Veille stratégique – Décembre 2020 (2/2)

AMÉRIQUES

Rencontre du chef d’état-major américain avec les talibans et le président afghan lors d’une tournée secrète au Moyen-Orient 

En début de semaine dernière, le chef d’état-major des armées américain Mark Milley a effectué une tournée de quatre jours au Moyen-Orient, gardée secrète pour des raisons de sécurité. Mardi 15 décembre, le général américain a rencontré des négociateurs talibans à Doha au Qatar afin de s’entretenir avec eux sur une solution de stabilisation du pays. Celui-ci est encore régulièrement frappé par des attaques terroristes, menées par les talibans ou par l’Etat islamique. Or, l’armée américaine prépare son retrait. Mark Milley s’est entretenu des mêmes sujets avec le président afghan Ashraf Ghani le lendemain.

  • Le président sortant Donald Trump a annoncé réduire le contingent américain en Afghanistan à 2500 soldats d’ici janvier 2021, contre 13000 un an plus tôt. Ce retrait est effectivement en cours d’après les récentes annonces du Pentagone. Le président élu Joe Biden ne devrait pas revenir sur cette décision. Alors qu’il était vice-président de Barack Obama, il s’était déjà opposé à l’envoi de renforts dans le pays en 2009.
  • Des pourparlers de paix entre le gouvernement afghan et les talibans sont en cours depuis septembre dernier mais ont été suspendus jusqu’au 5 janvier 2021. L’exigence américaine d’un retrait sous conditions de garanties sécuritaires n’est pour l’instant pas respectée par les seconds qui attaquent quotidiennement les forces gouvernementales.

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RUSSIE / NEI 

La Russie est accusée par les Etats-Unis d’être à l’origine d’une cyberattaque contre plusieurs agences gouvernementales américaines

Le gouvernement américain a annoncé que plusieurs de ses agences, parmi lesquelles les ministères du Commerce, de la Sécurité intérieure, et du Budget avaient été frappées d’une cyberattaque d’une ampleur inédite. Le secrétaire d’État américain a affirmé que la Russie était très probablement à l’origine de l’attaque. Plus précisément, un groupe de hackers connu sous le nom de « Cozy Bear », suspecté de faire partie du service de renseignement extérieur russe, semble être à l’origine de l’attaque. Le porte-parole du Kremlin, Dimitri Peskov, a démenti toute participation russe à ces attaques, et invité les autorités américaines à ne pas « accuser la Russie sans preuve ». L’ampleur de l’attaque est encore incertaine, la faille était liée au logiciel d’une entreprise texane, SolarWinds, fournissant des milliers de clients à travers le monde. Le Royaume-Uni, l’Espagne et la Belgique en Europe ainsi que les Émirats Arabes Unis et Israël au Moyen-Orient pourraient également être affectés.

  • En septembre, le président russe Vladimir Poutine avait proposé un accord de non-interférence mutuelle dans le domaine de la cyber sécurité, sans toutefois offrir de garanties ou de véritables concessions.
  • Les États-Unis qualifient généralement les cyberattaques visant à récupérer des informations classifiées comme un « honorable travail d’espionnage » (selon les mots de l’ancien directeur de la CIA Michael Hayden), la NSA ne se privant pas de faire de même quand elle en a l’opportunité. Toutefois, les attaques causant des dommages et l’espionnage industriel ont traditionnellement provoqué des réponses fermes de la part des États-Unis. 
  • La nouvelle de cette cyberattaque intervient dans un contexte particulièrement tendu entre les deux pays : le 10 décembre (avant que la cyberattaque ne soit connue), les États-Unis avaient annoncé leur intention de fermer leurs deux derniers consulats en Russie, à Ekaterinbourg et Vladivostok.

Tensions après le cessez-le-feu au Haut-Karabakh

Des incidents meurtriers ont eu lieu les 11 et 12 décembre entre les forces régulières azerbaïdjanaises et des soldats arméniens dans une zone au statut contesté. Bakou a annoncé la mort de 4 de ses soldats tandis que l’armée de défense du Haut-Karabakh fait état de 6 soldats arméniens blessés. Les forces armées russes, qui ont un rôle de pacificateurs depuis la signature de l’accord de paix le 9 novembre, se sont rapidement interposées afin d’empêcher une nouvelle escalade. Sur les réseaux sociaux arméniens et azerbaïdjanais circulent des vidéos d’exactions commises pendant le conflit. Certaines vidéos, d’une violence insoutenable, montrent ainsi des exécutions et humiliations de civils et de prisonniers de guerre allant jusqu’à la décapitation de prisonniers vivants. Un rapport d’Amnesty International, publié le 10 décembre, fait état de crimes de guerre commis par les deux parties du conflit et appelle à une enquête d’urgence. Après avoir dénié l’existence des vidéos en question, l’Azerbaïdjan a lancé une enquête. Erevan a pour le moment gardé le silence.

