Veille stratégique – Mai 2021 (1/2)

Russie / NEI

La Russie met en place une liste de « Pays inamicaux »

Le président russe, Vladimir Poutine, a signé un décret établissant une liste de sanctions contre les « pays inamicaux ». L’activité diplomatique de ces pays en Russie sera limitée, et leurs missions diplomatiques ne pourront plus recruter de citoyens russes. La porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe, Maria Zakharova, a indiqué que la liste était en cours d’élaboration et serait publiée sous peu. Toutefois, certains médias russes ont laissé entendre que les États-Unis, l’Ukraine, la Pologne, le Royaume-Uni, la Géorgie, la République Tchèque et les pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) feraient partie des pays sanctionnés. Selon l’agence de presse russe TASS, l’Union Européenne pourrait annoncer qu’elle considère l’inclusion d’un de ses États membres dans cette liste comme une action contre l’Union Européenne dans son intégralité.

Vendredi 30 avril, la Russie a annoncé des sanctions contre huit responsables européens, en représailles aux sanctions mises en place par l’Union européenne contre la Russie en mars. Parmi les personnes visées par ces sanctions se trouvent le président du Parlement européen, David Maria Sassoli, la vice-présidente de la Commission européenne chargée des valeurs et de la transparence Věra Jourová ainsi que le député français Jacques Maire, rapporteur sur l’empoisonnement de l’opposant russe Alexeï Navalny à l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. 

  • En réaction, le Parlement européen a publié une résolution réclamant de nouvelles sanctions économiques et politiques. L’ambassadeur russe en France a également été convoqué au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
  • La “liste” intervient dans une période de tensions entre la Russie et les pays européens. La République Tchèque a en effet accusé la Russie d’être à l’origine d’une explosion dans un dépôt d’armes sur le territoire tchèque en 2014. Les deux pays ont en conséquence expulsé des dizaines de diplomates, ce qui a conduit certains pays européens à faire de même en solidarité avec la République Tchèque.

Combats à la frontière entre le Tadjikistan et le Kirghizistan 

Le 29 avril, une escarmouche a eu lieu entre des gardes-frontières tadjiks et kirghizes à la frontière entre les deux pays. La situation s’est rapidement détériorée et les deux pays ont mobilisé des forces plus importantes à la frontière, ce qui a conduit à une intensification des combats et à la capture d’un poste frontière tadjik par les forces spéciales kirghizes. Les dirigeants des deux pays, Sadyr Japarov pour le Kirghizistan et Enomali Rahmon pour la Tajikistan, se sont accordés sur un cessez-le-feu le 1er mai. Malgré l’évacuation de plusieurs milliers de citoyens habitant à proximité de la frontière, le Kirghizistan a annoncé la mort de 35 de ses citoyens et plus de 100 blessés, tandis que le Tadjikistan a déclaré, sans plus de précision, que le pays comptait une dizaine de victimes. La Russie a fait savoir qu’elle était prête à jouer le rôle d’intermédiaire entre les deux pays. Le président tadjik, Enomali Rahmon, est d’ailleurs attendu à Moscou pour les célébrations du « Jour de la victoire » le 9 mai. Les tensions avec son voisin kirghize seront abordées à l’occasion de sa rencontre avec Vladimir Poutine.

  • La frontière entre le Tadjikistan et le Kirghizistan est l’objet de contestations de la part des deux pays. S’étendant sur près de 980 km, elle a été tracée sous Staline entre 1924 et 1927. Mais seulement 580 km ont été clairement définis. Ainsi, le tracé d’environ un tiers de la frontière est contesté, dans un contexte de rivalité exacerbée par la rareté des ressources en eau dans la région. 

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Afrique du Nord et Moyen-Orient

L’Egypte commande 30 avions Rafale supplémentaires

Dans la nuit du lundi 3 au mardi 4 mai, l’armée égyptienne a annoncé avoir commandé trente avions de combat Rafale à l’industriel français Dassault Aviation. D’un montant total de près de 4 milliards d’euros, cette commande devrait être livrée au Caire entre 2024 et 2026. 85% du prêt nécessaire à l’Egypte pour financer un tel achat sera garanti par la France.18 avions monoplaces et 12 biplaces seront fabriqués par l’industriel français pour l’armée égyptienne. Ces engins seront armés de missiles air-air MICA NG et de bombes AASM. En effet, les missiles Scalp et Meteor, dotés de composants américains, sont soumis à la norme ITAR (International Traffic in Arms Regulations) et donc interdits de vente vers Le Caire par les Etats-Unis.

