Veille stratégique – Novembre 2020 (2/2)

Europe

Emmanuel Macron et « AKK » s’affrontent en public sur l’autonomie stratégique européenne

Dans un entretien donné au Grand Continent, le président français a réagi à la tribune de la ministre allemande de la défense Annegret Kramp-Karrenbauer (« AKK ») publiée dans Politico dont nous vous parlions il y a deux semaines. Emmanuel Macron a affirmé son « désaccord profond » avec cette tribune et qualifié les propos de la ministre de « contresens de l’histoire », tout en se réjouissant que la chancelière Angela Merkel ne soit « pas sur cette ligne ». Des propos sur lesquels la ministre allemande a rebondi le 17 novembre, à l’occasion du deuxième « discours fondamental » (Grundsatzrede) de son mandat. Tout en s’opposant à l’idée d’autonomie stratégique européenne « lorsqu’elle nourrit l’illusion que nous pourrions garantir la sécurité, la stabilité et la prospérité en Europe sans l’OTAN et sans les États-Unis », elle a également assuré : « si on entend par là une action autonome des Européens dans les domaines où nous partageons des intérêts, alors il s’agit bien de notre objectif commun ».

Ces propos, échangés à vingt-quatre heures d’intervalle, ont de nouveau attiré la lumière sur la difficulté pour l’Allemagne et la France de s’entendre sur le concept d’autonomie stratégique. Pour le président français – qui voit l’Europe comme un « espace politique et culturel cohérent » dont les valeurs, la culture, l’imaginaire et la politique sont fondamentalement différents de ceux des Etats-Unis – l’autonomie stratégique européenne, qui diffère peu d’une souveraineté européenne, est une fin en soi. Pour la ministre allemande, qui soulignait dans son discours que : « dans un monde connecté, la politique aussi doit fonctionner en réseau », l’autonomie stratégique est un moyen pragmatique « d’harmoniser » les politiques des Etats européens et de mettre en œuvre une « diplomatie de défense efficace ».

En dépit de ces différences, les prises de parole d’Emmanuel Macron et d’AKK ont également révélé certaines convergences. La perception des menaces en Allemagne et en France est relativement identique : le terrorisme, les attaques contre le mode de vie européen, la sécurité des pays baltes et la résurgence des autoritarismes y figurent en bonne place. En outre, si l’Allemagne craint que les ambitions françaises ne rompent le lien transatlantique, et si la France s’effraie de l’éternelle dépendance à Washington dans laquelle les réticences allemandes risquent de maintenir l’Europe, le président français et la ministre allemande se sont exprimés pratiquement dans les mêmes termes sur les implications de l’alliance transatlantique pour l’Europe. « Les États-Unis ne nous respecteront en tant qu’alliés que si nous sommes sérieux avec nous-mêmes, et si nous sommes souverains avec notre propre défense », a affirmé Emmanuel Macron dans son interview. Une analyse partagée par AKK : « Il n’y a que si nous prenons notre propre sécurité au sérieux que l’Amérique fera de même », a déclaré la ministre allemande.

Mini-sommet sur la lutte contre le terrorisme

Après les attentats en France et en Autriche, un mini-sommet européen s’est tenu en ligne pour débattre de la lutte contre le terrorisme. Le président français a de nouveau appelé à une réforme du système Schengen : les trois derniers attentats terroristes commis sur le sol français ont été le fait de ressortissants étrangers. Côté autrichien, l’accent a été mis sur le partage des expériences en matière de lutte contre la radicalisation et de déradicalisation – un thème particulièrement important pour le chancelier Sebastian Kurz, puisque le terroriste de Vienne avait réussi à « tromper » les services de déradicalisation autrichiens après plusieurs mois passés en prison.

  • L’Union européenne a mis en place un grand nombre d’instruments pour lutter contre le terrorisme, notamment le système d’information Schengen (qui permet aux services responsables des contrôles aux frontières et aux autorités judiciaires de disposer de donnés sur les personnes signalées), le registre des passagers aériens (le PNR, qui permet de détecter et retracer le trajet de terroristes potentiels) ; le mandat d’arrêt européen, le Système informatisé d’échange d’informations sur les casiers judiciaires (ECRIS) et le fonds de sécurité intérieur. Les réseaux Airpol, Atlas ou le RAN visent par ailleurs à favoriser la coordination entre acteurs européens. 