  • Le conflit au Haut-Karabakh entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, qui a fait plus de 6 000 morts, s’est achevé par la signature d’accords de paix sous l’égide de la Russie le 9 novembre. Les deux pays se sont échangés cette semaine des prisonniers de guerre.

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EUROPE

L’Agence spatiale européenne (ESA) avance sur son projet de véhicule réutilisable

L’Agence spatiale européenne (ESA) avance sur ses projets liés au réutilisable. Mercredi 9 décembre, l’ESA a confié à Thales Alenia Space (TAS) et à l’italien Avio le contrat de développement d’ici à 2023 du Space Rider, un véhicule non habité réutilisable. Selon les termes de ce contrat de 167 millions d’euros, le premier lancement doit avoir lieu au troisième trimestre 2023, depuis Kourou, par le petit lanceur Vega C. L’ESA a également avancé sur le programme Thémis, le démonstrateur de premier étage de lanceur réutilisable. Construit sur le futur moteur Prometheus à oxygène et méthane liquides, il est développé par ArianeGroup pour l’ESA depuis juin 2017. Un premier contrat de 33 M€ a été passé le 15 décembre entre l’ESA et ArianeGroup pour l’engagement de la phase initiale de développement du programme Themis.

  • Space Rider servira essentiellement à des programmes de recherche et expérimentations en orbite. Mais la petite navette permettra aussi à l’Europe de maîtriser les technologies de rentrée atmosphérique et de réutilisation, ouvrant la voie à de possibles missions de vol habité européennes.
  • Les Etats-Unis disposent depuis 2010 de la mini-navette X-37B, dont les missions exactes ne sont pas connues et qui a entamé son sixième vol en mai 2020. La navette était restée 779 jours en orbite lors de sa dernière mission, de septembre 2017 à octobre 2019. La Chine a lancé, le 7 septembre dernier, un engin similaire, qui a réalisé un vol orbital de deux jours.

Bruxelles veut renforcer le mandat d’Europol

A la suite des attentats en France et en Autriche, la commissaire aux Affaires intérieures Ylva Johansson a présenté un « programme de lutte contre le terrorisme ». La commissaire a notamment proposé de renforcer le mandat d’Europol, l’agence d’échange de renseignements entre polices nationales. Ce nouveau mandat permettrait à l’agence d’entrer des informations sur des « criminels et suspects », notamment « les combattants terroristes étrangers », dans le Système d’information Schengen (ou SIS) – le fichier européen commun. Europol pourrait également émettre elle-même des alertes sur les combattants étrangers, et recevoir des données personnelles de la part des entreprises privées.

  • Outre ces dispositions, la Commission a abordé le problème des informations cryptées, comme les messages échangés via des services de type WhatsApp ou Telegram. Ce problème est tant politique que technique. L’exécutif a promis d’œuvrer avec les Etats membres pour « déterminer les solutions possibles, sur le plan juridique, opérationnel et technique, pour assurer un accès licite à ces informations ».
  • Enfin, le plan proposé par la Commission met l’accent sur la lutte contre la propagande en ligne. Bruxelles a appelé à l’adoption rapide du règlement destiné à obtenir de la part des plateformes Internet le retrait dans l’heure des « contenus terroristes en ligne ». Proposé en 2018, ce règlement est toujours en négociations entre les eurodéputés et les représentants des États membres. Un accord final sur ce sujet est attendu d’ici à la fin de l’année. 

