Veille stratégique – Avril 2021 (2/2)

Proche et Moyen-Orient

Guerre au Yémen : multiplication des offensives houthis et intensification des combats

Lundi 12 avril, l’ambassadrice américaine à l’ONU Linda Thomas-Greenfield a estimé, lors de négociations à Berlin, que la principale responsabilité dans la guerre au Yémen revenait aux Houthis. Ces dernières semaines, les insurgés houthis ont mené une offensive à l’encontre des forces loyalistes à Marib. Localité stratégique, Marib abrite de nombreuses ressources gazières et constitue le dernier bastion du gouvernement dans le Nord du pays. Les Houthis multiplient également les tirs de drones sur l’Arabie Saoudite et ont récemment rejeté une proposition de cessez-le-feu de Riyad.

  • Ces offensives houthis visent à faire pression sur la coalition des pays du Golfe engagés militairement au Yémen contre les rebelles houthis et dirigée par l’Arabie Saoudite. Les houthis cherchent à obtenir la levée totale des blocus maritime et aérien exercés par la coalition sur les zones qu’ils contrôlent. Depuis 2015, l’Arabie Saoudite commande une coalition
  • En février, l’ONU a proposé un plan visant à régler le conflit dans lequel sont inclus : un cessez-le-feu national, l’ouverture de routes entre le nord et le sud du pays pour garantir la libre circulation des personnes, de l’aide humanitaire et des marchandises, et le lancement d’un processus politique de paix. Ce plan est soutenu par une grande partie de la communauté internationale, et notamment par les Etats-Unis. Joe Biden a défini  la paix au Yémen comme l’une des priorités de sa politique étrangère. Malgré ces efforts, les combats font toujours rage.
  • Alors que la guerre au Yémen est considérée comme une guerre par procuration entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, l’intensification des combats et la dégradation du théâtre yéménite ont forcé les deux pays  à engager des discussions à Bagdad au cours des dernières semaines. Ces discussions représentent le premier lien diplomatique noué entre les deux puissances régionales depuis sa rupture en 2016.

Afghanistan : l’OTAN et les Etats-Unis décident du retrait de leurs troupes  

Mercredi 14 avril, les alliés de l’OTAN ont annoncé leur décision de commencer à partir du 1er mai le retrait de leurs forces engagées dans la mission Resolute Support, chargée de former et d’entraîner les forces de sécurité afghanes. Dans un communiqué, il est précisé que « le retrait de toutes les forces sera terminé en quelques mois ». Cette annonce fait suite à la décision de Joe Biden, le 13 avril, de retirer l’ensemble des troupes américaines présentes en Afghanistan d’ici le 11 septembre 2021. Affirmant avoir rempli les objectifs en Afghanistan, Joe Biden exhorte les talibans à tenir leur engagement et à ne pas menacer les Etats-Unis.

  • La date du 11 septembre 2021 est symbolique. Elle marque le 20ème anniversaire des attentats contre le World Trade Center et le Pentagone. Ces attentats ont marqué le début d’une « guerre globale contre le terrorisme » et ont précipité l’intervention américaine en Afghanistan.
  • Si Joe Biden insiste sur un retrait total et inconditionnel de l’ensemble des troupes, le général Kenneth McKenzie, chef de l’US CENTCOM, a annoncé l’envoi de renforts militaires afin de sécuriser le retrait des 2 500 soldats américains, 7 000 autres soldats de la mission « Resolute Support » et des 16 000 sous-traitants civils. Le 22 avril, il déclarait également devant le Sénat être inquiet de « la capacité de l’armée afghane à tenir le contrôle du territoire qu’ils contrôlent actuellement sans le soutien auquel ils se sont habitués depuis de nombreuses années ».
  • Ces annonces de retrait des troupes occidentales sont fraîchement accueillies par les Talibans qui avaient fait savoir qu’ils ne participeraient à aucune conférence sur l’avenir de l’Afghanistan avant le retrait de toutes les forces étrangères du territoire afghan. La conférence de paix sur l’Afghanistan, qui devait se dérouler à partir du 24 avril à Istanbul et réunir les représentants du gouvernement afghan et des Talibans, a été reportée à la mi-mai.

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Russie / NEI

La Russie retire ses troupes de la frontière ukrainienne

Le vendredi 23 avril, le ministre de la défense russe Sergueï Choigou a annoncé que les troupes massées à la frontière avec l’Ukraine allaient se retirer, les « exercices » étant terminés. Ce retrait devrait débuter avec les soldats supplémentaires postés en Crimée et se poursuivre avec les autres troupes à l’est du pays. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est dit satisfait de cette baisse des tensions.

