AFRIQUE
République démocratique du Congo (RDC) : reprise des combats dans l’est du pays
Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et le Mouvement du 23 mars (M23) s’affrontent de nouveau dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Le 21 septembre, les rebelles du M23 se sont emparés de la localité de Nzibira. Cette zone minière est un point stratégique qui pourrait permettre une avancée vers la ville d’Uvira qui compte environ 500 000 habitants. Les combats ont également repris au Nord-Kivu, où les FARDC pilonnent les positions du M23.
- Sous l’égide du Qatar, les deux parties ont engagé des pourparlers visant à mettre fin au conflit. Ce « processus de Doha », qui avait permis une accalmie depuis août, est désormais mis à mal.
- Ce conflit prend sa source en 2012 dans une rébellion d’officiers congolais dans l’est du pays. Cessez-le-feu et reprise des combats se succèdent malgré les processus de paix engagés.
- La multiplicité des acteurs complique la situation. Le Rwanda, accusé de collusions avec le M23, a conclu un accord de paix avec la RDC en juin dernier à Washington. D’autres forces semblent difficilement contrôlables et conciliables sur le terrain. Ainsi on retrouve des milices Wazalendo (patriotes) servant de supplétifs aux FARDC. Elles ont pris part aux combats de septembre 2025 mais semblent toutefois conserver une certaine autonomie.
- Différentes ONG et les Nations Unies dénoncent avec gravité les exactions et les déplacements de populations civiles causés par les combats.
Le Burkina Faso, le Mali et le Niger annoncent leur retrait de la Cours pénale international (CPI)
Le lundi 22 septembre, les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) annoncent leur retrait du Statut de Rome instituant la CPI. Ouagadougou, Bamako et Niamey justifient leur décision dans un communiqué conjoint, où la Cour est qualifiée d’« instrument néocolonial aux mains de l’impérialisme ».
- L’AES annonce un « retrait immédiat ». En droit, le retrait effectif ne peut prendre effet qu’un an après une notification écrite au Secrétaire général de l’ONU (article 127 du Statut de Rome). Durant ce délai, les États membres restent liés par le Statut et les procédures engagées demeurent.
- Les raisons de ce retrait sont multiples. Le Mali et le Burkina Faso font l’objet d’enquêtes à propos d’exactions commises par leurs armées contre des civils sous couvert de lutte antiterroriste. Cette décision marque aussi un rapprochement renforcé avec Vladimir Poutine, lui-même sous mandat d’arrêt de la CPI depuis le 17 mars 2023.
- Les juntes de l’AES entendent créer une « Cour pénale sahélienne et des droits de l’Homme ». Conscientes des enjeux sécuritaires de la région et de la présence de groupes djihadistes, elles tentent d’apporter une réponse. Le rôle et les modalités de cette future juridiction restent flous. Si l’AES a été présentée comme un simple pacte de défense à sa conclusion en 2023, elle prend de plus en plus la forme d’un bloc pro-russe dans la région.
(Courrier international, Le Figaro, le Monde, le Monde diplomatique)
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AMÉRIQUES
États-Unis: interception de bombardiers russes au large de l’Alaska
Le 24 septembre, le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) a détecté et suivi quatre avions militaires russes: deux bombardiers stratégiques Tu-95 et deux chasseurs Su-35, évoluant dans la zone d’identification de défense aérienne de l’Alaska (ADIZ). Des avions américains (un E-3, quatre F-16 et quatre ravitailleurs KC-135) ont décollé pour intercepter et identifier les appareils, qui sont restés dans l’espace aérien international sans pénétrer le territoire souverain des États-Unis ou du Canada. Si le NORAD souligne qu’il ne s’agit pas d’une menace immédiate, cet épisode est le neuvième de ce type depuis le début de l’année 2025. Ces incidents à répétition sont perçus comme des provocations visant à tester la réactivité américaine et celle de ses alliés.
- Washington et Ottawa affichent leur vigilance face à cette démonstration de force, interprétée comme une tentative de Moscou de mettre en avant ses capacités stratégiques et d’éroder la crédibilité du NORAD, l’organisation américano-canadienne chargée de surveiller l’espace aérien nord-américain.
- L’ADIZ constitue un espace tampon en dehors des espaces aériens souverains. En pénétrant une ADIZ, tout aéronef doit s’identifier, ce que les appareils russes n’auraient pas fait.