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AFRIQUE

Redéploiement stratégique de la MINUSCA pour faire face au regain de tensions en Centrafrique

Vendredi 18 décembre, les Nations-Unies ont annoncé le déploiement d’une partie de leurs casques bleus présents en Centrafrique dans l’Ouest du pays pour faire face à une recrudescence des violences perpétrées par des milices armées. La « MINUSCA » s’est positionnée dans les localités de Bossemptélé et de Bossembélé où de récentes attaques ont été menées par les forces armées du 3R (Retour, Réclamation et Réhabilitation), du MPC (Mouvement patriotique pour la Centrafrique) et des anti-Balaka, faisant deux morts parmi les forces gouvernementales centrafricaines. Ces groupes paramilitaires, qui  contrôlent déjà les deux-tiers du pays, ont menacé de s’en prendre au président Faustin Archange Touadéra. Ils l’accusent en effet de préparer une fraude massive pour assurer sa victoire lors des élections présidentielle et législative du 27 décembre prochain.

  • La République centrafricaine est en proie à la guerre civile depuis qu’une coalition « Seleka » de milices à dominante musulmane a renversé le président François Bozizé en 2013. Les affrontements entre Seleka et milices anti-Balaka chrétiennes et animistes ont fait des milliers de morts et ont poussé la France à intervenir en 2013 et 2016 via l’opération Sangaris. Les tensions étaient retombées depuis 2018.
  • Créée en 2014 pour intervenir dans le cadre de la guerre civile, la MINUSCA est aujourd’hui forte de 11 500 casques bleus. Toujours présente en qualité de médiatrice, elle est particulièrement sollicitée dans le contexte électoral actuel.
  • La Centrafrique est l’un des pays les plus pauvres et les moins développés du monde. En 2019 et d’après le Programme des Nations-Unies pour le Développement, son indice de développement humain atteignait seulement 0,397, ce qui la classait avant-dernier (le Niger, avec un IDH de 0,394, étant le pays le moins bien classé).

Enlèvement massif de lycéens par Boko Haram dans le Nord-Ouest du Nigéria 

Dans la nuit du vendredi 11 au samedi 12 décembre, plus de trois-cent lycéens ont été enlevés à leur pensionnat de Kankara situé dans l’Etat de Katsina au Nord-Ouest du Nigéria. D’abord attribué à des groupes de bandits sévissant fréquemment dans la région contre rançon, cet enlèvement a finalement été revendiqué par le groupe jihadiste Boko Haram. La plupart des lycéens ont été libérés la semaine suivante, dans la nuit de jeudi à vendredi. Selon les premiers témoignages, ils auraient été retenus dans la forêt de l’Etat voisin du Zamfara. A ce jour, les détails d’une éventuelle contrepartie financière ou matérielle à cette libération sont inconnus.

  • Le Nigeria subit de plein fouet les actions de Boko Haram alors qu’une centaine d’agriculteurs ont été assassinés par l’organisation samedi 28 novembre dans l’Etat du Borno au Nord-Est du pays.
  • Cet enlèvement rappelle celui de la nuit du 14 au 15 avril 2014 lorsque Boko Haram avait enlevé 276 lycéennes majoritairement chrétiennes à Chibok dans l’État du Borno. Alors que 59 d’entre-elles s’étaient échappées et que 107 ont été retrouvées ou libérées suite à des négociations, une centaine de ces filles demeure à ce jour portée disparue. Celles-ci seraient soit décédées soit mariées à des combattants de l’organisation jihadiste.

Massacre attribué à Boko Haram dans un village du Sud-Est du Niger

Dans la nuit de samedi 12 à dimanche 13 décembre, au moins 27 personnes ont été assassinées lors d’une attaque dans la région de Diffa au Sud-Est du Niger attribuée par les autorités à Boko Haram. Plus de soixante-dix assaillants du groupe jihadiste ont en effet attaqué le village de Toumour, brûlant un millier de maisons et détruisant celui-ci à hauteur de 60%. Ce massacre a empêché la tenue des élections municipales et régionales du lendemain dans le village. En revanche, le scrutin s’est déroulé normalement dans le reste du pays. Celui-ci précède l’élection présidentielle prévue le 27 décembre et censée offrir un nouveau président au Niger puisque l’actuel récipiendaire de la fonction suprême Mahamadou Issoufou achève son deuxième mandat.

  • La région de Diffa est située à la frontière du Tchad et du Nigéria, l’une des zones d’action favorites des jihadistes de Boko Haram ou de sa branche dissidente de l’ISWAP (Islamic State’s West Africa Province) affiliée au groupe Etat islamique. Cette dernière est systématiquement assimilée à l’organisation-mère Boko Haram par les autorités nigériennes.