  • La Russie avait concentré des dizaines de milliers de soldats à proximité des Républiques autoproclamées à l’est de l’Ukraine et en Crimée depuis le début du mois d’avril.
  • Ces mouvements de troupes avaient provoqué l’inquiétude de l’Ukraine ainsi que de l’Europe et des États-Unis qui appelaient à une réduction des tensions entre Moscou et Kiev.

Nouvelles sanctions américaines contre la Russie

Le 15 avril, le président américain Joe Biden a imposé de nouvelles sanctions contre la Russie et a expulsé dix diplomates russes. Les sanctions visent désormais la dette russe et interdisent les institutions financières américaines d’échanger les obligations émises par la Banque centrale ou le Fond souverain russes. De plus, l’administration américaine a mis en place des sanctions individuelles contre 32 personnes et organisations accusées d’interférences dans les élections américaines de 2020 et six entreprises technologiques qui auraient participé à l’attaque informatique contre l’entreprise SolarWinds. Toutefois, le président Joe Biden a annoncé souhaiter une « désescalade » et réitéré sa volonté de rencontrer le président russe cet été. En réponse, la Russie a pris des sanctions similaires : dix diplomates américains sont expulsés, huit fonctionnaires américains sont ajoutés à la liste de sanctions russes et le travail des diplomates américain en poste à Moscou est limité. 

  • La Russie est accusée par les États-Unis d’avoir organisé une attaque informatique contre l’entreprise américaine SolarWinds en décembre 2020. De nombreuses agences fédérales américaines avaient été touchées, dont le Departement of Homeland Security.

Manifestation en soutien à l’opposant Alexeï Navalny

Mercredi 21 avril, les soutiens à l’opposant emprisonné Alexeï Navalny ont organisé des manifestations dans tout le pays pour protester contre le traitement de celui-ci en prison. Les soutiens de Navalny réclamaient en effet que celui-ci soit soigné par des médecins civils et considéraient qu’il subissait des « tortures en prison ». Plusieurs milliers de manifestants sont donc descendus dans les rues des principales villes de Russie. Si les manifestations à Moscou se sont déroulées pacifiquement, de nombreuses arrestations ont été interpellées (1 000), notamment à Saint-Pétersbourg. En fin de semaine, Alexeï Navalny a annoncé par le biais de ses avocats qu’il avait pu être soigné par des médecins civils et qu’il mettait fin à sa grève de la faim, entamée il y a trois semaines.

  •     Alexeï Navalny a été arrêté après son retour en Russie à la suite de son empoisonnement en août 2020. Il a été condamné à 2 ans et 8 mois de prison.
  •     Son état de santé s’est dégradé en prison et a inquiété ses soutiens ainsi que la communauté internationale. Le ministre des Affaires étrangères français Jean-Yves le Drian à notamment dénoncé un « acharnement insupportable » et s’est déclaré « extrêmement préoccupé » par la santé de l’opposant russe.

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Asie

Médiation de l’ASEAN pour tenter de mettre un terme à la spirale de violences au Myanmar

Samedi 24 avril, Jakarta a accueilli un sommet exceptionnel de l’Association des nations du Sud-Est asiatique (Asean) afin de traiter de la situation politique au Myanmar, pays soumis à l’autorité d’une junte militaire ayant renversé le gouvernement civil le 1er février dernier. Fait notable, le général putschiste et chef d’Etat birman de facto Min Aung Hlaing y était invité, et ce en dépit des critiques de militants prodémocratie accusant l’Asean de légitimer sa prise de pouvoir par ce geste. Le sommet s’est conclu par la diffusion d’un communiqué exigeant la cessation immédiate de la violence au Myanmar et prévoyant la nomination future d’un émissaire spécial chargé de faciliter la médiation entre les différents partis. Ces annonces ont été saluées par le Gouvernement d’union nationale – gouvernement fantôme composé de députés déchus – qui a lourdement insisté sur son espoir de les voir mises en œuvre.

  • Le coup d’État militaire survenu le 1er février 2021 a entraîné une vague de contestation au Myanmar, caractérisée par de nombreuses manifestations. Depuis le début du mouvement, plus de 800 manifestants ont été tués par la répression menée par la junte et les moyens de communication ont été fortement restreints.
  • Alors même que le général Min Aung Hlaing était à Jakarta, la police birmane a ouvert le feu lors d’un rassemblement dans les environs de la capitale Naypidaw et un manifestant a été tué.

Perte d’un sous-marin et de son équipage pour l’Indonésie

Mercredi 21 avril, l’armée indonésienne a annoncé avoir perdu le contact avec l’un de ses sous-marins au large de l’île de Bali. Rapidement, plusieurs pays comme la Malaisie, Singapour, l’Australie, l’Inde ou encore la France ont proposé leur aide à l’Indonésie pour retrouver le bâtiment et ses 53 membres d’équipage. Le sous-marin a finalement été localisé dimanche 25 avril, brisé en trois morceaux à 839 mètres de profondeur et sans aucun survivant.