- Ces activités s’inscrivent dans un contexte de tensions mondiales accrues. En Europe, la Russie multiplie les violations de l’espace aérien de l’OTAN, semblant tester la réactivité du dispositif de défense de ce dernier.
- Le 23 septembre, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le président Donald Trump durcit le ton en déclarant que les pays de l’OTAN « devraient pouvoir abattre » tout appareil russe violant leur espace aérien souverain.
(NORAD ; CBSnews ; LeFigaro ; Air&Space forces)
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ASIE
Armes sud-coréennes : commande de canons K9 par la Norvège
La Norvège a confirmé une nouvelle commande de 24 canons automoteurs K9 auprès du constructeur sud-coréen Hanwha Aerospace. Une transaction qui reflète l’ascension de la Corée du Sud sur la scène mondiale de l’armement, parmi les plus grands exportateurs d’armement.
- Le partenariat entre l’entreprise Hanwha Aerospace et la Norvège n’est pas nouveau, la commande de septembre 2025 constitue leur troisième contrat. Dès 2017, Oslo avait annulé son achat de canons automoteurs sur roues suédois, en mettant en avant leur manque de mobilité, au profit des K9 coréens.
- La guerre en Ukraine a renforcé la coopération entre la Corée du Sud et la Norvège. Ainsi, face à un environnement sécuritaire dégradé, la Norvège équipe une nouvelle brigade dans le Finnmark avec des K9 supplémentaires.
- Les premières ventes de K9 en Europe – notamment à la Norvège, la Finlande et l’Estonie – ont répondu à un besoin urgent de modernisation né après l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014.
- Le passage de l’industrie de défense sud-coréenne à l’exportation est le résultat de la « K-Defense Globalization Strategy », faisant des ventes d’armes un outil de la stratégie nationale. Illustration de cette politique, en 2022, la Corée du Sud a signé des méga-contrats ayant un volet militaire important avec l’Égypte et les Émirats arabes unis. Ce passage à l’exportation découle également de la mise en place de la Defense Acquisition Program Administration.
(The Korea Times ; The Defense Post ; Zone Militaire ; Fondation pour la Recherche Stratégique)
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EUROPE
Incursions de drones non identifiés dans les espaces aériens danois et norvégiens
Dans la nuit du 22 au 23 septembre, plusieurs drones non identifiés ont survolé le Danemark et la Norvège, provoquant d’abord la suspension du trafic aérien de l’aéroport de Copenhague, puis de celui d’Oslo-Gardermoen. Le 25 septembre, des drones ont à nouveau survolé trois aéroports civils et une base de l’armée de l’air danoise. Le ministre de la Défense danois, Troels Lund Poulsen, qualifie désormais la menace de « systématique ».
- Ces intrusions aériennes interviennent dans un contexte de tensions entre les pays scandinaves et la Russie, marqué par des intrusions de drones russes en Pologne (19 drones le 10 septembre) et en Roumanie (le 13 septembre), ainsi que par l’incursion d’avions de chasse MiG-31 russes dans l’espace aérien estonien (19 septembre). À la suite de ces incidents qualifiés de “violations” de leurs espaces aériens, l’Estonie et la Pologne ont demandé des consultations entre alliés au titre de l’article 4 du traité de l’OTAN. Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est également réuni en urgence le 22 septembre, à la demande de l’Estonie.
- La première ministre du Danemark, Mette Frederiksen, a affirmé le 23 septembre « ne pas exclure » que les drones repérés dans l’espace aérien danois soient d’origine russe. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, évoque des « accusations sans fondement ».
- Le 12 septembre, le Danemark avait annoncé l’achat de huit systèmes de défense antiaérienne de longue et moyenne portée, pour près de 8 milliards d’euros. Il s’agit d’une acquisition “historique” pour le pays, qui compte s’équiper auprès de fournisseurs exclusivement européens, en misant notamment sur le système SAMP/T NG développé en coopération par Eurosam, MBDA et Thales.
( Courrier International , Le Monde , EuroNews , Le Monde, Thalès )
Accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et l’Indonésie
Le 23 septembre, à l’issue de longues négociations, l’UE et l’Indonésie ont conclu un accord de libre-échange à Bali. Cet accord devrait principalement faciliter l’exportation de produits indonésiens vers l’UE (notamment l’huile de palme, le café et les textiles), lever les barrières tarifaires sur 98 % des produits de l’UE exportés vers l’Indonésie, et favoriser les investissements européens, notamment dans des secteurs stratégiques tels que les véhicules électriques, l’électronique et les produits pharmaceutiques. Le texte devrait entrer en vigueur en 2027, après sa ratification par les Parlements des 27 et l’Indonésie.
