Veille stratégique – Octobre 2025 – 1/2

AFRIQUE 

Gen Z : Mouvements massifs de protestation à Madagascar et au Maroc 

Le début du mois d’octobre a été marqué par une intensification des mobilisations de la génération Z à Madagascar et au Maroc. Ce mouvement a débuté le 25 septembre 2025 sur les réseaux sociaux à l’appel de « Gen Z Madagascar », un groupe informel composé principalement de jeunes et d’étudiants, se revendiquant « pacifique et citoyen ». À Madagascar, la mobilisation a été fortement médiatisée, notamment en raison de la violence de la répression policière, qui a fait au moins 22 morts selon l’ONU.  À partir du 27 septembre 2025, le mouvement s’est étendu au Maroc grâce à une mobilisation sur les réseaux sociaux, notamment via Discord. Le collectif « GenZ 212 », comme l’indicatif téléphonique du Maroc, a également été médiatisé pour l’ampleur de la réponse politique, avec plus de 400 arrestations et 2 morts.

  • Madagascar et le Maroc ont une population très jeune : près de 60 % des Malgaches ont moins de 25 ans (Institut national de la statistique), tandis que 45 % des Marocains appartiennent à cette tranche d’âge (Haut-Commissariat au Plan), ce qui confère à cette génération un poids démographique important.
  • Les deux mouvements portent des revendications comparables : lutte contre la corruption, amélioration des conditions de vie et développement des services publics. Au Maroc, des slogans tels que « Les stades sont là, mais où sont les hôpitaux ? » ont été scandés, tandis qu’à Madagascar, la jeunesse dénonce « les coupures d’électricité constantes et le manque d’accès à l’eau potable ». 
  • Ce mouvement se distingue par son ampleur et ses effets politiques. Le président malgache Andry Rajoelina a été contraint de renvoyer son gouvernement le 29 septembre et a nommé le général Ruphin Fortunat Zafisambo au poste de Premier ministre pour tenter d’apaiser la situation. Il a également appelé à des consultations avec la jeunesse. Ces mesures ont toutefois été jugées insuffisantes par les manifestants, qui ont lancé des appels à la démission du président et à une grève générale.

(RFI, Les Echos, France 24, Midi Madagasikara, Le Monde, France 24, Huffington Post, Midi Madagsikara ,  HCP Maroc )

 

Nouvelle montée des tensions entre l’Éthiopie et l’Érythrée après des accusations de préparatifs militaires érythréens

Le 2 octobre 2025, dans une lettre adressée au secrétaire général de l’ONU António Guterres, le ministère éthiopien des Affaires étrangères accuse l’Erythrée de financer, mobiliser et diriger des groupes armés dans la région d’Amhara. Selon Addis-Abeba, Asmara serait aidée par une faction extrémiste du Front de libération du peuple du Tigré (FLPT).

  • Les deux nations frontalières ont déjà été en conflit entre 1998 et 2000. Les relations se sont apaisées en 2018 avec la signature d’un accord de paix et d’amitié, et l’armée érythréenne avait même épaulé les forces éthiopiennes durant la guerre du Tigré.
  • La fin de cette guerre civile en 2022 a toutefois marqué la reprise des tensions entre les deux pays. Depuis, plusieurs années alternant entre rapprochement diplomatique et hostilité ouverte se sont succédé. En juin 2025, le président érythréen Isaias Afwerki a ouvertement menacé son voisin éthiopien, portant les tensions à un point critique. 
  • L’Érythrée a déjà rejeté ces accusations comme étant de « fausses allégations » et a appelé la communauté internationale à exercer des pressions sur Addis-Abeba. Son rapprochement récent avec l’Égypte, également opposée à l’Éthiopie sur la question du barrage de la Renaissance, a par ailleurs renforcé les tensions régionales.

