EUROPE
Pris dans le piège Trump-Poutine : un sommet « chirurgie à cœur ouvert » pour la défense européenne
À Bruxelles, les dirigeants de l’Union européenne se sont réunis le 3 février lors d’un sommet informel afin de définir l’avenir de la politique de défense du bloc face aux menaces grandissantes, notamment celles émanant de la Russie. Au cœur des débats, la France a défendu l’idée de consacrer les fonds européens à des systèmes d’armement conçus et produits en Europe, tandis que d’autres pays (Allemagne, Pologne, Pays-Bas, États baltes) ont plaidé pour maintenir des liens étroits avec leurs alliés, en particulier les États-Unis. La réunion visait à dégager un consensus sur le développement conjoint d’équipements militaires, dans un contexte où l’influence des industriels américains reste prépondérante et où le président Trump continue d’exercer une forte pression sur la dynamique transatlantique.
- Le sommet révèle la tension entre la volonté d’autonomie stratégique portée par la France et la nécessité, pour d’autres États membres, de préserver une coopération étroite avec les États-Unis pour garantir leur sécurité.
- Ce débat s’inscrit dans une longue tradition de recherche d’un équilibre entre souveraineté européenne et dépendance aux alliances transatlantiques, depuis la création de l’OTAN et la fin de la guerre froide.
- La capacité de l’UE à investir massivement dans sa défense tout en gérant les compromis avec ses partenaires américains sera cruciale pour renforcer la résilience et l’autonomie stratégique du continent.
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AMÉRIQUES
Quatre semaines après l’investiture de Donald Trump à la Maison Blanche, la mise en place d’une stratégie explicite et agressive de refonte des Etats-Unis et d’une domination trumpiste sur le monde
- La mise en place de la politique “America First” de Donald Trump a des effets directs tant au niveau des Etats-Unis que sur la scène internationale. En effet, le monde doit composer avec un grand nombre de changements protectionnistes qui redéfinissent le jeu des relations internationales avec l’Amérique, induisant des modifications stratégiques obligatoires de la part des pays étrangers.
- Outre la contrainte d’une modification des rapports globaux, la position du nouveau président, très agressive, inquiète le monde, provoquant des mécontentements à plusieurs niveaux et des réactions d’opposition.
- Concernant les taxes douanières voulues par Trump sur l’Union européenne (qui a les droits de douane parmi les plus bas du monde), l’UE a par exemple réagi en considérant ces mesures comme injustifiées et en promettant des contre-mesures “fermes et immédiates”.
- Alors que Trump a signé un décret le jour de son investiture pour ordonner le gel de l’aide étrangère des Etats-Unis, provoquant un séisme et une peur dans le milieu des ONG, un juge américain a décidé d’empêcher l’administration de résilier des accords ou contrats en cours au 19 janvier, afin de faire opposition de la volonté trumpiste.
- En annonçant sa volonté inattendue de “prendre le contrôle” de la bande de Gaza, Trump a par ailleurs décleanché un tollé international et une vague d’indignation face à sa volonté de conquérir un territoire où la guerre sévit actuellement sans l’accord ni des Palestiniens ni des Israéliens.
- L’Associated Press a dénoncé jeudi les restrictions de la Maison Blanche contre ses journalistes, après qu’un de ses reporters a été empêché d’accéder à un événement. L’agence de presse américaine a affirmé que c’était la troisième fois en trois jours que des journalistes d’AP étaient empêchés de couvrir l’actualité du président. Ces restrictions font suite au refus de l’agence d’utiliser le nouveau terme officiel de « golfe d’Amérique » pour désigner le golfe du Mexique, une décision prise par le président depuis son retour au pouvoir. (Le Monde-a, Le Monde-b, La Nouvelle Tribune)
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RUSSIE/ NEI
Trump et Poutine, rencontre entre adversaires ou amis ?
Depuis le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis, la Russie était dans l’attente d’un signal propice à l’initiation de pourparlers. À la suite d’une conversation téléphonique entre les deux chefs d’État le 12 février 2025, Vladimir Poutine a proposé à Donald Trump une visite à Moscou – qui se fera finalement probablement en Arabie Saoudite. Cette invitation revêt une importance particulière, car elle pourrait marquer la première rencontre présidentielle américano-russe depuis six ans. Auparavant, Poutine avait salué l’acuité intellectuelle et le pragmatisme de Trump, suggérant que cette invitation vise à consolider les relations bilatérales tout en traitant des enjeux critiques, c’est-à-dire principalement le conflit en Ukraine.