  • Le bâtiment perdu était un modèle allemand 209-1300 construit en 1977, mis en service en Indonésie en 1981 et rénové en 2012 par des chantiers navals sud-coréens. Son âge avancé interdisait les plongées au-delà d’une profondeur de 500 mètres.
  • C’est la première fois que l’Indonésie fait face à ce type d’accident et ce alors même qu’elle entend renforcer ses capacités sous-marines. Sa flotte désormais réduite à un 209-1300 allemand et à trois Chang Bogo sud-coréens devrait accueillir trois autres exemplaires de ce dernier modèle d’ici 2025.

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Amérique

Recrudescence de violences en Colombie

De nouvelles violences ont eu lieu dans le Sud-Ouest de la Colombie ces derniers jours. Samedi 17 avril, au moins 14 rebelles dissidents de l’ex-groupe armé des Farc ainsi qu’un militaire colombien sont morts au combat dans la municipalité d’Argelia (département de Cauca). L’armée colombienne a annoncé que ses soldats avaient été attaqués avec des engins explosifs alors qu’ils menaient une action spéciale en réponse à un attentat à la voiture piégée ayant fait 43 blessés le 27 mars dernier dans la municipalité voisine de Corinto. Mardi 20 avril, c’est la gouverneure indigène du département de Cauca qui a été abattue après qu’elle se soit ouvertement opposée aux cultures illégales dans la région.

  • Le Cauca est en proie aux luttes pour le contrôle du trafic de drogue et de l’exploitation minière. Malgré la démobilisation des Farc à la suite de l’accord de paix de 2016, environ 2500 dissidents poursuivent leurs activités dans le département. Ils se disputent son contrôle avec l’Armée de libération nationale (ELN), dernier groupe armé encore officiellement actif en Colombie.

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Afrique

Tchad : décès du Président Idriss Déby Itno

Le 19 avril 2021,  Idriss Déby Itno, président du Tchad depuis 1996, est décédé des suites de ses blessures au combat contre des rebelles au nord, selon le communiqué du porte-parole de l’armée tchadienne. Un de ses fils, le général quatre étoiles Mahamat Idriss Déby (MID), 37 ans, lui a succédé à la tête d’un conseil militaire de transition composé de quinze généraux qu’il a nommés. De nouvelles institutions devraient voir le jour dans dix-huit mois grâce à de nouvelles élections faisant suite à la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale par MID. Cependant, les rebelles ont rejeté le conseil militaire et maintiennent leur offensive contre le régime. 

  • Les conséquences stratégiques d’une possible remise en question de la participation du Tchad à l’opération Barkhane sont importantes. C’est en effet à N’Djamena qu’est centralisée et coordonnée la majeure partie des actions sur le terrain de Barkhane. La capitale accueille également une des deux bases aériennes d’où décollent les avions de l’opération. De surcroît, le Tchad a toujours été le plus important contributeur à la force conjointe du G5-Sahel, et le pays le plus engagé au sein de la Minusma. Il est considéré comme un pilier de la stabilité régionale.
  • Le Président Emmanuel Macron s’est rendu aux funérailles d’Idriss Déby le 23 avril, et a promis son soutien à la junte militaire de transition afin de préserver la « stabilité » – tout comme les quatre autres chefs d’Etat du G5-Sahel.

République Démocratique du Congo : manifestations pour le retrait de la Monusco

Depuis le 5 avril dernier, un mouvement violent de grève a lieu dans la ville de Beni, à l’est de la République Démocratique du Congo. Ses protagonistes dénoncent l’inefficacité de la Monusco face à la prolifération des groupes armés et réclament le départ des casques bleus. Ils espèrent ainsi que le gouvernement congolais prendra davantage de responsabilités dans cette lutte.

  • La Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo est déployée depuis le 30 novembre 1999. Avec 20 000 hommes déployés et un investissement d’un milliard de dollars par an, elle est la plus importante et la plus coûteuse mission de paix de l’ONU.

Côte d’Ivoire : une nouvelle attaque contre les forces armées

Dans la nuit du 20 au 21 avril dernier, la base militaire de N’Dotré a été attaquée à Abidjan par des hommes armés non identifiés ayant l’intention d’y pénétrer. Trois de ces attaquants sont décédés, et l’un d’entre eux a été fait prisonnier. Ce camp militaire abrite le deuxième bataillon projetable des forces armées ivoiriennes, qui intervient pour le compte des forces de l’ONU. L’attaque intervient trois semaines après un double assaut meurtrier contre les forces de défense et de sécurité dans le nord du pays, proche de la frontière avec le Burkina Faso, le 29 mars à Kafolo et le 12 avril.