(Le Monde APA News Le 360 Le Figaro)

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AMÉRIQUES 

États-Unis: Adoption du FY2026 National Defense Authorization Act (NDAA)

Le 9 octobre 2025, le Sénat américain a adopté le projet de loi de défense annuel (NDAA) d’un montant de 914 milliards de dollars pour 2026. Cette loi, portée notamment par le sénateur républicain du Dakota du Nord Kevin Cramer, fixe les grandes orientations stratégiques du Pentagone et du département de l’Énergie pour l’année à venir. Elle vise à moderniser l’appareil de défense américain, à renforcer la dissuasion nucléaire et les capacités spatiales, tout en améliorant la condition du personnel militaire. Dans un contexte de rivalités internationales accrues, le texte comporte des mesures économiques restrictives à l’égard de Pékin, ainsi que d’importants investissements ciblés dans Dakota du Nord, un État clé de la dissuasion américaine qui abrite plusieurs bases stratégiques, notamment à Minot, Grand Forks, Cavalier et Jamestown.

  • Le NDAA 2026 consacre plus de 2 milliards de dollars au programme de missile intercontinental Sentinel. Il prévoit également la modernisation du radar PARCS (Perimeter Acquisition Radar Attack Characterization System) de la Cavalier Space Force Station, afin de renforcer la défense antimissile du territoire américain. 
  • Ces efforts de modernisation militaire s’inscrivent dans la stratégie du président Trump de construire un système de défense antimissile « Golden Dome », inspiré du modèle israélien.
  • Le texte autorise le secrétaire au Trésor à restreindre ou bloquer certains investissements américains dans des technologies sensibles développées en Chine, notamment celles à double usage, civil et militaire. Il permet également l’imposition de sanctions ciblées contre les entreprises chinoises affiliées aux secteurs militaire ou du renseignement.
  • La prochaine étape sera la commission mixte avec la Chambre des représentants, qui portera sur les arbitrages budgétaires et les priorités de modernisation.

(US Senate, Congress, The Hill, Breaking Defense)

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ASIE

Chine : la préparation à un conflit avec Taïwan se poursuit, le mini-Taipei de la base militaire de Zhurihe

Le 1er octobre, le quotidien japonais Sankei Shimbun a déclaré avoir obtenu des images satellites de la base militaire chinoise de Zhurihe révélant la construction d’un nouveau tunnel de 280 mètres, connectant la réplique du Bureau présidentiel à celle du Parlement taïwanais. Située en Mongolie-intérieure, à environ 400 km au nord-ouest de Pékin, Zhurihe est décrite par l’Armée populaire de libération (APL) comme le plus grand centre d’entraînement militaire d’Asie (1 066 km²) et la plus modernisée de l’APL. Ce nouveau tunnel illustre le fait que le processus d’expansion et de complexification de cette base est toujours en cours.

  • Depuis 2015, l’APL construit des répliques de bâtiments gouvernementaux taïwanais : le Bureau présidentiel dont la construction a été achevée cette même année, le Parlement en 2021, le bâtiment de la réserve du ministère de la Défense en 2023 ainsi que le ministère des Affaires étrangères. Ce « mini-Taipei » inclut également des tunnels souterrains et, s’il ne s’agit pas de répliques exactes, les similitudes sont frappantes.
  • Un site en constante extension : la réplique de Taipei aurait triplé de taille depuis 2020. Cette expansion de Zhurihe ravive la perspective d’une invasion de l’île. Cette base joue également un rôle clé dans la guerre d’information qui se livre entre la Chine et Taïwan. Le fait d’incorporer les tunnels à la réplique de Taipei véhicule le message que le gouvernement Taïwanais n’arrivera pas à s’échapper même en anticipant des issues de secours.
  • Des exercices militaires en cours. Depuis le mois d’août, des véhicules blindés et des barrages routiers ont de nouveau été observés au cœur de ce « mini-Taipei » . Pour autant, Pékin n’a fourni que des « démentis officiels » quant au fait d’avoir simulé une attaque contre le bureau présidentiel taïwanais. Officiellement donc, il ne s’agit que d’exercices militaires de routine, n’ayant aucune cible spécifique (不针对任何特定目标).
  • Un camp d’entraînement réaliste pour permettre à l’APL de se préparer au combat urbain. Il est utilisé pour simuler la capture rapide de cibles stratégiques et indique une préparation plus systématique à un potentiel conflit avec Taïwan. Cela laisse planer le spectre d’une possible opération de décapitation (斩首行动), c’est-à-dire – en cas de conflit – réussir à assumer rapidement le leadership de l’île.
  • Un soutien stratégique de la Russie. Le Washington Post rapporte la participation de militaires russes. Ces derniers apporteraient leur soutien en termes d’équipements et de formation, notamment via l’entraînement de parachutistes chinois.

