignement colombien, car ceux-ci cherchent à accroître la pression internationale quant à la présence de ses représentants à La Havane.

  • Fondée en 1964 et inspirée par la révolution cubaine, l’ELN lutte depuis lors pour la prise du pouvoir en Colombie. Contrairement aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), elle n’a pas signé l’accord de 2016 de cessez-le-feu définitif mais est néanmoins inclue dans le processus de négociation entamé à la Havane. Celui-ci a été rompu par le gouvernement colombien après l’attentat perpétré par l’ELN à Bogota en janvier 2019 ayant fait 21 morts.

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Afrique

La Suède rejoint la Task Force Takuba

Vendredi 5 février, la Suède a autorisé ses forces spéciales (Särskilda operationsgruppen) à projeter un contingent de 150 militaires équipés de trois hélicoptères Blackhawk au sein de la Force Takuba dans le Liptako malien, région proche de la frontière du Niger et du Burkina Faso. Un renfort possible de 100 militaires supplémentaires est prévu. Le mandat s’achève au 31 décembre 2021. La mission des forces spéciales suédoises est d’agir en tant que force de réaction rapide (QRF) avant d’assurer des missions de partenariat militaire opérationnel telles que le conseil, l’assistance et l’accompagnement des forces maliennes.

  • Actuellement, deux Task Group (TG) de la force Takuba sont opérationnels. Le TG1 franco-estonien est pleinement opérationnel depuis quelques mois. Il a accompagné une Unité légère de reconnaissance et d’intervention (ULRI) malienne le long du fleuve Niger, dans la région d’Ansongo, de sorte à harceler les groupes armés terroristes pour leur ôter toute capacité d’infiltration. Le TG2 franco-tchèque monte en puissance, sa composante française ayant déjà entamé le partenariat avec une deuxième ULRI malienne.
Le Comité de Suivi de l’Accord de Paix d’Alger s’est réuni à Kidal
Le jeudi 11 février, le Comité de suivi de l’Accord de paix d’Alger (CSA) s’est réuni à Kidal, dans le nord du Mali, en présence de l’Algérie, de la France et des Nations Unies (MINUSMA).
  • Ce comité est composé de l’ensemble des signataires de l’Accord de paix d’Alger conclu en 2015, principalement entre le gouvernement malien et des groupes armés pro-gouvernementaux dont la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) pour mettre fin à la guerre du Mali. Celle-ci avait repris de l’ampleur après la cinquième insurrection touarègue en 2012.
  • C’est la première fois que les parties prenantes à cet accord font le voyage jusqu’à Kidal, ville symbolique puisqu’elle est l’ancien fief de la CMA. Cet évènement est donc perçu comme une volonté de redonner une impulsion au processus de paix et de rétablissement de la souveraineté malienne sur la partie nord du pays.
  • Cette réunion précède le sommet de N’Djamena au Tchad du 15 et 16 février 2021, et qui a justement pour objet central de discussion l’avenir de l’opération Barkhane.

 

 Cette veille a été rédigée par Claire Mabille, Gaspard Béquet, Théo Bruyère-Isnard, Rhéa Fanneau de la Horie et Maëlle Panza

Comité de rédaction

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