Le repositionnement militaro-diplomatique japonais dans le cadre d’une rivalité sino-américaine croissante
Écrit par Kenji Escrive, étudiant en césure
L’investiture le 20 janvier 2025 du président américain Donald Trump a marqué un nouveau tournant pour le Japon, ravivant la nécessité de renforcer les liens bilatéraux avec les États-Unis. Cette dynamique de coopération s’est concrétisée par une rencontre entre le président étatsunien et le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba le 7 février 2025, où le Japon a cherché à obtenir de nouvelles garanties de protection dans un contexte géopolitique tendu, caractérisé par une « tactique de zone grise » chinoise continue autour de Taïwan. Plus encore, la pression croissante de Pékin pour une « réunification » avec l’île ne cesse de pousser les Etats-Unis à réinvestir certaines îles du Pacifique et la base de Guam, tandis que la fin potentielle de la guerre en Ukraine achèverait le pivot américain vers la Chine.
En outre, dans la National Defense Strategy1Formulé par le Conseil de sécurité nationale japonais et approuvé par le Cabinet le 16 décembre 2022 du 16 décembre 2022, le Japon affirme être conscient d’être « confronté à l’environnement de sécurité le plus grave et le plus complexe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale »2https://www.mod.go.jp/en/d_act/d_budget/pdf/fy2025_20250210a.pdf p.4 du Rapport sur le budget de la défense japonaise pour l’année fiscale 2025..
Ce réajustement a trouvé un point d’orgue avec l’entrée au gouvernement de Shigeru Ishiba le 1er octobre 2024, marquée par une rencontre avec Xi Jinping au sommet de l’APEC à Lima. Ce dernier a souligné l’importance pour le Japon de « gérer correctement les questions historiques et celles liées à Taïwan », tandis qu’Ishiba a exprimé la volonté d’établir une relation constructive, tout en soulevant des préoccupations sur les activités maritimes chinoises3Xi tells Ishiba China hopes Japan will ‘properly handle’ history, Taiwan issues”, 16 novembre 2024. https://www.reuters.com/world/asia-pacific/xi-tells-ishiba-china-hopes-japan-will-properly-handle-history-taiwan-issues-2024-11-16/?utm_source=chatgpt.com.
Depuis le dernier mandat de Shinzo Abe (2017-2022), le Japon a amorcé un virage stratégique significatif, renforçant son réarmement et modifiant ses priorités diplomatiques pour privilégier ses relations avec les États-Unis. Ce repositionnement s’est accompagné d’une volonté d’améliorer ses relations avec la Chine. Cette dernière étant encore marquée par un ressentiment historique, souvent rappelé par le Parti communiste chinois (PCC)4Est ainsi régulièrement célébré dans la presse chinoise « la guerre antifasciste mondiale et la guerre contre l’envahisseur japonais » ; de même, lors des dialogues stratégiques majeurs avec le Japon, les différends historiques sont souvent rappelés aux officiels japonais, qui ne manquent pas de provoquer la Chine en rendant par exemple au sanctuaire Yasukuni..
Toutefois, cette politique de réarmement, bien encadrée par l’alliance nippo-américaine, s’accompagne de tensions internes, notamment avec les préoccupations liées aux garanties constitutionnelles japonaises. En dépit de l’accroissement de ses capacités militaires, le Japon reste un acteur régional à la croisée des chemins : il cherche à contrer les menaces chinoises et nord-coréennes tout en tentant de maintenir une position équilibrée vis-à-vis de la Chine, en particulier sur la question de Taïwan.
Ainsi, depuis l’administration Trump II, dans quelle mesure le Japon parvient-il à se positionner dans une rivalité sino-américaine en Indopacifique qui ne cesse de croître ?
I. Une révision de l’agenda stratégique japonais en Indopacifique accélérée par le début de la guerre en Ukraine
La crainte renforcée d’une escalade en Asie du Nord-Est et d’une hégémonie chinoise en mers de Chine
Face à la volonté d’expansion de la Chine en mer de Chine orientale (MDCO) et méridionale (MDCM), le Japon surveille les activités chinoises à proximité et exprime fréquemment de vives préoccupations concernant les ambitions de Pékin dans la région, cristallisées dans sa ligne à neuf ou dix traits, qu’elle surnomme « ligne discontinue » 断续线5“Ligne à neuf trait”. Glossaire de Géoconfluences ENS Lyon. https://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/ligne-neuf-traits-dix-tirets#:~:text=La%20ligne%20en%20neuf%20(de,Lasserre%20et%20Alexeeva%2C%202024)..