(Taipei Times, The US Sun, The Diplomat, Interesting Engineering, Topcor, 新浪军事, 人民政协网,Topcor,The Washington Post)

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EUROPE 

Sommet informel des 27 à Copenhague: la défense européenne et le soutien à l’Ukraine au coeur des débats 

Le 1er octobre, les dirigeants de l’Union européenne (UE) se sont réunis à Copenhague pour un sommet informel consacré à la défense européenne et au soutien à l’Ukraine. Le sommet, organisé par la Première ministre danoise Mette Frederiksen, et présidé par le président du Conseil européen António Costa, s’est tenu sous haute sécurité. Les Vingt-Sept ont discuté de la création d’un « mur européen anti-drones » et de la nécessité de bâtir une Europe capable d’assurer sa propre défense d’ici 2030. 

  • Quelques jours avant la réunion, le Danemark avait signalé plusieurs incursions de drones non identifiés dans son espace aérien. Le pays avait alors accepté l’aide de la Suède via le prêt d’un système anti-drones, ainsi que le déploiement d’une frégate allemande à Copenhague. 
  • Ce sommet informel a également traité du soutien économique à l’Ukraine. Les Vingt-Sept ont examiné un nouveau prêt de 140 milliards d’euros, financé par les avoirs russes gelés, destiné à stabiliser les finances ukrainiennes et à soutenir l’effort de guerre jusqu’en 2027. Ces discussions ont été freinées par le veto du Premier ministre hongrois Viktor Orbán, qui s’oppose tant à l’aide financière destinée à Kiev qu’à la progression de sa candidature à l’UE. António Costa a quant à lui salué les réformes engagées par l’Ukraine et exhorté les États membres à avancer concrètement dans le processus d’adhésion.
  • L’UE poursuit son objectif d’autonomie stratégique complète d’ici 2030, notamment à travers le programme SAFE (Support for Armed Forces in Europe), doté de 150 milliards d’euros de prêts pour encourager les projets de défense conjoints.
  • Sur le plan diplomatique et économique, les dirigeants européens ont évoqué la mise en place d’un 19ᵉ train de sanctions contre la Russie. Ce nouveau paquet ciblera notamment les revenus pétroliers, les établissements bancaires, les crypto-monnaies ainsi que la flotte fantôme russe, utilisée pour contourner les restrictions européennes.
  • Les conclusions du sommet seront reprises lors du Conseil européen des 23 et 24 octobre 2025, au cours duquel devraient être présentées une feuille de route pour la défense commune et un plan de financement durable pour l’Ukraine.

(European Council, Politico, Vie Publique, Euractiv)

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FRANCE

Contrôle du pétrolier Boracay par la Marine nationale

Le 5 octobre, une opération de la Marine nationale a conduit à l’inspection d’un pétrolier au large de Saint-Nazaire, sur la côte Atlantique. Ce navire, suspecté d’appartenir à la flotte fantôme russe, naviguait sous pavillon des Comores et transportait du pétrole brut destiné à une raffinerie indienne. L’interception a été réalisée sur demande de la préfecture maritime au motif de dissimulation et falsification des informations d’identité du bâtiment. Après quatre jours durant lesquels des commandos marine et une frégate ont assuré la surveillance, le navire a repris sa route – non sans que le commandant de bord soit convoqué devant la justice française pour une audience ultérieure.