  • Les négociations franco-égyptiennes ont été particulièrement courtes puisqu’elles n’ont duré que quelques mois. Il faut dire qu’elles s’appuient sur un passif en la matière très récent, l’Egypte ayant déjà acheté 24 avions Rafale en 2015. La nouvelle commande ne devrait d’ailleurs s’exprimer que sous la forme d’un avenant à la première.
  • En plus de la précédente série d’avions Rafale, l’Egypte s’est déjà fournie militairement auprès de la France dans de grandes proportions : quatre corvettes Gowind en 2014, une frégate FREMM en 2015 et deux porte-hélicoptères en 2016.
  • Après la vente de douze modèles à la Grèce en début d’années, Dassault Aviation continue d’exporter son Rafale avec succès. La liste des pays intéressés est encore longue (Suisse, Croatie, Finlande, Inde, Indonésie, Emirats arabes unis) et laisse augurer d’une excellente année 2021 pour l’avionneur français.

La diplomatie turque renoue avec l’Egypte et l’Arabie saoudite

Mercredi 5 et jeudi 6 mai, une délégation de diplomates turcs s’est rendue au Caire pour entamer des discussions avec leurs homologues égyptiens. Cette visite officielle est la première du genre depuis le coup d’Étate militaire de 2013 ayant porté le général Sissi au pouvoir aux dépens de Mohamed Morsi, membre des Frères musulmans et proche du régime d’Erdogan. Elle illustre la volonté de la Turquie de sortir de son isolement alors que nombre des pays de la région ont noué des alliances commerciales et diplomatiques ces dernières années.

  • Les relations diplomatiques entre l’Egypte et la Turquie sont rompues depuis 2013 et les divergences entre les deux pays sont nombreuses : opposition politique des régimes, opposition militaire par milices interposées en Libye, opposition diplomatique dans le partage des eaux de la Méditerranée orientale…
  • Cette visite relève d’une stratégie turque à petite échelle. Le ministre des Affaires étrangères turc Mevlut Cavusoglu doit en effet se rendre en Arabie saoudite cette semaine après que le président Erdogan s’est entretenu avec le roi Salman le mardi 4 mai dernier. Il s’agira de la première visite officielle turque dans le royaume depuis l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoqgi au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul en 2018.

Report des élections et protestations anti-israéliennes en Palestine

Dans la nuit de jeudi 29 à vendredi 30 avril, le président de l’Etat de Palestine Mahmoud Abbas a annoncé le report sine die des élections législatives prévues le 22 mai prochain. Alors que ces élections sont les premières à être programmées en quinze ans, le président Abbas estime que la bonne tenue du scrutin à Jérusalem-Est n’est pas assurée et qu’il est impensable d’établir les bureaux de vote hiérosolymitains dans les banlieues de la ville. Des manifestations se sont fait entendre en Palestine et notamment à Ramallah pour protester contre ce report. Cette décision intervient dans un contexte de protestations massives des Palestiniens à Jérusalem-Est contre l’occupation israélienne depuis la mi-avril. Vendredi 6 mai, plus de 175 Palestiniens et 6 policiers israéliens ont été blessés.

  • Les élections législatives à venir en Palestine sont cruciales et pourraient faire bouger une situation figée depuis 15 ans où le Fatah domine la Cisjordanie et le Hamas la bande de Gaza. Les sondages donnent le parti présidentiel vainqueur mais non majoritaire au Conseil législatif palestinien, l’obligeant vraisemblablement à des alliances. Même s’il parvient à gagner à Gaza, il paraît difficile au Fatah de se débarrasser de l’emprise du Hamas sur l’ensemble des aspects de la vie quotidienne gazaouie.
  • La colère de bon nombre de Palestiniens à la suite de l’annonce de ce report est grande, mais ce ressentiment s’exprime avant tout dans les protestations à Jérusalem-Est dirigées contre Israël.