Les incursions répétées de bâtiments ou d’aéronefs chinois autour des îles Senkaku/Diaoyu, administrées par le Japon mais revendiquées par la Chine, et la militarisation croissante de la MDCM, notamment les îles artificielles construites par Pékin, ont exacerbé les tensions dans la région.
Par ailleurs, concernant Taïwan, le Japon ne reconnaît pas officiellement Taïwan, mais plaide fermement pour la stabilité dans le détroit, soulignant que toute perturbation dans cette zone aurait des répercussions profondes sur la paix et la sécurité régionales6China threat galvanizes Japan military, 14 janvier 2025. https://www.taipeitimes.com/News/taiwan/archives/2025/01/14/2003830175?utm . En août 2022, lors d’exercices militaires, plusieurs missiles chinois étaient tombés dans la zone économique exclusive (ZEE) japonaise, un incident qui avait en partie renforcé la vulnérabilité perçue du Japon face aux ambitions militaires de la Chine7https://www.reuters.com/world/asia-pacific/taiwan-shows-off-missile-firepower-rare-trip-sensitive-test-site-2024-08-20 .
Face à cette crainte, le Japon multiplie les exercices conjoints avec les Etats-Unis et les Philippines comme cela a été le cas en décembre 2024, ou plus récemment en février 2025 pour l’exercice Pacific Steller. Cet exercice impliquait le groupe aéronaval français Clémenceau 2025 déployé en Indopacifique, l’USS Carl Vinson et le porte-hélicoptères JS Kaga en mer des Philippines, à proximité de la MDCM. L’objectif du Japon était de s’afficher interopérable avec son partenaire américain, tandis que la France défendait un Indopacifique « libre et ouvert ».
L’alliance nippo-américaine confrontée à un tournant stratégique
Le « pivot asiatique américain », date de l’administration Obama en 2008, pris solidement en 2012 et marqué par le désengagement américain au Proche et Moyen-Orient avec le retrait d’Afghanistan en 2021, a pour objectif d’opérer le tournant Indopacifique des Etats-Unis, d’autant plus que l’administration Trump II semble très axée sur sa rivalité face à la Chine en se référant aux précédentes déclarations de Marco Rubio secrétaire d’État ou de Pete Hegseth secrétaire à la Défense. Le Japon, dépendant jusqu’alors des Etats-Unis pour assurer la défense de la première chaîne d’île, se retrouve entraîné dans cette dynamique qui structure désormais sa politique étrangère et de défense, sans disposer de grandes marges de manœuvres hormis l’augmentation de son budget de défense.
Le Japon, pris en étau entre la montée en puissance de la Chine et les incertitudes relatives à l’engagement des États-Unis, se retrouve à un tournant stratégique. Sous l’administration de Shinzo Abe, le pays a opéré une bascule majeure en révisant sa posture pacifiste pour répondre aux défis sécuritaires croissants en Asie-Pacifique. Cependant, la question du réarmement se pose avec encore plus d’acuité depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. En effet, Trump avait exprimé des positions ambiguës sur l’engagement militaire américain pour le Japon, lors du G20 d’Osaka de 2019, où il avait souligné que les Etats-Unis étaient contraints de défendre le Japon sans que la réciproque ne leur soit accordée : « If somebody attacks Japan, we go after them and we’re in a battle – full force and effect. We are locked in a battle and committed to fight for Japan. If somebody should attack the US, they don’t have to do that. That’s unfair ». Alimentant les inquiétudes à Tokyo, où l’on craint un désengagement progressif des États-Unis, combinée à une demande de Trump d’augmenter la contribution des alliés à la défense commune (jusqu’à 5 % du PIB), le Japon est ainsi placé dans une situation complexe, d’autant plus que Tokyo a déjà pris en charge une grande partie des coûts liés au stationnement des troupes américaines sur son territoire.
Par ailleurs, l’alliance nippo-américaine n’est pas exempte de tension, comme en témoigne le refus de l’administration Biden de permettre à Nippon Steel d’acquérir la compagnie US Steel début janvier 2025, ou encore le retrait progressif des troupes américaines d’Okinawa, redéployées à Guam. La rencontre Trump-Ishiba a refroidi les relations sino-japonaises, alors qu’une visite du MAE chinois Wang Yi est prévue au cours du mois. La coopération dans les technologies critiques nippo-américaine est perçue comme un soutien de Tokyo sur le containment américain de la Chine. En parallèle de cette dynamique bilatérale, le Japon se trouve intégré dans des alliances régionales comme le QUAD, soutenant un « Indopacifique libre et ouvert », et bénéficiant d’un accès stratégique au renseignement dans le cadre des Fives Eyes, en raison de sa proximité avec la Chine.