  • Cependant, certains soulignent que ces moyens sont insuffisants, et les projets lancés peinent à avancer. Le PNR, adopté en 2016, n’a toujours pas été transposé dans toutes les législations nationales. Le système d’information Schengen, lancé en 2018, ne sera pleinement opérationnel qu’en 2023. Le système d’entrée et de sortie des frontières Schengen (qui vise à améliorer les contrôles aux frontières extérieures, mieux identifier les personnes qui ont dépassé une durée de séjour autorisée et renforcer la lutte contre le terrorisme), qui devait être opérationnel cette année, ne le sera qu’en 2022. attendra 2022.

  • Consciente de ces limites, la Commission européenne présentera un nouvel agenda dédié à la lutte contre le terrorisme le 9 décembre 2020.

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Russie et ex-URSS

Une candidate pro-européenne élue aux élections présidentielles en Moldavie

La leader de l’opposition Maia Sandu a remporté le second tour de l’élection présidentielle en Moldavie ce dimanche 15 novembre avec 57,75% des suffrages. Elle faisait face au président sortant, Igor Dodon, d’orientation pro-russe. Pendant sa campagne, Maia Sandu a répété vouloir établir une relation constructive à la fois avec l’Union européenne et la Russie. Son souhait de se rapprocher de la Roumanie et de l’Ukraine, tous deux très opposés à l’influence russe dans la région, laisse néanmoins penser que cet équilibre pourrait pencher en faveur de l’Europe. Cependant, sans le soutien du Parlement, l’influence de la Présidente restera limitée.

  • Située à la bordure est de l’Union européenne, la Moldavie est le théâtre d’une lutte d’influence entre la Russie et l’UE. Ainsi, si la Moldavie dispose d’un accord d’association avec l’UE, elle dispose également du statut d’observateur dans l’Union Eurasiatique (Union Économique comprenant la Russie et plusieurs pays d’Asie Centrale).

  • La Moldavie est particulièrement divisée sur le plan ethnique et linguistique. Environ 75% de la population s’exprime en moldave ou roumain (la dénomination est elle-même sujette à des enjeux d’identité et fait débat dans le pays) et 25% en russe ou ukrainien.

  • La situation politique de la Moldavie est complexifiée par l’existence de la Transnistrie et de la Gagaouzie sur son territoire, deux entités disposant de statuts particuliers dans le pays. La Transnistrie est un État de facto, bien que non reconnu, qui rassemble une population divisée assez équitablement entre Russes, Ukrainiens et Moldaves. Très favorables à la Russie, les résidents de Transnistrie se sont exprimés à plus de 85% en faveur du sortant Igor Dondon. La Gagaouzie est une région autonome qui rassemble des populations chrétiennes orthodoxes mais parlant une langue turcophone. Cette région entretient des liens étroits avec la Turquie qui y voit une porte d’entrée.

Fin du conflit au Karabakh ?

Mardi 10 novembre, un accord de cessez-le-feu entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie a été signé sous l’égide de la Russie. L’accord entérine une défaite sanglante pour l’Arménie. En effet, l’Azerbaïdjan récupère les zones entourant le Karabakh qu’il ne contrôlait plus depuis 1994. De plus, les résidents Azerbaïdjanais qui avaient été expulsés de ses régions seront autorisés à les réinvestir sous le contrôle de l’ONU. La Russie joue le rôle de premier plan dans le règlement du conflit. Elle déploie environ 2 000 soldats dans le Karabakh afin d’assurer l’application de l’accord. Elle sera également en charge de deux corridors sécurisés : le premier relie l’Arménie au Karabakh et le deuxième l’enclave Azerbaïdjanaise du Nakhitchevan au reste du pays.Une image contenant carteDescription générée automatiquement

  • L’annonce de l’accord a été suivie d’importantes manifestations à Erevan : des manifestants dénonçant l’accord comme une « trahison » ont ainsi envahi le siège du gouvernement ainsi que le Parlement. Le Premier ministre, Nikol Pachinian, apparaît particulièrement en difficulté et l’opposition a appelé à sa démission.

