Compte-rendu : Atelier orientation volontariats

Le 8 Février 2022, le pôle orientation de Sciences Po Défense et Stratégie recevait quatre volontaires aspirants en provenance des différents corps d’armée. Alix, Oscar, Jade et Nicolas sont ainsi revenus sur leur parcours et sur les riches perspectives offertes par le volontariat dans les armées. 

Qu’est ce qu’un volontariat dans les armées ? 

Le volontariat dans les armées est une expérience d’un an au sein de différents corps d’armée (Marine Nationale, Armée de Terre, Armée de l’Air et de l’Espace, Commissariat des armées) en la qualité de volontaire aspirant. Cette expérience militaire est accessible à l’issue d’un Bac +2 et permet, tout en étant officier, de découvrir différents métiers allant de la communication à l’audit en passant par les relations internationales. 

Quelles sont les conditions à remplir pour effectuer un volontariat ? 

– Avoir au moins 17 ans et au plus 26 ans à la date de la demande. 

– Être titulaire d’un Bac +2 pour les VAC (volontaire aspirant commissaire), VOA (volontaire officier aspirant) et VASP (volontaire aspirant de l’armée de l’Air et de l’Espace). 

– Possibilité d’effectuer cette année de volontariat entre la 3A et la première année de master, entre les deux années de master, ou à l’issue de la scolarité à Sciences Po. – Volontaire aspirant est le 1er grade d’officier. 

– Différentes fonctions possibles : logistique, audit, ressources humaines, communication… 

Le calendrier des candidatures diffère selon les corps d’armée. Il faut ainsi se référer aux sites officiels respectifs. A titre d’exemple, la date limite de candidature pour les volontaires aspirants commissaires est relativement avancée et a été fixée au 7 mars 2022. 

Le témoignage de nos intervenants 

Alix, Volontaire Aspirant Armée de Terre (VADAT) 

Alix est officier de communication à la direction communication. L’Armée de Terre représentait un attrait personnel et une volonté d’y faire carrière, elle n’a donc pas envisagé de faire une PMS (Préparation Militaire Supérieure) ni de rejoindre la réserve opérationnelle car elle souhaitait disposer d’une expérience professionnelle d’un an et d’une véritable immersion dans l’armée de terre. 

Les candidatures passent par la direction des ressources humaines de l’armée de terre (DRHAT) qui édite chaque année une liste de postes à pourvoir. Le candidat formule 5 choix parmi ces postes et devra d’abord passer la sélection en CIRFA (tests physiques et médicaux) avant d’avoir un entretien avec l’unité de son choix. Il faut aussi noter que la liste est mise à jour jusqu’en juin

et l’attribution des postes est chronologique. Plus vous postulez tôt, plus vous passez vos tests en CIRFA tôt et plus la période pendant laquelle vous allez passer des entretiens avec des unités sera longue (à savoir que si une unité refuse votre dossier vous pouvez toujours être reçu par une autre unité n’ayant pas encore de VADAT). Un conseil, n’hésitez pas à revenir plusieurs fois vers les CIRFA ou les unités si vous n’avez pas de réponse. 

A titre indicatif, Alix est logée et nourrie sur base et dispose, comme tout volontaire aspirant, de 25 jours de permission et d’une solde fixe de 860 euros à laquelle peuvent s’ajouter diverses primes (prime de breveté parachutiste, primes pour tous les postes à l’étranger, terrain) selon le poste de VADAT choisi. 

Concernant les tests CIRFA et plus particulièrement sportifs, ils sont plus importants qu’on ne le croit. Les résultats témoignent déjà de l’état d’esprit du candidat. Pour la formation et lorsque l’on est en régiment, il est nécessaire de faire un effort sur le sport qui est un facteur d’intégration majeur dans l’armée de Terre, surtout en régiment. Arriver avec une envie de dépassement de soi (plus importante que le niveau de sport en lui-même en réalité) garantit généralement un accueil positif. 

La formation des VADAT se compose de 3 semaines à Draguignan (école d’artillerie) ou à Coëtquidan et se sépare en deux sessions, généralement une début juillet et l’autre en août. Cette formation se clôture par une appréciation. À noter que cette formation ne donne qu’un vernis militaire et que l’intégration en unité nécessite de faire preuve d’humilité. Un “gratton” d’aspirant ne fait pas tout, il faut faire ses preuves au sein de “l’équipe” qu’on intègre. 