II. Le Japon dans une dynamique de réarmement globale dans la rivalité sino-américaine
Un contexte géopolitique conduisant à une dynamique de réarmement
Sous l’administration du Premier ministre actuel Shigeru Ishiba, le Japon pourrait être amené à ajuster cet équilibre, bien que Shinzo Abe ait bien engagé un réarmement. À l’instar de l’Allemagne, qui a considérablement augmenté ses dépenses militaires (+28% entre 2023 et 20248https://www.nato.int/nato_static_fl2014/assets/pdf/2024/6/pdf/240617-def-exp-2024-fr.pdf), le Japon a augmenté son budget de la défense de 9,4% pour l’année fiscale 20259https://thediplomat.com/2024/12/japan-approves-9-4-percent-increase-in-defense-spending-for-fy2025/, tandis que son livre blanc de la défense nationale de 2022 était en partie aligné sur celui des Etats-Unis, sortant deux mois plus tôt.
Face à la menace nord-coréenne, qui travaille actuellement à prévoir des essais d’ICBM capable d’atteindre les Etats-Unis et à une augmentation majeure du budget de la défense chinois, le Japon accélère l’acquisition des missiles Tomahawk de l’année fiscale 2026 à l’année 2025, priorise des essais avec un tir en avril 2024 d’un Hyper Velocity Gliding Projectile (HVGP)10Overview of FY2025 Budget, site du Ministère de la défense japonais. https://www.mod.go.jp/en/d_act/d_budget/pdf/fy2025_20250210a.pdf pour défendre les îles de l’archipel en les déployant à Hokkaido et Kiyushu11 https://www3.nhk.or.jp/news/html/20221210/k10013918951000.html.
Le rehaussement du budget de la défense japonais à hauteur de 54 milliards de dollars12https://news.usni.org/2024/12/27/japanese-cabinet-approves-record-defense-budget-china-launches-new-amphibious-warship, marque une rupture, déjà entamée sous l’administration Shinzo Abe, avec le pacifisme inscrit dans les dispositions de l’article 9 de la Constitution japonaise de 194713“Article 9.Aspiring sincerely to an international peace based on justice and order, the Japanese people forever renounce war as a sovereign right of the nation and the threat or use of force as means of settling international disputes”., surnommé la « MacArthur Constitution » par certains. L’occupation d’après-guerre du Japon avait d’ailleurs été levée en parallèle de la ratification du US-Japan Security Treaty (1952), autorisant par exemple les Américains à utiliser une base militaire au Japon14https://afe.easia.columbia.edu/special/japan_1950_usjapan.htm.
L’augmentation du budget de la défense japonais comprend en outre de nouveaux moyens concernant les satellites pour les communications de défense (Kirameki-2 et Kirameki-3), le développement de missiles antinavires, ou encore l’opérationnalisation d’une constellation de satellites et l’amélioration des capacités de production de missiles hypersoniques. Elle prévoit aussi un recours accru à l’IA militaire, le renforcement des infrastructures de défense japonaise, l’acquisition d’UAV à longue endurance (MG-9B), ainsi que d’importants investissements dans le domaine cyber. Les bâtiments des Forces maritimes d’autodéfense japonaise s’équipent des missiles de croisière Tomahawk et les capacités navales sont particulièrement mises en avant, tout comme la volonté d’arriver à un futur « Cross-Domain Operations » combinant l’ensemble des théâtres (cyber, maritime, terrestre etc.). Le Japon a également intensifié sa participation à des exercices militaires conjoints tels que les exercices « Malabar » du QUAD, renforçant ainsi l’interopérabilité de l’armée japonaise avec ses alliés.
En réponse, le Japon a renforcé sa présence militaire, notamment sur l’île de Yonaguni, la plus proche de Taïwan. Depuis 2024, cette île stratégique, située à environ 110 kilomètres de Taïwan, abrite une batterie de missiles sol-air Patriot et une unité de guerre électronique, visant à détecter et perturber les signaux ennemis.