- Les négociations avaient été affectées par des considérations éthiques et environnementales, notamment liées à la production d’huile de palme. Dans le cadre de l’accord, l’Indonésie devra ainsi respecter le règlement de l’UE sur la déforestation, adopté en 2023.
- Cet accord intervient dans un contexte tarifaire complexe pour l’Indonésie, visée par des taxes à hauteur de 19 % par les États-Unis. En tant que cinquième partenaire commercial de l’Indonésie, avec 25,6 milliards d’euros d’échanges en 2024, l’UE renforce ainsi sa coopération stratégique avec l’un de ses partenaires commerciaux majeurs.
- L’UE semble s’inscrire dans une volonté de diversification de ses partenaires internationaux, illustrée par l’accord en cours de signature avec le Mercosur, ainsi que par la proposition, le 17 septembre, d’un nouvel agenda stratégique pour approfondir les relations bilatérales de l’UE avec l’Inde. Selon la Présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen : « Le moment est venu de privilégier des partenaires fiables et de redoubler d’efforts pour nouer des partenariats fondés sur des intérêts communs et guidés par des valeurs communes. ».
(Euronews, Le Monde, Commission européenne )
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FRANCE
Reconnaissance de l’État de Palestine
Le 22 septembre, le président français Emmanuel Macron a officiellement reconnu l’État de Palestine devant l’Assemblée générale des Nations unies. Un tournant diplomatique qui a des répercussions à double tranchant sur les plans militaire et stratégique. Par cette reconnaissance, la France s’affirme comme une puissance autonome mais s’expose à des tensions avec ses alliés militaires israéliens et américains. Néanmoins, cette décision ouvre la voie à un potentiel renforcement d’une coopération française avec les pays du Moyen-Orient qui restent très attentifs à la question palestinienne.
- Le boycott du discours du président français par Washington démontre sa traditionnelle hostilité à une reconnaissance unilatérale de la Palestine et la continuité de son soutien à Israël. Ce choix diplomatique risque donc d’avoir des répercussions au sein de l’OTAN.
- Au niveau bilatéral, ce refroidissement pourrait entraver le partenariat stratégique franco-américain, en particulier dans le domaine du renseignement, et concernant la coordination des opérations au Proche-Orient. Néanmoins, il ne faut pas s’attendre à une rupture majeure car les États-Unis et la France conservent des intérêts militaires communs.
- Israël s’est fermement opposé à la reconnaissance de l’État de Palestine et les sièges de sa délégation étaient vides lors du discours d’Emmanuel Macron. Si l’inquiétude plane autour des relations Mossad-DGSE, les services français et israéliens n’ont à ce jour annoncé aucune rupture en termes de coopération. Néanmoins, la menace d’annexion de la Cisjordanie de la part du Premier ministre israélien pourrait dégrader cette relation sur le long terme. Cela impacterait la capacité française à suivre l’évolution des menaces régionales.
- La France améliore sa position stratégique dans la coopération militaire avec le Qatar, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Égypte. Cela ouvre la voie à un possible revirement stratégique, qui engagerait une redéfinition du rôle des forces françaises déjà présentes au Liban (dans le cadre de la mission FINUL) et aux Émirats (IMFEAU), ainsi qu’un renforcement de la coopération en matière de contre-terrorisme.
- En renforçant son autonomie stratégique, la France gagne en crédibilité dans son rôle de médiateur au Moyen-Orient. Cette posture présente des avantages pour les intérêts français, notamment en termes de sécurité maritime en mer Méditerranée et en mer Rouge.