- Vladimir Poutine a promis des pourparlers de paix concernant le conflit en Ukraine, qui dure depuis trois ans. Cependant, les conditions posées par la Russie sont strictes et incluent la reddition de l’Ukraine, sa renonciation formelle à rejoindre l’OTAN, et le contrôle des territoires ukrainiens occupés, y compris la Crimée annexée en 2014. Ces conditions montrent que la Russie cherche à obtenir des concessions majeures avant d’envisager une résolution pacifique.
- Les observateurs notent que les discussions s’annoncent longues et complexes. Poutine semble adopter une stratégie de patience, sachant que Trump cherche des résultats rapides. Cette dynamique pourrait permettre à la Russie de gagner du temps et de renforcer sa position militaire et diplomatique. (Le Monde)
Un an après la mort de Navalny
Un an après le décès en détention d’Alexeï Navalny, figure emblématique de l’opposition au Kremlin, environ 1 500 de ses partisans se sont rassemblés à Moscou le 16 février pour lui rendre hommage. Malgré les risques de répression, ils ont formé une longue file au cimetière Borissovskoïé pour déposer des fleurs sur sa tombe. La présence policière, bien que discrète, était principalement assurée par des agents en civil.
- Le rassemblement a attiré une foule significative, démontrant le soutien persistant envers Navalny malgré le climat de répression en Russie. Les participants ont bravé les risques potentiels de représailles pour honorer la mémoire de l’opposant, illustrant la résilience du mouvement d’opposition face à l’adversité.
- La présence de diplomates occidentaux, notamment des représentants des ambassades américaine, française, espagnole, norvégienne et de l’Union européenne, a ajouté une dimension internationale à cet hommage. Leur participation peut être interprétée comme un soutien symbolique aux droits de l’homme et à la liberté d’expression en Russie.
- Ioulia Navalnaïa, la veuve de l’opposant, a exhorté les exilés russes à se mobiliser et à manifester en soutien à ceux restés en Russie qui craignent des représailles. Elle a souligné l’importance de devenir la voix de ceux qui ne peuvent s’exprimer librement, mettant en lumière les défis auxquels est confrontée l’opposition russe, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
- L’opposition russe, bien que réprimée en Russie, tente de se réorganiser à l’étranger. Cependant, elle reste divisée et affaiblie, ce qui complique ses efforts pour maintenir une pression significative sur le régime. Les divisions internes et les défis logistiques liés à l’exil entravent la capacité de l’opposition à présenter un front uni contre le Kremlin. (France Info)
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AFRIQUE
Somalie: attaque d’une base militaire par des combattants de l’Etat islamique
Le 11 février, des combattants de l’Etat islamique (EI) ont attaqué l’une des bases militaires située dans les montagnes de Cal Miskaad, dans la province semi-autonome de Puntland (nord-est du pays), au moyen d’une voiture chargée d’explosifs. Après vingt-quatre heures d’affrontements, le porte-parole de l’armée du Puntland, Mohamud Faadhigo, a assuré que “l’ennemi a été vaincu” par les forces régionales. Il a confirmé la mort de 65 combattants de l’EI dans les combats, et la poursuite des “derniers terroristes vaincus”, notamment dans les grottes du massif de Cal Miskaad. Le responsable militaire Abdikadir Farah a quant à lui rapporté la mort de vingt soldats du Puntland.
- La présence de l’EI en Somalie connaît une récente résurgence. Bien que Al-Shabaab (affilié à Al-Qaïda) contrôle près d’un quart du territoire du pays au sud, l’EI s’est implanté dans la région du Puntland, au nord, dès 2015. La branche somalienne, devenue officiellement “province” de l’EI en 2017, compterait aujourd’hui près de 1000 combattants sous la direction de l’émir Abdul Qadir Mumin (ancien Al-Shabaab). Point stratégique entre le Golfe d’Aden et la Corne d’Afrique, le Puntland est une plaque tournante financière majeure pour l’EI, facilitant également le transfert d’armes et l’entraînement de combattants.
- Ces constats s’ajoutent à la consolidation et à l’élargissement des activités de l’EI en Afrique de l’Ouest et au Sahel, relevés par le directeur exécutif du Centre des Nations unies pour la lutte contre le terrorisme, Vladimir Voronkov, en août 2024. La réouverture du “bureau” Al-Karrar, unité logistique majeure de l’EI, est également source d’inquiétude pour l’ONU. En effet, quatre membres d’une cellule en lien avec l’unité Al-Karrar avaient été arrêtés par la police suédoise à Stockholm en mars 2024.