Dans cette dynamique, les Forces d’autodéfense japonaises ont également diversifié leur arsenal avec l’acquisition de systèmes de missiles à la fois conventionnels et « stratégiques » 15Dans le sens missiles à longue portée, étant donné que le Japon ne dispose pas souverainement de têtes nucléaires. . Parmi les équipements récemment acquis, on trouve des missiles sol-sol ATACMS (jusqu’à 300 km de portée) et des systèmes HIMARS (High Mobility Artillery Rocket System), compatibles avec les missiles Typhon et permettant des frappes à grande distance. Le Japon développe également des missiles à portée intermédiaire (MRBM), avec une portée de 500 à 700 km, dans un contexte de retrait des États-Unis du traité INF (Intermediate-Range Nuclear Forces) et du retrait russe le 22 février du Traité New START. L’armée japonaise dispose également de missiles à très longue portée JASSM-ER (Joint Air-to-Surface Standoff Missile Extended Range).
Le difficile équilibre du positionnement japonais
Le Japon, tout en renforçant ses capacités de défense, doit jongler avec son engagement stratégique envers les États-Unis et sa volonté de maintenir un dialogue constructif avec la Chine. Bien que le Japon puisse adopter une position plus ferme à l’égard de Pékin, il continuera à privilégier les canaux diplomatiques pour éviter une confrontation ouverte16 Japan Institute of International Affairs (JIIA), « Perspective stratégique 2025 : Le Japon et ses défis sécuritaires », décembre 2024. Lien . L’objectif du Japon reste de garantir la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan et dans la région plus largement, tout en se préparant à toute éventualité militaire.
Le Japon se trouve actuellement pris dans une dynamique géopolitique complexe. Ce phénomène, observé à travers la théorie du « piège de Thucydide » de Graham Allison, décrit comment l’émergence d’une nouvelle puissance (la Chine) provoque une réponse de la part de l’hégémon actuel, ou « hyperpuissance thalassocratique » actuelle (les États-Unis), entraînant ainsi les acteurs régionaux, comme le Japon, dans une escalade diplomatique et militaire17Graham Allison, Destined for War: Can America and China Escape Thucydides’s Trap? (2017).. Le Japon, allié stratégique des États-Unis et voisin direct de la Chine, se retrouve dans un cercle vicieux : face à l’augmentation de la menace chinoise et nord-coréenne, Tokyo se voit ainsi contraint de renforcer ses capacités militaires.
Cette militarisation s’opère dans un équilibre délicat, car le Japon, marqué par sa politique pacifiste depuis 1945, fait face à une opinion publique réticente à toute forme de remilitarisation, tandis qu’une « allergie au nucléaire » est souvent évoquée18Article 9 and the U.S.-Japan Security Treaty. https://afe.easia.columbia.edu/special/japan_1950_usjapan.htm. La population japonaise reste largement opposée à une ligne trop belliciste, avec une majorité désireuse de maintenir une politique de non-agression.
Conclusion
L’isolement géographique du Japon, à la pointe de l’Extrême-Orient, le contraint à une alliance avec un allié américain structurant la défense du Pacifique depuis la Seconde Guerre mondiale, une tendance qui pourrait d’ailleurs s’accentuer.
Le Japon semble ainsi pris dans la dynamique du pivot stratégique américain qui laisse présager une rivalité sino-américaine dépassant la « guerre commerciale » caractéristique de l’administration Trump I. Si la Chine cherche à renforcer ses ramifications en « Asie-Pacifique » ou « Indopacifique », le Japon se repositionne, conscient des enjeux de défense et des incursions chinoises fréquentes.
Toutefois, la dépendance croissante à l’égard de la puissance militaire américaine soulève la question de savoir si le Japon est vraiment libre de ses choix en matière de réarmement. Le pays est-il destiné à se réarmer au profit des États-Unis, ou pourra-t-il développer une politique de défense plus autonome tout en évitant de tomber dans un entrapment américain face à la Chine ? C’est là tout le défi pour Tokyo : concilier son rôle d’allié stratégique tout en maintenant un équilibre entre ses besoins de sécurité et la préservation d’une doctrine se voulant en principe pacifiste.
Le sommet trilatéral tenu à Tokyo le 22 mars 2025 laisse présager un changement de ton diplomatique adopté par le Japon vis-à-vis de la Chine. Tokyo chercherait alors une conciliation chinoise face à la nucléarisation militaire croissante de la Corée du Nord19“Japon, China and South Korea discuss trilateral cooperation”, March 22, 2025. https://apnews.com/article/japan-china-south-korea-foreign-ministers-313665d1a611abeb42180245d7e167f1 .
Bibliographie
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Ministère de la Défense du Japon, « Renforcement des capacités de défense du Japon dans un environnement sécuritaire mondial complexe », janvier 2025. Lien
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