  • La toute première action djihadiste meurtrière en Côte d’Ivoire a été l’attentat du Gran-Bassam en 2016, qui avait fait 19 morts, revendiquée par AQMI. Une seconde attaque d’envergure attribuée aux groupes djihadistes burkinabé a eu lieu à Kafolo en juin 2020.
  • Face à la montée de la menace terroriste dans le Nord du pays, la Côte d’Ivoire avait renforcé en 2019 les 1100 kilomètres de sa frontière avec le Burkina Faso et le Mali en lançant l’opération « Frontière étanche », assurée par un renfort de trois cents militaires.

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Europe

L’Union Européenne se dote d’une stratégie pour la zone indopacifique

Le Conseil de l’Union Européenne a rendu publique la stratégie européenne pour la coopération dans la région indopacifique. Ce document affirme clairement que l’UE souhaite renforcer « son focus stratégique, sa présence et ses actions » dans la région indopacifique. Le constat du Conseil sur la place de l’UE dans la région est double : tout en affirmant que l’Union souhaite renforcer son rôle de « cooperative partner », le document indique que l’intense compétition géopolitique et les tensions qui pèsent sur le commerce et les chaînes d’approvisionnement dans la région affectent directement les intérêts européens. Dans le domaine de la défense et de la sécurité, trois objectifs sont soulignés. Premièrement, l’UE va renforcer les partenariats avec les pays et les organisations pertinentes. Ce renforcement s’effectuera notamment dans le cadre des missions et des opérations de la PSDC. Le Conseil salue également les contributions des pays partenaires de la région à l’opération Atalanta, rappelle l’élargissement à l’Asie du Sud et du Sud-Est des missions conduites dans le cadre du projet CRIMARIO II et propose de répliquer le projet CRIMARIO dans la zone sud du Pacifique. Enfin, le Conseil propose de distinguer des « Maritime Areas of interest » dans la région indopacifique afin d’aider les Etats membres à se coordonner.  

  • Alors que la Commission européenne s’opposait encore l’année dernière à l’idée d’une stratégie européenne dans la zone indopacifique, la publication d’un tel document témoigne du chemin parcouru par les Etats membres. Cette prise de position traduit la pression exercée sur l’UE par des Etats comme la France, l’Allemagne ou les Pays-Bas, qui ont déjà publié leurs propres stratégies nationales pour l’indopacifique. Elle envoie également un signal aux Etats-Unis, en montrant que l’Europe est prête à s’investir et à coordonner les efforts de ses Etats membres dans une région marquée par le poids de Pékin.
  • Mais la Chine, justement, n’est pas mentionnée une seule fois dans le document. Si ne cela correspond à une pratique courante à Bruxelles et visant à éviter le « naming and shaming », cela contribue également à maintenir une forme d’ambiguïté sur la position de l’Union vis-à-vis du géant asiatique.

Tensions entre la Russie et la République Tchèque

La République Tchèque a accusé les services de renseignement russe d’être impliqués dans l’explosion d’un dépôt militaire de munitions en 2014. En conséquence, Prague a décidé d’expulser 18 agents du renseignement russe travaillant en tant que diplomates dans le pays. Par ailleurs, l’administration tchèque recherche deux personnes utilisant des passeports russes en lien avec les explosions : Alexander Petrov et Ruslan Boshirov. Ces deux personnes sont également recherchées au Royaume-Uni pour leur responsabilité présumée dans  l’empoisonnement de Sergeï Skripal et de sa fille au novichok en 2018.

Moscou nie les accusations et a répondu en expulsant vingt diplomates tchèques, soit deux de plus que Prague n’en avait expulsé, réduisant de fait l’ambassade tchèque à Moscou à sept diplomates en poste. Or, Prague a décidé de ne pas en rester là et d’appliquer un article de la Convention de Vienne lui permettant de limiter le nombre de membres du personnel de l’ambassade de Russie à Prague au nombre de ses diplomates en poste à Moscou : ce sont donc pas moins de 63 diplomates Russes qui devront quitter la République Tchèque si Moscou ne revient pas sur sa décision. Par ailleurs, Prague a demandé des actions de la part de l’UE et de l’OTAN pour montrer un front commun face à la Russie. Plusieurs pays européens ont, en signe de solidarité, expulsé des diplomates russes (les pays Baltes notamment).

  • Prague conservait jusque-là une position intermédiaire en Europe, entre la Hongrie russophile d’Orban et la position antirusse marquée de la Pologne. Le président tchèque (qui n’a qu’un rôle de représentation), Miloš Zeman, affichait toutefois des positions clairement pro-russes, au contraire de son gouvernement.

Cette veille a été rédigée par Claire, Théo, Gaspard, Rhéa et Maëlle

Comité de rédaction

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