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Asie

Chine : un pied- à-terre militaire au milieu du Pacifique

Le 5 mai dernier, l’agence Reuters a confirmé l’existence d’un projet d’exploitation militaire de l’île de Kiribati par la Chine. En plus d’une localisation stratégique au milieu de l’océan Pacifique, l’Etat de Kiribati possède une piste d’atterrissage de 2 km construite par les Etats-Unis en 1942. La Chine souhaite la réhabiliter pour faire de l’atoll une base aérienne permanente. Comme de nombreux projets duaux des « nouvelles routes de la soie », la Chine exploite également les ressources marines de l’île par la construction d’un terminal portuaire pour conteneurs.

  • Cette annonce s’inscrit dans une stratégie chinoise de long terme consistant à étendre sa présence par la mer. En effet, depuis la fin des années 1990, Pékin a acheté partiellement ou en totalité des dizaines de ports et bases côtières dans le monde, à commencer par l’Asie du Sud-Est.
  • Ce projet ravive les tensions entre la Chine et Taïwan. En plus de Kiribati, les îles Salomon et l’État de Vanuatu ont accepté une présence militaro-commerciale chinoise en rejoignant la Belt and Road Initiative en 2019, alors que les îles Marshall, Tuvalu, Nauru et Palau continuent de soutenir Taipei, certaines invitant même les Etats-Unis à y construire une base militaire.

Pakistan : les manifestations anti françaises s’amplifient

La France a recommandé, le 15 avril dernier, à ses ressortissants (environ 500 inscrits sur le registre français) et aux entreprises françaises (environ 35) de quitter provisoirement le Pakistan, après de violentes manifestations anti-françaises en début de semaine. Le lundi 12, le leader du parti islamique radical Tehrik e-Labbaik Pakistan (TLP), a été arrêté après que ses partisans ont partiellement bloqué Lahore, Karachi et Islamabad pour réclamer le départ de l’ambassadeur français. Le TLP a également été interdit.

  • Ces manifestations font suite à la déclaration du président français sur le droit à la caricature en octobre 2020 après le meurtre de Samuel Paty. Depuis, les relations entre la France et le Pakistan se sont considérablement tendues, plusieurs responsables pakistanais ayant accusé frontalement Emmanuel Macron d’islamophobie systématique.

Japon : visite diplomatique du Premier ministre japonais à la Maison blanche

Le 16 avril dernier, Yoshihide Suga a rencontré le président Biden. Le Premier ministre japonais est le premier chef d’Etat à être reçu par le président des Etats-Unis, tout comme l’avait été Shinzo Abe en 2016. Dans un communiqué conjoint, les deux dirigeants réaffirment l’importance de leur alliance pour la stabilité et la sécurité dans l’Indopacifique, y compris concernant Taïwan. Ce dernier aspect du communiqué a suscité une vive opposition de la Chine, qui a dénoncé une ingérence américaine dans les relations bilatérales sino-japonaises. De surcroît, les Etats-Unis ont répété que l’archipel des îles Senkaku était bien couvert par le droit international, s’opposant ainsi implicitement  aux velléités chinoises.

  • Cette réaffirmation de la prééminence de l’alliance nippo-américaine par les Etats-Unis témoigne de la volonté du nouveau président des Etats-Unis de continuer le“pivot vers l’Asie” entamé par le président Obama. 
  • Les Etats-Unis semblent d’ailleurs attendre davantage d’implication du Japon dans la stabilité de la région, mais deux contraintes empêchent Tokyo de tenir une ligne plus dure vis-à-vis de Pékin. D’une part, l’interdépendance des économies chinoise et japonaise reste forte malgré les plans de relocalisation. D’autre part, bien que le Japon se soit doté du « droit de défense collective » – un ensemble de lois permettant au Japon d’intervenir militairement en cas de crise en dehors de l’espace strict de l’Archipel –, les contraintes constitutionnelles limitant son recours à la force demeurent importantes. 

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Afrique

Tchad : l’armée annonce avoir repris le contrôle de Kanem

Jeudi 6 mai, Daoud Yaya Brahim, ministre tchadien de la Défense, a affirmé que la situation était « sous total contrôle » dans le Kanem, province désertique le long de la frontière avec le Niger. Depuis mi-avril, des combats opposent l’armée au groupe rebelle du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (Fact), combats lors desquels le président Idriss Déby a été tué. Des opérations de ratissage sont toujours en cours. Selon la justice, 246 rebelles du Fact ont été capturés et déférés au parquet de N’Djamena. Ces informations sont réfutées par le Fact, qui dénonce les exécutions sommaires des prisonniers de guerre par l’armée tchadienne.