  • Bien qu’ayant joué un rôle déterminant dans le conflit aux côtés de l’Azerbaïdjan, la Turquie reste en dehors de l’accord et aucune troupe turque ne sera déployée aux côtés des troupes russes. Le corridor reliant les deux parties du territoire azerbaïdjanais pourrait cependant ouvrir à la Turquie une voie directe vers la mer Caspienne, riche en ressources gazières et pétrolières et point clé dans le dispositif chinois des « Nouvelles routes de la soie ».

  • L’OSCE et le Groupe de Minsk restent en dehors de l’accord. Le ministre des affaires étrangères russes, Sergey Lavrov, a toutefois annoncé que des représentants français et américains se réuniront sous peu à Moscou pour discuter de la situation.

Ouverture d’une base militaire russe au Soudan

Moscou a annoncé la construction d’une base militaire au Soudan, sur les côtes de la mer Rouge, à proximité de la ville de Port Soudan. Il s’agirait de la première base militaire russe en Afrique et de la deuxième base russe en dehors de l’ancien territoire de l’URSS (après la base de Tartous en Syrie). L’accord avec le Soudan prévoit que la Russie pourra construire un « centre logistique » pour sa marine pour une durée de 25 ans, renouvelables ensuite automatiquement par tranche de 10 ans. La base devrait accueillir environ 300 militaires.

  • Cette nouvelle base s’inscrit dans une nouvelle stratégie du Kremlin en direction de l’Afrique. En s’appuyant sur ses exportations d’équipement militaires, ses compagnies minières et sa compétence en matière de sécurité, la Russie cherche à concurrencer ses rivaux américains et européens en Afrique.

  • La mer Rouge est un point clé du commerce international et de nombreux pays disposent de bases militaires sur ses côtes. Djibouti, situé au débouché méridional de la mer Rouge, abrite des bases française, américaine, italienne, japonaise, saoudienne et chinoise, tandis que la Turquie tente d’installer une base au Soudan.

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Afrique

L’ONU tire la sirène d’alarme sur la prise en charge des réfugiés victimes des combats dans le Nord de l’Ethiopie

Vendredi 20 novembre, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé la communauté internationale à venir en aide d’urgence aux populations victimes des combats qui ont lieu dans la région du Tigré au Nord de l’Ethiopie. Selon la Commission soudanaise des réfugiés, plus de 36 000 Ethiopiens dont 12 000 enfants ont gagné le Soudan pour fuir le conflit qui oppose le Front national de libération du peuple du Tigré (FLPT) au gouvernement fédéral éthiopien depuis le 4 novembre dernier. Alors qu’aucune médiation ne semble envisageable à l’heure actuelle, l’ONU estime que plus de 200 000 Ethiopiens pourraient se réfugier au Soudan dans les prochaines semaines et qu’une aide humanitaire d’ampleur doit impérativement être mise en place. L’organisation appelle également à la création de corridors humanitaires afin de secourir les populations prises au piège par les combats.

  • Le conflit trouverait son origine dans l’intervention armée du gouvernement fédéral éthiopien dans la région après que le FLPT a attaqué une de ses bases. Le casus belli reste néanmoins flou dans la mesure où les deux camps s’accusent mutuellement d’avoir déclenché les hostilités. L’armée fédérale du Premier ministre et lauréat du prix Nobel de la paix 2019, Abiy Amhed, peut compter sur plus de 100 000 soldats, parmi lesquels 3 000 ont été rapatriés d’urgence depuis la Somalie où ils étaient déployés, ainsi que sur des milices paramilitaires venues de la région voisine d’Amhara. De son côté, le FLPT disposerait d’environ 250 000 combattants issus de milices ou d’unités défectueuses de l’armée fédérale dont l’efficacité doit être relativisée en raison de leur hétérogénéité.
  • Cette opposition armée frontale matérialise les différences de conception de l’État éthiopien entre un Premier ministre aux ambitions centralisatrices et des groupes comme le FLPT soutenant une autonomie régionale fondée autour de l’ethnie. L’Ethiopie est en effet une mosaïque de groupes ethniques, linguistiques et religieux dont la question de l’agrégat au sein d’une seule communauté nationale génère de sempiternelles tensions.