  • Cette interception s’inscrit dans le contexte de la guerre en Ukraine et de tensions croissantes entre la Russie et les pays européens, à la suite de la pénétration de plusieurs espaces aériens par des engins russes (Pologne, Lituanie) et du survol d’infrastructures aéroportuaires ou militaires par des drones non identifiés (Allemagne, Belgique, Danemark, Suède).
  • Le terme de « flotte fantôme russe » désigne un ensemble de navires pétroliers transportant du pétrole brut d’origine russe, qui, pour échapper aux sanctions européennes, changent fréquemment de nom et de pavillon. Le navire intercepté était par exemple connu sous le nom de Pushpa, mais se déclarait comme le Boracay lors du contrôle.
  • Ces navires relient les ports pétroliers russes, tels que ceux proches de Saint-Pétersbourg d’où partait le Boracay, à des pays importateurs qui ne sanctionnent pas la Russie. Le pétrole raffiné sur place peut dès lors être revendu aux pays européens en contournement des sanctions de l’Union européenne. 

(Le Monde, The Guardian, L’Express, C Dans l’Air)

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Afrique du Nord/Moyen-Orient

Accord de cessez-le-feu à Gaza entre Israël et le Hamas

[NB. Cette veille a été rédigée le 10 octobre aux alentours de 18h. Tout développement faisant suite à cette date n’a pas été pris en compte.]

Dans la nuit du 8 au 9 octobre, Israël et le Hamas sont parvenus à un accord comprenant un cessez-le-feu dans la bande de Gaza et la libération des otages en échange de la remise en liberté de près de 2 000 prisonniers palestiniens. Cet accord a été signé en Égypte le 9 octobre par les deux parties concernées. Suite à cela, le gouvernement israélien s’est réuni pour valider l’accord. Tsahal a réalisé la première phase de son retrait à Gaza  après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre à 11h (heure locale). Le Hamas a jusqu’au lundi 13 octobre à midi (heure locale) pour libérer les 48 otages dont seulement 20 seraient présumés vivants. 

  • Cette première phase de l’accord permet à Israël de maintenir pour l’instant le contrôle de 53% du territoire de la bande de Gaza. Le deuxième retrait devrait être suivi progressivement par une force de stabilité internationale (ISF). La troisième phase indique le maintien d’un “périmètre de sécurité” le long de la frontière. Néanmoins, l’accord ne précise pas les dates auxquelles ces phases doivent avoir lieu. 
  • Plusieurs pays sont intervenus pour assurer la réalisation de cette première phase de l’accord. Le Qatar, et ce malgré l’attaque d’Israël sur son sol le 9 septembre, a évoqué « la responsabilité collective » de ce succès et reste un médiateur clé. Des représentants égyptiens, turcs et américains étaient également présents lors des négociations. Paris, Berlin et Londres ont d’ailleurs rendu « hommage au leadership du président Trump sur ce dossier et aux efforts diplomatiques des médiateurs ».
  • Le soutien français envers la force de stabilité internationale ne correspond pas à une volonté présidentielle d’envoyer des troupes françaises à Gaza, contrairement à d’autres pays, tels que l’Italie ou l’Indonésie, qui ont exprimé cette disposition. En effet, il s’agirait plutôt d’une aide sous forme de formation des forces de sécurité palestiniennes et/ou d’un soutien financier pour leurs équipements. 

(Le Monde, France 24)

 

Accord de cessez-le-feu entre le Gouvernement syrien et les Forces Démocratiques Syriennes 

Le 7 octobre à Damas, le ministre syrien de la Défense Mourhaf Abou Qasra a annoncé s’être accordé avec le commandant des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), le général kurde Mazloum Abdi, sur un accord de “cessez-le-feu global” à effet immédiat. En effet, la nuit précédente, des affrontements entre les forces gouvernementales et les forces kurdes avaient fait deux morts à Alep, dans le nord de la Syrie. En plus des deux hommes, le Commandant militaire américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM) Brad Cooper et  l’émissaire américain Tom Barrack étaient également présents à la réunion. 