  • Cette annonce survient alors que le pays traverse une période d’instabilité. Des manifestations ont eu lieu ces dernières semaines contre le CMT, que les opposants considèrent comme un « organe illégal et illégitime adoubé par la France qui pense imposer aux Tchadiens une nouvelle dictature militaire ». Le 27 avril, la répression des manifestations avait entraîné la mort de 15 personnes selon la société civile.

Mozambique : les Européens vont former les forces spéciales du pays

Jeudi 6 mai, le feu vert a été donné pour la planification d’une mission de formation militaire au Mozambique lors d’une réunion des ministres de la Défense des pays membres de l’UE. Cette formation serait dédiée aux forces spéciales mozambicaines et devrait être mise sur pied avant la fin 2021. Elle prévoit d’engager 100 à 120 soldats européens sur place. Le Portugal, l’Italie, la Grèce, la Roumanie et la Suède auraient déjà émis le souhait d’y prendre part. Pour l’heure, une mission technique de reconnaissance et d’identification à des fins de planification sera envoyée dans le pays à la mi-mai par le service européen pour l’action extérieure.

  • Cette décision intervient alors que la Mozambique peine à contrôler son territoire face à une insurrection qui continue de gagner en importance. Un groupe djihadiste affilié à l’EI a notamment pris le contrôle de la ville de Palma dans la province de Cabo Delgado il y a quelques semaines auparavant.
  • Les Européens craignent que le gouvernement ne soit plus en mesure de contrôler son territoire et que ce dernier ne tombe entièrement aux mains des groupes djihadistes. Des enjeux économiques et énergétiques se jouent également dans ce pays, particulièrement dans la province de Cabo Delgado qui abrite un mégaprojet gazier piloté par le groupe français Total. Ce dernier a cependant annoncé la suspension de son projet après les attaques djihadistes.

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Europe

Le directeur de la DGA favorable à un rapprochement entre le SCAF et le Tempest

Lors d’un entretien réalisé lundi 3 mai sur le plateau de BFM Business, Joël Barre, le patron de la Direction générale pour l’armement (DGA), a réaffirmé qu’il était favorable à un rapprochement entre le programme SCAF et le programme Tempest. Les deux programmes sont actuellement concurrents, le premier étant soutenu par la France, l’Allemagne et l’Espagne, et le second par le Royaume-Uni, la Suède et l’Italie. Joël Barre a expliqué : « Nous sommes l’un et l’autre en phase de conception. Je pense dans les années qui viennent que les choses pourront évoluer (…) De notre côté, la porte est ouverte. C’est-à-dire que si nous pouvons un jour rapprocher les deux projets d’avions de combat qui existent à l’échelle européenne, ce serait quand même une bonne chose pour tous ».

  • Malgré d’importants accrocs entre la France et l’Allemagne, des avancées ont été réalisées en avril sur la répartition des charges entre les industriels impliqués dans le programme SCAF. Côté appareil, Dassault Aviation et Airbus Defence & Space ont soumis leur offre commune aux Etats début avril.
  • Côté moteur, Safran et MTU ont constitué une société commune à 50/50, EUMET (European Military Engine Team), qui sera le seul interlocuteur contractuel vis-à-vis des Etats engagés. Quant à l’espagnol ITP, il acquiert le statut de partenaire majeur de cette nouvelle société, ce qui permet une répartition à parts égales entre la France, l’Allemagne et l’Espagne. Cette répartition obéit au principe du « best athlete », les tâches étant affectées au partenaire le plus compétent en la matière.