L’armée française élimine le chef jihadiste Bah Ag Moussa dans un raid au Mali

Vendredi 13 novembre, la ministre des Armées française Florence Parly a annoncé que les militaires de la force Barkhane avaient éliminé le chef jihadiste Bah Ag Moussa lors d’une opération aéroportée ayant eu lieu trois jours plus tôt dans l’Ouest du Mali. Bah Ag Moussa a été présenté comme l’un des principaux adjoints de Iyad Ag Ghali, chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). Par ailleurs, l’état-major des Armées a également fait part du succès d’une opération menée le 12 novembre dans la région de Mopti au centre du Mali ayant abouti à la neutralisation de plusieurs dizaines de combattants jihadistes et de leur matériel.

  • Ces éliminations successives interviennent moins de deux semaines après la neutralisation d’une cinquantaine de jihadistes par l’armée française.

  • Elles témoignent de la vigueur de la lutte française contre les différents mouvements jihadistes au Sahel à l’heure où des évolutions de son exercice sont envisagées, comme en témoignent les propos tenus par le président français dans un entretien accordé au journal Jeune Afrique publié vendredi 20 novembre. Emmanuel Macron a en effet indiqué qu’il aurait dans les prochains mois “ des décisions à prendre pour faire évoluer Barkhane ”.

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Amérique

Victoire diplomatique mexicaine après l’extradition de l’ancien ministre de la Défense depuis les Etats-Unis

Mercredi 18 novembre, l’ancien ministre de la Défense mexicain Salvador Cienfuego (2012-2018) a été extradé des Etats-Unis vers le Mexique après que les charges pénales à son encontre poursuivies par Washington et relatives à des accusations de narcotrafic et de blanchiment d’argent ont été abandonnées. Cette extradition inédite a été le fruit d’intenses échanges diplomatiques afin de permettre au Mexique de juger son ancien ministre alors même que celui-ci avait été arrêté sur le sol américain le 15 octobre dernier. En effet, il n’est pas dans les habitudes de la justice américaine de laisser des criminels présumés et appréhendés pour des méfaits commis en partie aux États-Unis être jugés dans leur pays d’origine. Il s’agit donc d’une marque importante de confiance donnée par Washington à Mexico alors même que certains Américains mettent en doute les capacités de jugement des institutions mexicaines qu’ils jugent vérolées par les cartels.

  • La nouvelle de l’arrestation de Salvador Cienfuego par les Etats-Unis avait suscité l’ire des dirigeants mexicains qui n’en avaient pas été prévenus. Le président Andres Manuel Lopez Obrador s’en était offusqué publiquement en déclarant que le Mexique n’était pas une colonie ou un protectorat américain mais un pays indépendant et souverain. Le ministre des Affaires étrangères Marcelo Ebrard avait averti que cette preuve d’un apparent manque de confiance pourrait avoir des répercussions sur le partenariat sécuritaire entre les deux pays.

  • Ce revirement américain s’apparente donc à une victoire diplomatique du président mexicain qui a salué la « relation respectueuse » qui le liait au président américain Donald Trump. En revanche, son futur rapport au président élu Joe Biden est assez incertain, d’autant plus qu’il n’a toujours pas félicité ce dernier pour sa récente élection.

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Proche et Moyen-Orient

Israël : visite du ministre des affaires étrangères de Bahreïn

Le 18 novembre, le ministre bahreïni des affaires étrangères Abdellatif al-Zayani a été reçu par son homologue israélien Gabi Ashkenazi. C’est la première visite officielle en Israël d’un ministre de cette monarchie, qui a l’intention d’ouvrir prochainement des ambassades dans les deux pays. La venue de M. Zayani visait à affirmer la position de Manama en faveur du processus de paix israélo-palestinien. Il a également rencontré le secrétaire d’Etat Mike Pompeo en visite lui aussi. Il s’est d’ailleurs rendu dans une colonie israélienne en Cisjordanie occupée puis sur le plateau du Golan, entérinant ainsi l’héritage de la présidence Trump.

  • Le Bahreïn est devenu le quatrième pays arabe à normaliser ses relations avec Israël, après les Emirats, l’Egypte et la Jordanie.

Irak/Arabie saoudite : réouverture de leur frontière

Le 18 novembre, le principal point d’accès entre l’Irak et l’Arabie saoudite, à Arar, était de nouveau accessible après 30 ans de fermeture. L’objectif est de laisser passer marchandises et personnes et de créer ainsi une autre porte d’entrée aux importations, dont une grande partie arrive aujourd’hui en Irak par la frontière avec l’Iran, deuxième fournisseur commercial de l’Irak. Les factions pro-iraniennes en Irak ont fait connaître leur désaccord avec ce rapprochement, accusant l’Arabie saoudite de vouloir « coloniser » l’Irak sous couvert d’investissements.