  • Les FDS, à domination kurde, sont une coalition militaire formée initialement en 2015 pendant la guerre civile syrienne, afin de chasser l’État islamique de Syrie. Elle est soutenue par la coalition internationale en Irak et en Syrie. Les FDS contrôlent de larges territoires dans le nord-est syrien et réclament un système de gouvernance décentralisé. En effet, le groupe rejette le nouveau régime gouvernement du président al-Charaa. 
  • En mars, la présidence syrienne avait annoncé la signature d’un accord visant à intégrer les FDS dans les institutions de l’État syrien, visant ainsi à mettre fin à toutes ambitions séparatistes du groupe. Le 8 octobre, le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad al-Sheibani, a de nouveau invité le groupe à mettre en place l’accord de mars “sans délai” afin d’assurer la stabilité du pays. Damas accuse les FDS de retarder la mise en œuvre de cette intégration. Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a également exhorté le groupe à respecter cet accord. En effet, la Turquie considère les Kurdes comme une menace à sa sécurité nationale et leur intégration dans la machine étatique syrienne limiterait leur influence. 
  • Ces affrontements révèlent l’importance de la question kurde dans la fragmentation de l’État syrien. Malgré les affirmations du nouveau président de vouloir unifier la Syrie suite à la chute du régime Assad, les élections législatives du 5 octobre démontrent que le chemin est encore long avant d’y parvenir. Alors que les minorités n’ont obtenu qu’une très faible proportion des sièges au Parlement transitoire, deux provinces du nord-est de la Syrie, sous contrôle kurde, ainsi que la province de Soueida au sud, ont été exclues de la consultation.

(France24, Anadolu Ajansı, The Times of Israel, Le Monde)

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RUSSIE/ NEI

 

Victoire d’Andrej Babiš aux élections législatives tchèques, fervent opposant au soutien ukrainien et au financement de l’industrie de défense

Samedi 4 octobre, l’ancien Premier ministre Andrej Babiš et son parti ANO sont arrivés en tête des élections législatives de la République tchèque avec près de 35 % des voix (et un taux de participation de 69 %). Andrej Babiš doit encore négocier un soutien parlementaire afin d’obtenir une majorité et former un gouvernement, l’avantage lui semble cependant garanti compte tenu des 23 % des voix réunies par la coalition sortante de centre-droite. La victoire d’Andrej Babiš, farouchement opposé au soutien tchèque à l’Ukraine, remet en question la hausse des dépenses consacrées à la défense par la République tchèque, qui avaient atteint les 2 % du PIB du pays en 2024 (contre 1,4 % en 2021). 

  • Avant son entrée en politique en 2012 par la fondation du parti ANO, Andrej Babiš a été membre du Parti communiste et est accusé d’avoir collaboré avec la Sécurité d’État (StB) de l’ancienne Tchécoslovaquie.Il s’est ensuite enrichi dans le secteur agroalimentaire, au point de devenir l’une des dix plus grandes fortunes tchèques. Il a ensuite été Premier ministre entre 2017 et 2021.
  • La hausse des prix de l’énergie depuis 2021 sous le gouvernement du Premier Ministre Petr Fiala, s’est traduite dans les urnes par des scores élevés pour le parti ANO dans les régions rurales. Ce dernier, parti populiste et eurosceptique, a également bénéficié du recul des formations anti-Union européenne et pro-russes (Motoristes, SPD), qui devraient néanmoins faire partie de la nouvelle coalition majoritaire. Andrej Babiš a cependant réitéré sa posture « pro-européenne et pro-OTAN », malgré ses prises de position eurosceptiques et du ralliement, depuis 2024, de l’ANO au groupe des Patriotes au Parlement européen.
  • En mars 2025, le gouvernement avait annoncé une nouvelle augmentation des dépenses de défense, avec pour objectif d’atteindre 3 % du PIB d’ici 2030. Petr Fiala, qui avait reçu, Mark Rutte, actuel secrétaire général de l’OTAN, était également à l’origine d’une initiative internationale lancée en juin 2024, ayant permis de livrer entre 1,6 et 3,5 millions d’obus d’artillerie à Kiev (dont des calibres 155 mm). La forte croissance de l’industrie de défense tchèque, portée notamment par le groupe CSG, est donc mise en suspens suite à l’élection d’Andrej Babiš. 