Il existe 2 types de postes à bien différencier. Les postes en régiment (souvent officier communication) sont une immersion plus “réaliste” dans l’armée de Terre, on y vit véritablement au rythme du régiment et le VADAT a plus d’opportunité de faire du terrain. Les postes en État-Major (hors Saint-Cyr qui est un VADAT assez sportif également) sont plus portés sur la dimension stratégique de l’armée de Terre, qui peut aussi être passionnante. En revanche, pour la préparation d’une candidature officier sur titre (OST) ou d’une carrière dans la défense, ces formats sont valorisables dans la mesure où ils sont une opportunité incroyable de fréquenter des gradés dont l’expérience est précieuse. En étant intégrée dans une équipe constituée d’officiers de carrière expérimentés, Alix a été surprise de l’implication de ses chefs dans son orientation personnelle. Être VADAT c’est faire pleinement partie d’une unité qui, quand on se donne pour elle, est prête à nous le rendre largement. De plus, le VADAT représente pour elle une chance en ce qu’il permet de participer à différents stages d’aguerrissement, brevets (de parachutisme par exemple), enseignements commando… 

Ce qui a marqué Alix lors de son expérience est donc l’importance du dépassement de soi menant à un certain aguerrissement et une certaine omniprésence de valeurs très fortes (cohésion, solidarité…). Alix a postulé avec la volonté de vivre une aventure, de faire du tir, de connaître le terrain etc… et les qualités humaines qu’elle a retiré de ce dépassement de soi sont pour elle très utiles tant personnellement que professionnellement (force morale, goût du défi). 

Nicolas, Volontaire Aspirant de l’Armée de l’Air et de l’Espace (VASP)

Ancien volontaire aspirant, Nicolas a réalisé son année de césure à l’issue de la 3ème année du collège universitaire de Sciences Po sur la base aérienne 133. Il a postulé à cette offre grâce au partenariat établi entre la base aérienne 133 de Nancy-Ochey et le campus de Sciences Po Paris à Nancy. Il encourage les futurs volontaires à réaliser leur année de volontariat dans les armées entre la fin du collège universitaire et la première année de master afin d’avoir un aperçu au plus tôt du fait militaire et afin de s’orienter en toute connaissance de cause. Concernant la formation, elle se déroule à l’Ecole de l’air de Salon de Provence sous la forme d’une Formation Militaire Initiale (FMI) de 4 semaines. Les tests sportifs lors de la sélection des candidats permettent de préparer cette formation qui peut être éprouvante (bivouacs, manque de sommeil, sport quotidien). 

Une fois affecté sur base, il prend ses fonctions de “responsable mission jeunesse” de la base et met en pratique la déclinaison du plan escadrille Air-Jeunesse (organisation de conférences, suivi de préparations au BIA, encadrement des cadets et juniors..). La base aérienne de Nancy permet chaque année à deux étudiants de bénéficier de cette expérience, l’autre poste étant “assistant militaire de commandement” et recoupant certaines des missions administratives et logistiques du responsable mission jeunesse. Pour Nicolas, le plus enrichissant dans cette expérience a été la découverte du fait militaire avec notamment l’encadrement des promotions de réservistes (PMIP-DN) où il a pu découvrir l’aspect de commandement en étant chef de section. De plus, l’avantage de cette année-là a été de découvrir différentes bases et d’ainsi comprendre les différentes missions de l’AAE. Nicolas a ainsi pu visiter l’école du renseignement militaire à Strasbourg (maintenant à Creil), la base aérienne de Saint Dizier où sont présents des Rafales, et diverses autres unités qui lui ont offert un riche aperçu des actions de l’AAE (exercice Poker concernant la dissuasion nucléaire, par exemple). Pour lui, cette expérience a été très formatrice car elle lui a permis de découvrir des choses inconnues du grand public. Nicolas a souhaité poursuivre son engagement au sein de l’Armée en intégrant la Réserve Opérationnelle de l’Armée de l’Air et de l’Espace. 

Le 18 décembre 2020, la promotion OSC 2020 CHARLIE a été présenté au drapeau; La cérémonie s’est déroulé sur la base aérienne 701 de Salon de Provence et était présidée par le général Dominique Arbiol, commandant la base aérienne 701 et directrice générale de l’École de l’air.

Oscar, Volontaire Aspirant Commissaire (VAC) ancrage Marine 

Oscar est un ancien étudiant de Sciences Po issu du master Politiques publiques, spécialité sécurité et défense. Postulant initialement au VOA Chef de quart”, il décide finalement de faire VAC embarqué. Les deux semaines de Formation Militaire Initiale (FMI) à l’Ecole des commissaires des armées située à Salon de Provence lui ont permis d’acquérir des bases militaires solides. De la deuxième semaine, consacrée à la consolidation des acquis et à la formation d’officier (commandement, connaissance du monde militaire et marin) il tire un enrichissement humain et pratique, notamment grâce à des exercices et des mises en situations de commandement au cours desquelles il faut conduire une mission de A à Z. Enfin, une semaine intensive d’administration embarquée lui a permis de découvrir les attributions du commissaire à bord, ce qui sera son quotidien pendant près d’un an : il sera vite plongé dans le rôle d’un commissaire embarqué (contrôle de gestion, affaires publiques, administration, communication, etc). A l’issue de sa formation, il est affecté sur la frégate Guépratte. 