- Les Etats-Unis se sont saisis du dossier dès mai 2024, lorsque des frappes de drones avaient ciblé Abdul Qadir Mumin sans succès. Le 1er février 2025, le président américain Donald Trump a annoncé des “frappes aériennes” contre des combattants de l’EI en Somalie, dans les monts de Golis. Les services du président somalien Hassan Sheikh Mohamoud se sont félicités du renforcement du “fort partenariat en matière de sécurité » entre les deux pays. (Le Monde, France 24, Le Monde)
Nouvelle avancée du M23 en RDC malgré un sommet régional appelant à une “cessation des hostilités”
- Le Burundi, pays frontalier du Rwanda et de la RDC, a déployé 10 000 hommes dans le Sud-Kivu en appui à l’armée congolaise. Les troupes auraient déjà été impliquées dans des combats contre le M23.
- Suite à la chute de Goma fin janvier, qui a provoqué le déplacement des combats dans la province du Sud-Kivu, les pays frontaliers de la RDC et du Rwanda craignent plus que jamais un embrasement régional. Depuis le début du conflit il y a plus de trois ans, aucune trêve, cessez-le-feu ou médiation n’a réussi à y mettre fin. Les divergences de position des différents acteurs ont été mises en exergue au sommet du 8 février. Tandis que la SADC (dont fait partie la RDC) a réaffirmé sa reconnaissance de la souveraineté territoriale de la RDC, l’EAC (dont sont membres le Rwanda et la RDC) a « exhorté le gouvernement de Kinshasa à engager le dialogue avec tous les acteurs, dont le M23 ». La RDC, jusqu’à présent, a catégoriquement refusé d’entamer des pourparlers avec le M23.
- La situation humanitaire du Nord et du Sud Kivu continue de se dégrader. Les camps de déplacés en périphérie de Goma se vident suite à un ultimatum de 72h lancé par le M23 le 10 février. Selon l’ONU, plus de 110 000 déplacés auraient quitté Goma pour des villages dans les territoires de Masisi, Rutshuru et Nyiragongo. D’autre part, 100 000 personnes auraient rejoint la ville de Bukavu, dans le Sud-Kivu. (Le Monde, ONU, Le Monde)
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ASIE
La Corée du Nord dénonce un acte militaire hostile
- L’agence de presse basée en Corée du Sud, Yonhap, a annoncé que l’USS Alexandria, un sous-marin américain à propulsion nucléaire, était arrivé à la base navale de Pusan, en Corée du Sud, le 10 février. Une visite semblable avait eu lieu quatre mois auparavant.
- En insistant sur la nécessité de renforcer ses capacités d’autodéfense après cet acte militaire hostile, la Corée du Nord a réaffirmé son engagement, pris par Kim Jong-un en janvier, de continuer le programme nucléaire du pays. (Le Monde, Le Figaro)
Bangladesh : mise en place de l’opération “chasse aux démons”
- Le gouvernement provisoire a attribué la responsabilité de ces violences à Sheikh Hasina, qui malgré sa fuite, continue d’avoir une influence au Bangladesh grâce à ses messages sur les réseaux sociaux.
- Le gouvernement a affirmé avoir mené l’opération après que des gangs “liés à l’ancien régime autocratique eurent attaqué un groupe d’étudiants, dont certains ont été gravement blessés.” Le ministre de l’Intérieur, Jahangir Alam Chowdhury, a déclaré mener cette opération “jusqu’à ce que les démons soient déracinés”.
- L’avocat de la Cour suprême, Snehadri Chakravarti, a critiqué ces opérations, déclarant : “je ne pense pas que cette campagne améliorera de manière significative l’ordre public qui se détériore, pour moi, c’est de la poudre aux yeux.” (Le Monde, RFI)
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AFRIQUE DU NORD/ MOYEN-ORIENT
“From the Riviera to the sea” : Trump part en Croisade contre les Gazaouis
Le 11 février 2025, Donald Trump a secoué la scène internationale en suggérant que les États-Unis pourraient « prendre le contrôle » de Gaza afin d’assurer la reconstruction. En effet, le président américain souhaite expulser les habitants de Gaza pour en faire la « Riviera du Moyen-Orient », riche et prospère, où les Palestiniens n’auraient pas le droit de revenir. Si Israël s’est félicité de cette initiative, cette annonce a provoqué un véritable tollé dans plusieurs pays arabes mais aussi dans des capitales occidentales. En réaction, l’Arabie saoudite doit accueillir le 20 février, une semaine avant le sommet prévu le 27 février en Égypte, une rencontre avec l’Égypte, le Qatar, les Émirats arabes unis et la Jordanie pour élaborer une réponse commune à ce plan de Donald Trump. Selon une source saoudienne, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas ou son Premier ministre, Mohammad Mustafa, devraient aussi y participer. Il est vraisemblable que ces pays vont, à cette occasion, rejeter en bloc, à nouveau, le déplacement des Gazaouis et leur transfert hors de ce territoire.