Rupture des relations diplomatiques entre la Somalie et le Kenya

Mardi 15 décembre, le gouvernement somalien a annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec son voisin kényan qu’il accuse d’ingérences. Cette décision intervient après que le président kenyan a reçu le président de la République autoproclamée du Somaliland dimanche 13 et lundi 14 décembre. A cette occasion, les deux hommes ont convenu d’un renforcement des relations entre leurs pays respectifs. Celui-ci devrait se traduire par l’établissement d’un consulat kenyan à Hargeisa, capitale du Somaliland, et par la création d’une ligne aérienne la reliant à Nairobi.

  • La Somalie est un État failli en proie à la guerre civile depuis 1991. Son gouvernement ne contrôle qu’une partie du territoire national dont des pans entiers dépendent notamment du groupe jihadiste Al-Shabab (« Les jeunes »). Etat autoproclamé en 1991, le Somaliland (dont l’existence n’est  pas reconnue par la communauté internationale) est enserré dans les frontières de l’ancienne Somalie britannique. Il agit parfaitement indépendamment de Mogadiscio.
  • L’Etat somalien ne supporte pas la proximité de son voisin kényan avec l’Etat séparatiste du Somaliland. Par ailleurs, un conflit historique de partage d’eaux territoriales riches en gaz et en pétrole oppose les deux pays.

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ASIE 

Népal : dissolution du parlement jugé trop proche de la Chine

Dimanche 20 décembre, le Premier ministre du Népal, Khadga Prasad Sharma Oli, a décidé de dissoudre le Parlement népalais, où son parti, le Népal Communist Party (NCP) est majoritaire. Il est accusé par une frange du NCP d’avoir des vues géopolitiques trop conformes aux souhaits de Pékin. Cette décision est jugée anticonstitutionnelle par les frondeurs du NCP. Khadga Prasad Sharma Oli s’est dit prêt à une scission du Parti, avant de nouvelles élections en avril 2021.

  • Créé en 2018 par la fusion de deux grands partis communistes, le NCP fait face depuis des mois à de nombreuses dissensions internes. En juin dernier, la publication d’une nouvelle carte du Népal empiétant sur des territoires revendiqués par l’Inde a encore divisé le parti. Puis en novembre, un ancien Premier ministre membre du NCP a accusé son successeur de corruption.
  • Les relations sino-népalaises sont au cœur des divisions car le Népal se trouve au centre des tensions entre l’Inde, son allié traditionnel, et la Chine. En 2017, le Népal a signé un accord pour intégrer lesa « Nouvelles routes de la soie », projet d’infrastructure chinois qui doit relier la Chine à l’Occident. Important tournant géostratégique, ce rapprochement est vu d’un très mauvais œil par l’Inde.

Chine : le Parlement européen dénonce les violations des droits des Ouïghours

Jeudi 17 décembre, le Parlement européen a voté une résolution condamnant le système chinois de travail forcé mis en place contre les minorités ouïghoure, kazakhe et kirghize. Cette résolution accuse la Chine d’exercer une oppression croissante sur de nombreuses minorités religieuses et ethniques et exhorte Pékin « à mettre immédiatement un terme à la pratique des détentions arbitraires sans chef d’inculpation, des procès et des condamnations pénales à l’encontre des Ouïghours et des membres d’autres minorités musulmanes, à fermer tous les camps et centres de détention pour les minorités ethniques victimes d’incarcération de masse, et de libérer sans délai et sans conditions les détenus ».

  • Si cette résolution, massivement adoptée (604 voix pour, 20 contre, 57 abstentions) reste non-contraignante, les eurodéputés appellent à interdire les importations en Europe des produits issus de ces camps de travail forcé. Certains demandent également la suspension des négociations sur l’accord d’investissement UE-Chine, débutées sept ans auparavant et devant aboutir cette année. 

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PROCHE ET MOYEN-ORIENT

Maroc : Donald Trump annonce la reconnaissance d’Israël par le Royaume

Le jeudi 10 décembre, Donald Trump a annoncé en deux tweets quasi simultanés d’une part que le Maroc normalisait ses relations avec Israël, et d’autre part que les Etats-Unis reconnaissaient la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. L’ONU a affirmé que la décision américaine ne changeait pas sa position, à savoir tenter d’organiser un référendum d’autodétermination au Sahara occidental.