Les connaissances acquises lors de sa formation lui ont indubitablement servi lors de sa poursuite d’études en master sécurité et défense. Les affectations dépendent du classement à l’issue de la formation. La capacité à s’intégrer dans un équipage embarqué et opérationnel est cruciale selon lui, et elle est évaluée dès les épreuves de sélection.

Lors de son témoignage, Oscar relève l’importance de l’ancrage des commissaires (Air, Terre, Mer, Armement, Santé) : la culture militaire et les attributions que vous allez posséder en dépendent ! L’ancrage Marine signifie départ en mission, (en zone OPEX ou non), mais aussi navigation ou participation à la vie à bord, ce qui le distingue des autres volontariats. Il faut tout de même noter que le VAC embarqué n’est pas tout le temps en mer, bien que tout le temps à bord. Oscar a pu partir 4 mois en mission opérationnelle (avec différentes escales en Méditerranée), auxquels s’ajoutent des sorties en mer tout au long de l’année, pour environ 130 jours de mer. Hormis la navigation et l’aspect opérationnel (renseignement), les missions demeurent les mêmes en tant qu’adjoint du commissaire titulaire : relations publiques, communication, administration embarquée, inventaire, etc… 

Son expérience a parfois pu être éprouvante sur le plan physique (mal de mer, manque de repos) mais cela n’a fait que renforcer sa résilience et a été largement compensé par le fort apport humain de son volontariat. Cette force morale est essentielle car le VAC est le seul commissaire après son chef, (et en cas d’absence il assure son rôle) ce qui demande une bonne adaptabilité. 

Outre la découverte de ce milieu riche et passionnant, Oscar note trois grands avantages propres au VAC embarqué : 

  1. La garantie de départ en mission et l’intégration à un équipage opérationnel, ce qui donne un excellent aperçu de la vie embarquée et des opérations navales (et influe sur la solde par les primes, et sur les permissions, par le repos accordé après la mission). 
  2. La possibilité, en fonction du classement post-formation, de choisir des bâtiments aux missions très diverses, dont certains stationnés outre-mer. 
  3. Le recrutement, très efficace et normé pour l’ensemble de la Marine (suivi rapide et régulier des candidats). Les officiers sous contrats dans la Marine sont bien perçus, il est donc facilement possible de continuer dans cette voie. 

Oscar nous donne un dernier conseil pour une expérience de volontariat dans les armées réussie : le volontariat est ce que l’on en fait : “n’hésitez pas à demander à vos supérieurs de découvrir tout ce qui vous intéresse à titre personnel”. Cette expérience a renforcé son goût pour la Marine et lui a permis de mûrir. Il encourage à être curieux et à ne pas hésiter à tenter le volontariat au sein du commissariat des armées avec un ancrage Marine. 

Jade, Volontaire Officier Aspirant (VOA) Marine 

Jade nous confie avoir choisi la Marine au hasard, mais qu’elle ne regrette pas ce choix tant cette expérience lui a apporté. Elle a ainsi été très rapidement recontactée par le CIRFA après avoir postulé pour un poste de VOA, et a eu une réponse moins de 3 semaines après son entretien. 

La formation est très courte pour être VOA opérationnel (OPS) à l’Ecole Navale comparée à celle de St-Cyr Coëtquidan mais n’en demeure pas moins militaire. L’approfondissement de cette formation se fait en unité. Une fois arrivée en poste, elle découvre l’étendue des missions qui lui

seront confiées : elle travaille ainsi au centre névralgique de la base où l’on rationalise toutes les demandes des unités de la marine qui pouvaient avoir les mêmes besoins. Comme Oscar, elle note l’importance du “Pacha” (commandant) sur le navire (terme propre aux coutumes de la Marine) qui lui a appris beaucoup de choses. Le travail auprès du Pacha est très important et permet de pallier les difficultés morales et psychologiques qu’un équipage peut rencontrer (assister à des noyades, conditions climatiques). 

Pour Jade, le point essentiel est d’assumer le fait que vous sortez à peine de l’école et que vous ne connaissez rien. Il faut trouver ce juste milieu entre être humble, écouter ses pairs et assumer un rôle de “chef” en gardant à l’esprit les responsabilités que vous possédez. Pour être VOA OPS et VOA dans la Marine en général, il faut vouloir se donner à 1000% : être demandeur, être curieux. Jade nous raconte ainsi ses expériences : sa découverte d’un sous-marin, ses tours en hélicoptères, ses vols avec l’ALAT (Aviation Légère de l’Armée de Terre). Jade est à présent réserviste pour la Marine. En outre, son volontariat lui a permis de tisser des liens amicaux forts. 

Conseils aux volontaires en devenir : 

Soyez conscients de l’engagement que cette expérience représente mais n’hésitez pas, si vous vous destinez à une carrière militaire, ou si vous avez soif de découverte et de responsabilités, les volontariats sont faits pour vous ! N’hésitez pas à consulter les offres sur les différents sites des armées ainsi que sur leur page Linkedin. 

Liens utiles : 

Pôle Orientation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Revenir en haut de page