(Le Monde, FPRI, OTAN, The Defense Post

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BITD

Lancement d’un Pacte Espace par la Direction Générale de l’Armement (DGA)

Le jeudi 7 octobre, la DGA a lancé l’initiative “Pacte Espace” aux côtés des industriels du secteur spatial.La démarche s’inscrit dans une volonté de structurer le dialogue entre les forces armées et les industriels, afin d’identifier précisément leurs besoins et capacités respectives. De plus, la DGA cherche à anticiper les évolutions à venir, et à accélérer l’innovation pour se préparer aux enjeux de demain. D’autres acteurs tels que le centre français de recherche aérospatiale ONERA ou encore l’Alliance New Space seront également impliqués. Déjà une cinquantaine d’entreprises ont adhéré à l’initiative. Le  Pacte Espace semble s’aligner sur le même modèle que le « Pacte drones aériens de défense » lancé en décembre 2024. 

  • Ce Pacte Espace s’inscrit dans un contexte marqué par la montée en puissance des enjeux liés à l’espace. La guerre en Ukraine a révélé à la fois le rôle stratégique de ce domaine, confirmant la nécessité pour la France de disposer de capacités souveraines et résilientes. L’armée française cherche ainsi à garantir la continuité de ses moyens spatiaux. Au niveau européen, la dynamique est similaire : l’UE s’apprête à publier l’EU Space Act, tandis que l’Allemagne prévoit d’investir 35 milliards d’euros dans la défense spatiale d’ici 2030.
  • Historiquement, le spatial relève d’une compétence étatique. Cependant, avec l’essor du New Space au cours des dernières décennies, de nombreux acteurs privés ont émergé, élargissant l’écosystème. Celui-ci s’étend désormais des PME et start-up aux grands groupes industriels déjà établis, rendant le paysage diversifié mais aussi fragmenté. Dans ce contexte, il apparaît essentiel d’instaurer un dialogue structuré et durable entre les forces armées et les acteurs industriels afin de renforcer la coordination et la montée en compétence collective du secteur spatial français. Le Pacte Espace, encore à ses débuts, devra démontrer sa capacité à produire des résultats concrets. Il est également important que ces travaux s’ancrent dans la réalité du terrain et apportent des réponses concrètes pour accompagner les industries et pour répondre aux besoins opérationnels. Enfin, il sera intéressant d’étudier la complémentarité entre les différentes instances traitant du spatial de défense français, telles que le Cercle de confiance ou les programmes inclus dans la LPM.

(Ministère des armées , zone militaire)

 

 Dassault Aviation a livré son 300ème Rafale

La semaine dernière, Dassault Aviation a annoncé avoir franchi le cap symbolique des 300 avions Rafales produits et livrés par ses usines. Le Rafale est un succès commercial, notamment avec la signature d’un contrat important avec l’Inde en 2025. À ce jour, 533 Rafales ont été commandés par la France et des pays alliés (8 pays clients à l’export depuis le début du programme). Le programme Rafale fédère 400 entreprises françaises dont les grands groupes MBDA, Thales et Safran. L’entreprise prévoit de passer à 4 avions produits par mois.

  • Le programme Rafale est structurant pour la BITD française, plus de 400 entreprises participent à la production des avions de combat, ce qui signifie que cela contribue au maintien de compétences et à la pérennité de la chaîne de production nationale. Le carnet de commande important de Dassault, encore 233 avions à livrer, permet une visibilité à long terme pour l’entreprise et ses partenaires.
  • Le succès du programme Rafale illustre l’excellence de la BITD française et sa capacité d’adaptation. En effet, Dassault Aviation a réussi à augmenter progressivement ses cadences de production tout en entraînant l’ensemble de la chaîne de production avec elle. Cela place également la France dans une position de puissance exportatrice d’armement, et lui permet de maintenir des collaborations militaires et industrielles stratégiques sur le long terme.

(La Tribune , Dassault Aviation , Les Echos)

 

Comité de rédaction

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