  • Jusqu’en juillet dernier, le Maroc refusait toute normalisation avec l’Etat hébreu. Suite à cette annonce, le roi Mohammed VI, qui est également le président du comité Al-Qods, créé par l’Organisation de la coopération islamique (OCI) pour œuvrer à la préservation du patrimoine de Jérusalem, a rappelé son soutien à la “solution à deux Etats”. Toutefois, cette concession en faveur de l’Etat hébreu est présentée comme faible par rapport au gain diplomatique d’une reconnaissance territoriale qui positionne le Maroc en véritable puissance régionale face à l’Algérie.
  • En Israël, cette normalisation représente un gain politique important pour M. Nétanyahou alors que son gouvernement rencontre des difficultés face à la crise sanitaire. En effet, la communauté juive d’origine marocaine – qui apprécie le rapprochement diplomatique – est l’une des principales minorités du pays et constitue historiquement un socle de l’électorat du Likoud (coalition politique de centre-droit née en 1973 autour du parti Herout de Menahem Begin).

Iran : exécution du journaliste Rouhollah Zam

Le samedi 12 décembre, le dissident iranien Rouhollah Zam – qui a vécu en France de 2012 à 2019 en tant que réfugié politique – a été pendu quatre jours après la confirmation de sa peine par la Cour suprême. Elle avait examiné treize chefs d’inculpation dont la corruption, l’espionnage et la collaboration avec un pays ennemi. L’Union européenne et la France ont condamné ce recours à la peine capitale, l’Iran a réagit en accusant l’Europe d’ingérence dans ses affaires intérieures et d’indulgence à l’égard d’éléments perpétrant des actes terroristes.

  • L’emprisonnement d’étrangers ou de ressortissants binationaux par le régime iranien est devenu une pratique récurrente ces dernières années. L’arrestation en juin 2019 de la franco-iranienne Fariba Adelkhah ou de l’anglo-iranienne Nazanin Zeghari-Ratcliffe en 2016 en sont deux illustrations.
  • D’après les défenseurs des droits, ces emprisonnements ne reposent pas sur des charges avérées. Ils s’assimilent donc davantage à des prises d’otages dans le but de négocier la libération de prisonniers iraniens avec les pays occidentaux. L’échange de trois Iraniens détenus en Thaïlande avec la chercheuse australo-britannique Kylie Moore-Gilbert en novembre 2020 en est un exemple.
  • L’Iran est, après la Chine, le pays qui a le plus recours à la peine capitale avec 251 exécutions en 2019 d’après le dernier rapport mondial sur la peine de mort d’Amnesty International.

Irak : la puissante coalition paramilitaire du Hachd al-Chaabi se divise

Début décembre, quatre factions surnommées le « Hachd des mausolées » appartenant aux Hachd al-Chaabi (« Unités de mobilisation populaire ») ont tenu leur premier sommet stratégique. Elles ont affirmé leur volonté de se séparer du reste de la coalition en raison de l’engagement politique de certains de ses membres pro-Khamenei alors qu’il est prohibé par l’ayatollah Ali Sistani, fondateur du groupe.

  • Le Hachd al-Chaabi est une coalition paramilitaire de milices en majorité chiites qui a pour objectif l’instauration en Irak d’un gouvernement islamiste chiite fondé sur le Velayat-e faqih (gouvernement des doctes). Cette coalition a été créée en 2014 après un appel lancé aux citoyens par l’ayatollah Ali Sistani pour combattre l’expansion de l’Etat islamique. Elle a finalement été intégrée aux forces de sécurité étatiques.
  • Les dissensions au sein de la coalition ont commencé en 2016, les quatre factions dénonçant l’accaparement des ressources par al-Mouhandis (n°2 de l’organisation après le général Soleimani, tous deux tués par une frappe américaine en janvier 2020). Le Hachd des mausolées s’est ensuite écarté idéologiquement du reste de la coalition en refusant toute ingérence étrangère, et notamment l’influence iranienne. Un divorce entre les factions de la plus puissante coalition politico-militaire irakienne pourrait signifier la fin du Hachd.

 

Cette veille a été réalisée par Claire Mabille, Gaspard Béquet, Théo Bruyère-Isnard, Rhéa Fanneau de la Horie et Maëlle Panza

Comité de rédaction

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