(Le Figaro ; Franceinfo ; Le Monde ; Armées ; Reuters ; Courrierinternational ; Intelligenceonline)
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Afrique du Nord/Moyen-Orient
L’Arabie saoudite placée sous la protection nucléaire du Pakistan après la signature d’un accord de défense mutuelle
Le 18 septembre, à l’occasion d’une visite officielle à Riyad du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, l’Arabie saoudite et le Pakistan ont signé un pacte de défense mutuelle prévoit que « toute agression contre l’un des deux pays sera considérée comme une agression contre les deux ». La signature de ce pacte intervient après le bombardement israélien au Qatar, auquel les États-Unis n’ont pas apporté de soutien. Islamabad a déclaré que cet accord reflète l’engagement « des deux nations à renforcer leur sécurité et à instaurer la paix dans la région ». Le royaume saoudien espère quant à lui dissuader toute future attaque sur son territoire grâce au parapluie nucléaire fourni par le Pakistan.
- Le Pakistan est devenu une puissance nucléaire en 1998. Selon une étude récente de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), Islamabad posséderait aujourd’hui près de 170 ogives nucléaires.
- D’après un haut responsable saoudien cité par l’agence Reuters, cet accord est l’aboutissement de longues années de travail. Il précise : « Ce n’est pas une réponse à des pays ou à des événements particuliers, mais une institutionnalisation d’une coopération ancienne et profonde entre nos deux pays. » Dans le contexte du conflit entre l’Inde et le Pakistan, l’Arabie saoudite a longtemps joué un rôle central pour encourager la désescalade. D’une part, elle est le troisième fournisseur de pétrole de l’Inde. D’autre part, avec plus de 2,5 millions de Pakistanais vivant et travaillant en Arabie Saoudite, Riyad est historiquement proche d’Islamabad.
- Le porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères, Randhir Jaiswal, a déclaré que l’Inde suit la situation de près et évaluera ses implications pour la sécurité régionale.
(Le Parisien, Le Monde , Opex 360, RFI Monde)
Crise sécuritaire en Algérie après la fuite de l’ex-DGSI algérien
Le 18 septembre, les médias nationaux ont rapporté la fuite du général Abdelkader Haddad, alias Nacer El Djinn, ancien directeur de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) en Algérie. Il a été brusquement démis de ses fonctions en mai 2025. Peu après son renvoi, il avait été incarcéré dans une prison militaire avant d’être assigné à résidence dans une maison en périphérie d’Alger. Son évasion a entraîné la convocation en urgence d’un Haut Conseil de Sécurité (HCS), qui a lancé un vaste dispositif pour retrouver le fugitif. Un déploiement massif de forces de sécurité a été observé dans les rues d’Alger, avec l’installation de checkpoints militaires et policiers, accompagnée de survols d’hélicoptères. À ce jour, la localisation du général reste inconnue. Certaines sources affirment qu’il aurait pris la fuite par voie maritime pour l’Espagne, tandis que d’autres indiquent qu’il se serait rendu le 21 septembre, après l’intervention d’un médiateur.
- Nacer El-Djinn était réputé pour être un proche du président Abdelmadjid Tebboune et avait soutenu sa réélection pour un second mandat en septembre 2024. Sa mise à pied en mai 2025 avait donc surpris.
- L’agence officielle Algérie Presse Service a bien mentionné la convocation du HCS, sans toutefois en préciser le contenu. Cet événement fragilise l’autorité du pouvoir algérien en révélant au grand public certaines failles dans le contrôle exercé par le président Tebboune.
(Le Monde , Jeune Afrique, Le 360 , Le JDD)
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RUSSIE/ NEI
Russie et OTAN: survol de l’espace aérien estonien par des MiG-31 russes
Après plusieurs incursions de drones Shahed sur le territoire polonais et roumain, la Russie maintient sa pression sur l’OTAN. Le 19 septembre, le ministère de la défense estonien alerte sur la présence de trois aéronefs russes sur son territoire. Ils y resteront en tout 12 minutes. Il est déjà arrivé à plusieurs reprises que des appareils russes survolent le territoire estonien, mais pendant une durée inférieure. Outre le temps de ce survol, le type d’aéronef diffère des précédentes incursions. Il s’agirait de trois MiG-31 Foxhound, réputés pour être parmi les plus rapides au monde.
- Ces avions sont capables de transporter des missiles hypersoniques Kh-47M2 Kinjal, pouvant frapper des cibles situées à 2 000 km selon les autorités russes. Malgré la probable surestimation de leurs capacités, ces armes représentent une menace pour les infrastructures estoniennes ainsi que pour le matériel de l’OTAN basés dans la Baltique dans le cadre de l’exercice militaire Neptune Strike se déroulant du 22 septembre au 26 septembre. En réponse à cette incursion, des F-35 italiens ont décollé. L’article 4 de l’OTAN a été invoqué.
