Témoignage – Volontaire aspirant commissaire (VAC)

Propos recueillis par : Arthur Liot de Nortbécourt

Oscar a passé l’OIB espagnol spécialité mathématiques, option théâtre. Il intègre le bi cursus Sciences Po – Sorbonne en Lettres classiques à Paris tout en effectuant une préparation militaire marine (PMM) en parallèle. À la fin de la troisième année, il décide de se lancer dans l’aventure du volontariat aspirant commissaire (VAC). Il est depuis peu étudiant du master affaires publiques, spécialité sécurité et défense de Sciences Po.

Quel a été ton cheminement, ton parcours avant d’intégrer ce master ?

O.S. : J’ai présenté le volontariat officier aspirant (VOA) chef de quart, c’est-à-dire responsable de la navigation en l’absence du commandant, tout en ayant le volontariat aspirant commissaire (VAC) pour plan B. Je n’ai pas été retenu VOA chef de quart en raison de ma vue mais j’ai été pris au VAC. Heureusement ! Je pense que c’était davantage fait pour moi. Dans ce cadre, j’ai effectué un mois de formation à l’école des commissaires à Salon de Provence. Le classement final et nos desideratas ont décidé de nos affectations. J’ai été ravi d’embarquer sur le “Guépratte”, une frégate type La Fayette, en octobre, et d’effectuer un déploiement opérationnel en Méditerranée orientale de mars à fin juin.

Pour s’engager sur ces thématiques de sécurité et défense, faut-il être issu d’une famille militaire ? Penses-tu que l’on naisse ou que l’on devienne militaire ?

O.S. : On le devient si on le veut ! Je ne pense pas qu’on naisse avec un idéal; on le construit culturellement, par socialisation, même pour un fils de militaire à qui cela paraît naturel.  Cela paraît compliqué de dire qu’il faut tester pour connaître, parce que personne ne va s’engager 4 ans sur un coup de tête. Mais les volontariats (VOA, VASP, VAC) sont faits pour ça ! L’avantage dans la Marine, c’est que le volontariat permet de partir en opération extérieure (OPEX). Au même titre qu’un officier de carrière ou sous contrat, vous pouvez vous retrouver à naviguer au large de la Syrie, en Corymbe dans Golfe de Guinée, à faire du NarcOps dans les Antilles. Je prêche pour ma paroisse, mais les VAC sont des expériences de césure parfaite parce qu’ils allient nos compétences à l’intégration dans un équipage en mission, et permettent d’embarquer sur des plus gros tonnage que le VOA chef de quart. En plus, nous avons la chance d’avoir une école qui facilite ce type de contrat.

 

«  Humainement aussi, c’est hors du commun, de passer trois mois et demi en mer, sur une frégate. La fraternité qui s’y noue, le quotidien, les escales, c’est rare de vivre ça pour un étudiant ! »

Qu’as-tu retiré du VAC sur le plan personnel ?

O.S : Tout d’abord des conseils professionnels, puis des réflexes d’organisation, de commandement (ça fait très pompeux dit comme ça, mais c’est un peu du management dans un cadre particulier, où la hiérarchie est très visible) et de respect de la hiérarchie. Cette rigueur est utile en master, du moins pour moi qui n’étais pas très sérieux au Collège Universitaire, et à Sciences Po, puisque nous avons une exigence de réussite. 

Au-delà, ce sont des moments incroyables qui créent des souvenirs magnifiques. Attention, je n’ai pas fait l’Afghanistan, et il n’y a pas directement de mérite propre, mais j’ai vécu des choses qui restent uniques et intéressantes par rapport à mon rêve d’enfant ! Humainement aussi, c’est hors du commun, de passer trois mois et demi en mer, sur une frégate. La fraternité qui s’y noue, le quotidien, les escales, c’est rare de vivre ça pour un étudiant ! Professionnellement, cela  permet d’en apprendre beaucoup sur la défense, son organisation et la réalité du terrain. Cette année a également influencé mon choix d’intégrer la réserve, pour rendre un peu de ce qu’on m’a donné. Mon expérience militaire, c’est d’abord le contact humain, le goût de la réalité et un idéal. Ma passion, ce n’est pas le fusil, mais ce qu’il défend. D’où la proximité avec ceux qui partagent cet engagement. 

Après une expérience dans la Marine, souhaiter rejoindre l’armée de terre peut paraître paradoxal. Pourquoi ce choix ?

O.S. :  Malgré mon amour pour le milieu marin et mon goût de la vie embarquée, je pense que les filières de la Marine sont trop “ingénieur” pour moi. C’est pour cette raison que j’envisage plutôt présenter le concours d’officier sur titre de l’armée de terre. Je présenterai aussi le concours d’officier sur titre du commissariat des armées. En effet, le large spectre des tâches de commissaire d’ancrage marine m’a beaucoup plu. Leurs compétences s’exercent aussi bien sur les relations publiques,  la communication, la gestion des vivres à bord, que l’administratif et la comptabilité. Il s’agit d’une formation très complète, et dans la marine, ils sont appelés à servir comme chef de quart ou officier de quart aviation ; ils prennent complètement part à la vie du bord.

Comité de rédaction

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