  • En 1990, lorsque Saddam Hussein a envahi le Koweït, l’Arabie saoudite a rompu ses relations diplomatiques avec l’Irak et ne les a réellement repris qu’en 2017. Quant à l’Irak, il a rouvert son ambassade à Riyad dès le renversement du dictateur irakien Saddam Hussein en 2003.

Sahara occidental : rupture du cessez-le-feu entre le Front Polisario et le Maroc

Le 13 novembre dernier, l’armée marocaine a franchi la ligne de cessez-le-feu près de Guerguerat afin de rétablir la circulation routière bloquée depuis le 21 octobre par des militants sahraouis. Ces derniers s’étaient en effet insurgés de l’emprunt par les camions marocains à destination de la Mauritanie d’un couloir traversant de 5 km la zone tampon. Les militants du Front Polisario avaient saisi l’occasion de ce blocage pour réclamer la tenue d’un référendum d’autodétermination sur l’avenir du Sahara occidental, promis par une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU de 1991. L’incursion militaire de Rabat en réponse à ces revendications a donc ravivé la tension entre les deux camps, le Maroc affichant une volonté d’imposer un nouveau statut quo en construisant un second mur de sable au cœur de la zone tampon.

  • Le Sahara occidental est une ancienne colonie espagnole devenue indépendante en 1976. Jusqu’en 1991, le Front Polisario (Frente Popular de Liberacion de Saguia el Hamra y Rio de Oro) et le Maroc se disputent la zone. En 1991, une ligne de cessez-le-feu est établie du Sud-Ouest au Nord-Est sur 2700 km de mur de sable. Le Maroc contrôle alors 80% du territoire, les 20% restant étant sous la tutelle de la République arabe sahraouie démocratique (RASD).

  • Le Maroc bénéficie d’un contexte diplomatique général favorable à son action : les Etats-Unis et certaines monarchies du Golfe souhaitent l’amener à reconnaître Israël, l’Europe a besoin de son soutien pour verrouiller les flux migratoires et la lutte antiterroriste. De surcroît, le mois de novembre offre une fenêtre d’opportunité exceptionnelle avec l’hospitalisation du président algérien occupant l’attention et le changement d’administration américaine probablement moins tolérante aux atteintes aux droits de l’homme.

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Asie

Afghanistan : l’Australie reconnaît les exactions commises par ses forces spéciales pendant la guerre

Jeudi 19 Novembre, le chef d’état-major des forces australiennes, le général Angus Campbell, a présenté ses excuses au peuple afghan pour le meurtre de 39 civils durant l’engagement de l’armée australienne en Afghanistan entre 2006 et 2013. Perpétrées par le 2nd Squadron SAS (Special Air Service), ces exactions sont la conséquence d’une « culture de guerriers égocentriques au sein de l’unité » avec des supérieurs « considérés par leurs subalternes comme des demi-dieux » d’après le chef d’état-major. Il a annoncé la dissolution du 2nd Squadron SAS, qui sera remplacée par une nouvelle unité au nom et à la culture de commandement différents.

  •  Ces déclarations font suite aux conclusions rendues par une enquête menée depuis 2017 sur les agissements des forces spéciales australiennes. Le volumineux rapport fait état de ces meurtres « de non-combattants ou de prisonniers » au cours de 23 incidents distincts hors du champ de bataille. « Ils se sont produits dans des circonstances qui pourraient être qualifiées par un jury de crimes de guerre. » Il dénonce notamment la pratique connue sous le nom de « blooding », qui consiste à contraindre les nouveaux membres de patrouilles à tirer sur un prisonnier afin d’effectuer leur premier meurtre.

  • Le Premier ministre australien, Scott Morrison, a assuré que des enquêtes seraient conduites pour rendre justice aux victimes. Pour l’heure, suffisamment de preuves ont été réunies pour incriminer 19 commandos.

 

Rhéa Fanneau de la Horie, Théo Bruyère-Isnard, Gaspard Béquet, Claire Mabille et Maëlle Panza

Comité de rédaction

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