Témoignage – Volontaire aspirant de l’armée de l’air

Propos recueillis par : Gaspard Béquet

Nesrine est actuellement étudiante à Sciences Po en première année de master politiques publiques spécialité sécurité et défense. Après un baccalauréat général en série économique et sociale, elle a intégré Sciences Po en première année de Collège universitaire sur le campus de Paris. Elle a effectué son volontariat durant sa troisième année à Sciences Po.

Comment as-tu appris l’existence du volontariat d’aspirant de l’armée de l’air ?

N.M. : Sciences Po Paris est partenaire de l’armée de l’air pour ce type de contrat de volontariat. Il existe une facilitation du recrutement pour les étudiants en césure, que ce soit après la troisième année de Collège universitaire ou après la première année de master. Par le biais des réseaux sociaux, un précédent volontaire a proposé que quelqu’un lui succède. J’ai tout de suite été intéressée par l’idée de connaître une expérience complète dans les Armées pendant un an. Je savais que j’allais être complètement immergée puisque je serais sous contrat militaire, disposant du même statut qu’un militaire et travaillant en uniforme. J’allais donc vraiment être investie dans la mission que l’on me confierait. D’autres étudiants de ma promotion ont effectué un volontariat, certains dans l’armée de l’air comme moi, d’autres dans la Marine. Un volontariat vient d’être mis en place dans l’armée de terre cette année. 

Qu’est-ce qui t’as vraiment décidée à t’engager dans ce volontariat ?

N.M. : Je savais que je voulais faire un stage pour ma troisième année parce que je trouve cela plus professionnalisant qu’une année en Erasmus. Ce qui m’a décidé à le faire c’est que j’étais déjà passionnée par les Armées. J’ai été réserviste pendant deux ans dans l’armée de terre au 24e régiment d’infanterie de Vincennes. Je savais que je voulais travailler dans ce milieu et quand cette possibilité d’y passer une année entière s’est offerte à moi, je n’ai pas hésité. C’était aussi une occasion de découvrir l’armée de l’air dont je ne connaissais rien. Alors que je pensais qu’il n’y avait que des pilotes, j’ai découvert qu’elle couvrait un spectre bien plus large de métiers et de missions.

Qu’as-tu fait pendant cette année ? Quelles ont-été tes missions ?

N.M. : J’ai signé mon contrat fin août. Le 1er septembre, j’ai commencé mon volontariat à la direction des ressources humaines. Il a tout d’abord fallu que je me familiarise avec le secteur des ressources humaines afin d’acquérir les connaissances nécessaires à la réalisation de mes missions. J’ai ensuite été envoyée en classes à l’Ecole des officiers de Salon-de-Provence pendant les mois d’octobre et de novembre. Là-bas, j’ai pu m’entraîner à des activités purement militaires comme du tir, du maniement d’armes, des missions de terrain et du commandement d’hommes. Une fois revenue à Balard, je me suis vue confier plusieurs missions. J’ai eu la chance de travailler sur le plan mixité des armées paru cet été. La ministre Florence Parly avait voulu faire un état des lieux de la condition des femmes dans les Armées : combien sont-elles, combien ont-elles d’enfants, comment gèrent-elles leurs carrières de militaires en tant que femmes. J’ai donc été amenée à manipuler beaucoup de données, à travailler en groupe de travail afin de réfléchir aux mesures qui pourraient être mises en place afin de favoriser la mixité dans les armées.

J’ai également pu travailler sur un projet de numérisation des processus de ressources humaines de l’armée de l’air. Son but est de permettre une meilleure circulation de l’information, et une digitalisation des processus RH. J’ai enfin suivi une formation en prospective, c’est-à-dire ce qui permet d’orienter les armées sur le long terme : concrètement, quelle sera l’Armée française en 2050. L’étude de prospective que j’ai pu personnellement mener portait sur la fidélisation des militaires à l’horizon 2040, afin de gagner la bataille du recrutement qui se dessine pour les Armées. Aujourd’hui, en effet, les militaires sont de plus en plus attirés par un secteur privé moins contraignant et plus rémunérateur.

 

«  En une année, j’ai acquis une solide base en politiques publiques de défense, notamment sur les questions de financement de la loi de programmation militaire auxquelles j’ai été confrontée »

Que retiens-tu de cette expérience ? Quel a été son impact sur ton orientation professionnelle ?

N.M. : Tout d’abord, je tiens à remercier toutes les personnes ayant participé à ce partenariat. J’ai vraiment vécu une expérience professionnelle incroyable. Il y a très peu d’entreprises au sein desquelles l’on peut se voir confier autant de responsabilités, où l’on est à ce point inclus dans les équipes. Ce volontariat m’a permis de développer des compétences professionnelles que l’on n’acquiert pas forcément lors de stages courts. J’en retire également tout mon apprentissage dans le secteur des ressources humaines. Ce dernier est bien plus intéressant que ce que je pouvais imaginer parce qu’il permet d’être en relation avec l’ensemble des autres secteurs d’une armée. Le volontariat a également constitué une excellente préparation au master en politiques publiques spécialité sécurité et défense. En une année, j’ai acquis une solide base en politiques publiques de défense, notamment sur les questions de financement de la loi de programmation militaire auxquelles j’ai été confrontée. 

A qui conseillerais-tu ce volontariat ?

N.M. : Je le conseille à n’importe quelle personne intéressée par la défense, même à celles qui n’ont aucune velléité d’engagement dans les armées plus tard. L’important est de se renseigner sur les différents postes disponibles. Mon cas est celui d’un volontariat dans le secteur des ressources humaines mais il existe plein d’autres possibilités dans des domaines aussi variés que la communication, le renseignement, l’administration ou l’opérationnel. 

Comité de rédaction

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