- Par sa proposition, Trump a totalement abandonné l’idée d’un État palestinien comprenant la Cisjordanie et Gaza. Son plan va ainsi bien au-delà du soutien traditionnel des États-Unis à Israël, en plaçant directement Gaza sous influence américaine. Une relocalisation massive des Palestiniens constituerait certainement une violation du droit international, notamment le principe d’interdiction des transferts forcés de population.
- Le soutien de Netanyahou à cette proposition lui permet de renforcer son assise politique auprès de la droite israélienne. Toutefois, il risque aussi d’accentuer les divisions avec les partenaires internationaux et de compliquer la gestion du conflit avec le Hamas.
- Face à la levée de boucliers des pays arabes, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a déclaré, jeudi, que les États-Unis étaient ouverts aux propositions des pays arabes sur Gaza, alors que Trump menace l’Egypte et la Jordanie de répercussions s’ils n’acceptent pas le plan alors que les deux pays sont fragiles économiquement et militairement. Il est important de souligner que la Jordanie accueille déjà 2 millions de réfugiés Palestiniens sur son territoire et que près de la moitié de sa population a des origines palestiniennes.
- Si le Hamas perçoit cette annonce comme une tentative d’effacement de Gaza et du peuple palestinien, alors que ce “Deal” trumpien met en danger le Cessez-le-feu. (BBC, Le Parisien)
Hamas-Israël : va-t-on vers une cessation du cessez-le-feu ?
Depuis son entrée en vigueur le 19 janvier, l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas a été marqué par une instabilité constante. Les négociations menées par l’Égypte et le Qatar ont permis de limiter les tensions, mais l’accord a semblé au bord de l’effondrement. Le Hamas accusait Israël d’entraver l’entrée de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, Tel-Aviv dénonçait des conditions humiliantes et dangereuses de restitutions des otages lors de l’échange du 8 février, tandis que les ministres d’extrême droite du gouvernement de Benjamin Netanyahu fustigeaient l’accord. Ces tensions avaient conduit Donald Trump à imposer un ultimatum : libérer la totalité des otages d’ici au 15 février ou subir « un enfer » dans la bande de Gaza. Si l’armée israélienne a renforcé sa présence dans le sud du pays, se préparant à une éventuelle reprise des combats, le Hamas a déclaré le 14 février continuer les restitutions d’otages prévus par l’accord.
- Les déclarations incendiaires du ministre Bezalel Smotrich et d’autres figures de l’extrême droite révèlent un durcissement qui pourrait réduire les marges de manœuvre de Netanyahu et pousser à une reprise des combats.
- La proposition américaine de prendre le contrôle de Gaza après une évacuation forcée de ses habitants et ayant provoqué un tollé dans le monde arabe, ajoute une complexité supplémentaire aux négociations alors qu’elle est vue par Marco Rubio, secrétaire d’Etat américain, comme le “seul plan” actuellement, faute de proposition des Etats arabes.
- Enfin, alors que les discussions sur la deuxième phase de la trêve, impliquant la restitution totale des otages et la fin définitive de la guerre, n’ont pas encore commencé, la pression s’accentue sur les acteurs impliqués. (BBC, Courrier International, France 24)
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FRANCE
Un premier drone militaire hybride développé pour les armées françaises
Le DT46, premier drone militaire hybride-électrique français développé par Delair en collaboration avec Ascendance Flight Technologies, a été dévoilé en février 2025. Ce drone, destiné aux missions de surveillance maritime et terrestre, offre une autonomie de 7 heures grâce à une propulsion hybride capable de recharger ses batteries en vol. Il est conçu pour opérer depuis des bâtiments de la Marine nationale, comme l’ont démontré des essais réussis en 2024. Les premières livraisons aux unités d’artillerie de l’Armée de Terre sont prévues pour la fin de l’année 2025.
- Polyvalence : Le DT46 peut embarquer divers capteurs (optroniques, LIDAR, IMSI-catchers) et dispose d’une portée de 100 km avec une communication sécurisée.
- Applications navales : sa configuration VTOL lui permet de décoller et d’atterrir verticalement, ce qui le rend idéal pour des opérations depuis des bâtiments.