L’UE associe les États-Unis, le Canada et la Norvège à un projet de mobilité militaire

Jeudi 6 mai, lors du conseil des Affaires étrangères de l’Union européenne, les ministres de la Défense ont confirmé la participation des Etats-Unis, du Canada et de la Norvège à un projet commun sur le renforcement de la mobilité militaire. Dirigé par les Pays-Bas, le projet a pour objectif de réduire les délais d’attente bureaucratiques qui freinent les mouvements transfrontaliers des troupes. Il s’ouvre pour la première fois à des Etats non-membres de l’Union. 45 projets visent, comme celui-ci, à améliorer la coopération européenne en matière de défense dans le cadre de la coopération structurée permanente (CSP). Cependant, l’Union attache un intérêt particulier à la mobilité militaire : 1,7 milliards d’euros y ont été spécifiquement dédiés dans le budget multi-annuel.

  • Cet accord est vu comme un signe de la réceptivité du président américain Joe Biden aux ambitions militaires européennes – et donc d’un tournant par rapport à la position de l’ancien président Donald Trump. Il signale aussi de l’envie des européens de renforcer leur capacité à mouvoir rapidement leurs troupes dans un contexte de tensions renouvelées avec la Russie à la frontière ukrainienne.
  • Cependant, beaucoup de travail reste à faire avant que le projet ne soit opérationnel. Les Etats membres doivent adopter les plans permettant de faciliter la mobilité militaire, s’assurer que les autorisations transfrontalières pour les troupes ne dépassent pas cinq jours et créer un réseau de points de contact. 

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Amérique

Etats-Unis : visite du secrétaire d’Etat Antony J. Blinken en Ukraine

En visite officielle à Kiev, le secrétaire d’Etat Antony J. Blinken a mis en garde le président ukrainien contre la double menace de la Russie et de la corruption. Cette première visite d’un haut représentant de l’administration Biden en Ukraine s’est déroulée sous l’ombre du scandale de « l’affaire Trump-Zelensky », déclenchée à la suite de la révélation par un lanceur d’alerte d’un appel téléphonique passé par l’ex-président américain Donald Trump au président Ukrainien Volodymyr Zelensky afin d’inciter ce dernier à lancer une enquête sur Joe Biden, alors candidat à la présidentiel, et son fils Hunter Biden, travaillant pour une entreprise ukrainienne.  

  • Si le président ukrainien a affirmé à plusieurs reprises vouloir « ne pas parler du passé » et se concentrer sur le futur, l’affaire est loin d’être close pour Washington : la semaine précédant la visite d’Antony J. Blinken, une enquête du F.B.I. a conduit à une perquisition au domicile de M. Giuliani, l’avocat personnel de Donald Trump, afin d’établir son rôle dans le rappel de Marie Yovanovitch, l’ex-ambassadeur des Etats-Unis en Ukraine.
  • Le secrétaire d’Etat a cependant réaffirmé clairement qu’il surveillait la situation à la frontière russe de « très, très près », soulignant que : « Russia has pulled back some forces, but significant forces remain on Ukraine’s border. And so Russia has the capacity on fairly short notice to take aggressive actions if it so chooses ».  

Colombie : après neuf jours de manifestations, le gouvernement appelle au dialogue

Depuis le 28 avril, une vague de contestations secoue la Colombie. D’abord motivées par un projet de réforme fiscal qui, selon ses critiques, aurait principalement touché la classe moyenne alors que celle-ci est déjà mise à l’épreuve par la pandémie de Covid-19, les manifestations ont étendu les revendications pour y inclure l’amélioration des politiques de santé, d’éducation, de sécurité et la dénonciation les abus des forces de l’ordre. Jeudi 6 mai, le gouvernement colombien a appelé à un dialogue entre « tous les segments de la société. Mais il n’est pas certain que cet appel parvienne à apaiser les tensions. En une dizaine de jours, 24 personnes ont été tuées et 850 ont été blessées.

  • Les Nations Unies, l’Union européenne, les Etats-Unis et plusieurs organisations internationales de défense des droits humains ont critiqué l’usage disproportionné de la force par la police durant les manifestations. Le ministre colombien de l’Intérieur, Daniel Palacios, a reconnu que « s’il y a eu un usage excessif de la force, il faudra rendre des comptes ».
  • Cependant, le ministre de la Défense continue d’attribuer la responsabilité des troubles survenus lors des manifestations aux dissidents des ex-FARC et aux rebelles de l’Armée nationale de libération.

 

Cette veille a été rédigée par Théo, Gaspard, Rhéa, Claire et Maëlle

Comité de rédaction

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