- Ces événements sont d’autant plus préoccupants qu’ils interviennent quelques jours après la fin des exercices militaires russo-biélorusses (Zapad 2025). Ce sont ces exercices qui avaient préparé l’invasion de l’Ukraine en permettant de stationner un grand nombre de troupes à ses frontières.
- Moscou a réagi aux protestations en expliquant que « le vol s’est déroulé en stricte conformité avec les règles internationales ». Le ministère de la défense russe se défend en communiquant que les MiG-31 auraient effectué « un vol prévu depuis la Carélie vers un aérodrome de la région de Kaliningrad » et que durant ce dernier, ils n’auraient pas pénétré l’espace aérien estonien. En réponse aux appels à abattre les aéronefs survolant l’espace aérien de l’OTAN, l’ambassadeur de Russie en France, Alexey Meshkov, a déclaré qu’un avion russe abattu « serait la guerre ». Ces provocations s’inscrivent dans la stratégie de guerre hybride menée par le Kremlin à l’encontre des alliés de l’Ukraine. Moscou vise à affaiblir l’aide à Kyiv, pour poursuivre ses revendications territoriales.
- Il faut toutefois relativiser les moyens dont dispose la Russie actuellement. Son armée est embourbée dans un conflit lui causant de lourdes pertes, elle n’aurait pas la capacité de mener une guerre de haute intensité sur un second front. Zapad 2025, annoncé à 100 000 soldats, n’en aurait mobilisé qu’environ 15 000. Ils ont toutefois permis à l’armée de Poutine de simuler des tirs nucléaires tactiques, rappelant que le spectre de l’utilisation de l’arme atomique plane sur l’Europe.
(Zone Militaire, Zone Militaire, Le Monde, La Dépêche)
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BITD
Discorde entre les industries en charge du projet Système de combat aérien futur (SCAF)
Le Système de combat aérien futur (SCAF) devait entrer en phase 2 à la fin de l’année 2025. Cependant, ces dernières semaines ont mis en exergue les discordes au sein des industries soutenant ce projet. Lancé en 2017, SCAF prévoit une collaboration entre la France, l’Allemagne et l’Espagne afin de produire un avion de combat européen extrêmement performant. Jusqu’ici, les négociations étaient concluantes avec l’avancement de la phase 1B (travaux préliminaires sur des futurs démonstrateurs). La gouvernance divisée, entre Dassault qui représente la France et Airbus qui représente l’Allemagne et l’Espagne, semble poser problème aujourd’hui. Lors des discussions sur l’entrée en phase 2 du programme SCAF, Dassault a adopté une position ferme concernant la gouvernance, estimant qu’elle devait lui revenir en raison de sa supériorité technique. Airbus, de son côté, a clairement exprimé son désaccord. L’Allemagne aurait même évoqué la possibilité de trouver de nouveaux partenaires pour ce projet. À la suite de ces différends, le directeur de Dassault Aviation a annoncé qu’il pourrait développer un avion seul sans l’Allemagne. Les autorités des trois pays semblent vouloir mener ce projet à bien, mais l’échéance arrivant à grands pas semble le mettre en difficulté.
- Les projets européens en collaboration ont toujours été difficiles à mettre en place. C’est également le cas pour le projet de Main Ground Combat System (MGCS). Cependant, il faut garder en tête que cette coopération autour du SCAF avait été proposée afin de partager les coûts de production qui sont extrêmement élevés. En effet, bien que la France ait les capacités techniques de construire une nouvelle génération d’avions de combat, il est moins sûr qu’elle dispose des financements suffisants.
- La France étant une puissance nucléaire, l’avion de combat futur est également un enjeu de la dissuasion française. Ainsi, la France devra réaliser des études de son côté afin d’assurer la continuité de son programme nucléaire. Cela représente un élément supplémentaire à prendre en compte lors des négociations.
- Dans les mois à venir, ce programme sera à suivre avec attention. En effet, afin d’assurer la poursuite du projet dans les temps, un accord doit être signé à la fin de l’année 2025. Ce qui semble compromis aujourd’hui puisque Airbus et Dassault restent sur leur position. Sans accord, la France devra peut-être trouver de nouveaux partenaires pour mener ce projet à bien dans les délais, et ainsi assurer la continuité capacitaire.