- Tendance à l’hybridation : Ce projet s’inscrit dans la stratégie française visant à intégrer des solutions hybrides dans divers équipements militaires afin d’optimiser leur endurance et leur efficacité énergétique. (Le Figaro, Forces Operation, Delair, Army Recognition, AIN Online)
Macron met en garde contre une paix sans l’Europe en Ukraine
Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le président français Emmanuel Macron a mis en garde contre une paix en Ukraine qui serait une « capitulation », insistant sur le fait que seule Kyiv pouvait négocier avec Moscou sur les questions de souveraineté et d’intégrité territoriale. Il a également appelé l’Europe à jouer un rôle actif dans les discussions sur la sécurité régionale, face aux initiatives américaines visant à engager des pourparlers directs avec la Russie. En réponse, Macron a convoqué une réunion d’urgence à Paris avec les dirigeants européens pour coordonner une stratégie face à la guerre en Ukraine.
- Souveraineté ukrainienne : Macron a réaffirmé que Volodymyr Zelensky était le seul légitime pour négocier la paix et a mis en garde contre toute pression extérieure en faveur d’une solution précipitée.
- Unité européenne : Il a souligné l’importance d’une présence européenne forte dans les discussions sur la sécurité du continent, critiquant le manque de coordination face aux initiatives diplomatiques des États-Unis et de la Russie.
- Réunion à Paris : Macron a convoqué les dirigeants européens pour une réunion d’urgence afin d’adopter une stratégie commune sur l’Ukraine, notamment face aux incertitudes liées aux discussions entre Washington et Moscou. (The Guardian, Reuters, Reuters)
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VEILLE PARLEMENTAIRE
Étendre la mention « Mort pour le service de la Nation » aux militaires décédés durant des exercices ou des entraînements
Une proposition de loi visant à étendre le statut et les conditions d’attribution de la mention « Mort pour le service de la Nation » a été déposée, à l’Assemblée nationale, le 4 février, par des députés Rassemblement national, de l’Union des droites et du groupe LIOT.
- Les députés regrettent que les soldats « décédés accidentellement durant des exercices opérationnels ou des entraînements militaires n’aient toujours pas droit à la mention ‹ Mort pour le service de la Nation › ».
- Outre l’aspect symbolique, la mention ouvre droit à des compensations financières, notamment au conjoint et aux enfants.
Reconnaître les mêmes droits aux chiens de médiation ESPT militaires qu’aux chiens-guides ou chiens d’assistance
- Dans le cadre du programme de médiation canine ARION à destination des militaires en état de stress post-traumatique, la proposition de loi souhaite permettre à ces chiens de médiation d’obtenir le même statut que les chiens-guides ou les chiens d’assistance.
- Le texte a été renvoyé à la commission des affaires sociales.
Accorder la reconnaissance de la Nation aux rapatriés d’Indochine
- À la suite de l’adoption de la loi du 23 février 2022 portant reconnaissance de la Nation envers les harkis et les autres personnes rapatriées d’Algérie, les députés socialistes considèrent que les « rapatriés d’Indochine » ont été « laissés de côté ». Ce faisant, ils souhaitent leur accorder la reconnaissance de la Nation et réparer les préjudices qu’ils ont subis, notamment en instaurant une journée nationale d’hommage ou obtenir une réparation forfaitaire.
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VEILLE BITD
Levée de fonds pour le premier ordinateur quantique
Une levée de fonds de 100 millions d’euros a été réalisée pour permettre à Alice & Bob d’accélérer les efforts dans leur projet de construction du premier ordinateur quantique. Elle a été réalisée par le Fonds Innovation Défense, concrétisant l’implication du ministère des Armées dans le développement de la filière quantique, aux côtés de Future French Champions (FFC) et AXA Venture Partners (AVP).
- Alice & Bob est une entreprise française créée en 2020, pionnière dans les systèmes de correction d’erreurs, comme les « bit-flips », qui affectent les ordinateurs quantiques. Elle est partie prenante au programme PROQCIMA lancé en mars 2024 et piloté par l’Agence du numérique de défense, elle-même rattachée à la DGA.
- Le Fonds Innovation Défense a été créé en 2020 par le ministère des Armées, à l’initiative de l’Agence de l’Innovation de Défense. Doté de 200 millions d’euros et géré par Bpifrance, il soutient le développement d’entreprises innovantes aux technologies duales d’intérêt défense, par des fonds propres et quasi-fonds propres. (DGA)
Merci aux membres du pôle qui ont participé à la rédaction de cette veille !
